Le flou sur un nouveau réaménagement de la dette grecque va persister

L'accord attendu ce jour sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes, nécessaire pour éviter un défaut de paiement en juillet, se fera au prix d'une ambiguïté persistante sur la solvabilité à long terme du pays.
Florence Autret
Pour l'instant, le FMI et les Européens continuent de diverger sur l'effort supplémentaire que ces derniers devront faire afin d'assurer la solvabilité d'Athènes pour les décennies à venir en raison d'hypothèses de croissance et de trajectoires budgétaires différentes.
Pour l'instant, le FMI et les Européens continuent de diverger sur l'effort supplémentaire que ces derniers devront faire afin d'assurer la solvabilité d'Athènes pour les décennies à venir en raison d'hypothèses de croissance et de trajectoires budgétaires différentes. (Crédits : REUTERS/Alkis Konstantinidis/File Photo)

Les ministres des finances de la zone euro réunis cet après-midi à Luxembourg en présence de la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde devraient, selon toute vraisemblance, donner leur feu vert au déboursement des 7 milliards d'euros dont le gouvernement Tsipras a besoin pour rembourser la Banque centrale européenne en juillet.

La clé de ce déblocage est attendue de l'accord de principe donné par le FMI à sa participation au programme. Cet assentiment permettra notamment au gouvernement d'Angela Merkel de recevoir l'aval du parlement allemand pour libérer les fonds.

« Je m'attend à voir terminer la mise en œuvre du rapport (sur les réformes) par les autorités grecques... d'une façon qui soit en ligne avec la lettre et la téléologie du mémorandum » d'août 2015 entre Athènes et ses créanciers européens. « Si la même opinion est partagée par les quatre institutions [Commission, Banque centrale, Mécanisme européen de stabilité, Eurogroupe, Ndlr], j'ai confiance dans le fait que la cinquième [le FMI, Ndlr] pourra réunir son conseil d'administration en lui proposant un programme », a expliqué cette semaine un responsable européen.

Restructuration de la dette : pas de décision immédiate

Pour autant, il ne devrait pas y avoir de décision immédiate sur une nouvelle restructuration de la dette grecque. Bien au contraire. Le retour du FMI se fera au prix d'une ambiguïté persistante sur les nouveaux engagements financiers à fournir par les créanciers européens, lesquels efforts sont considérés par celui-ci comme indispensables pour lui permettre de matérialiser sa participation au troisième programme d'aide actuellement en cours.

« Il y a encore des gens qui pensent qu'il y aura des décisions prises sur l'allègement de la dette lors de cet Eurogroupe, mais [ils ne sont] pas dans cette ville... il n'y en aura pas », a déclaré cette source.

L'accord trouvé en mai 2016 entre créanciers européens au sujet du réaménagement des 320 milliards d'euros (180% du PIB) de dette grecque ne prévoit en effet pas de nouvelles mesures avant la fin de l'actuel programme, à l'été 2018.

Divergences entre FMI et Européens

Or, pour l'instant, le FMI et les Européens continuent de diverger sur l'effort supplémentaire que ces derniers devront faire afin d'assurer la solvabilité d'Athènes pour les décennies à venir en raison d'hypothèses de croissance et de trajectoires budgétaires différentes.

« Il y aura une discussion sur les conditions cadres de la « soutenabilité » de la dette entre maintenant et la fin du programme », a ajouté cette source. Mais, même dans le cas où le FMI et les Européens n'arrivaient pas cette semaine à une « appréciation commune » de la solvabilité du pays pour « les décennies et les décennies à venir », le premier devrait « prendre une décision de principe sur le programme, éventuellement sous la réserve d'un accord ultérieur ».

L'issue de la réunion ne devrait donc pas être favorable au Premier ministre grec. Alexis Tsipras, qui voit sa popularité repartir à la baisse depuis que l'embellie économique du début d'année marque le pas, avait appelé à des décisions rapides.

« La réponse à la viabilité de la dette de la Grèce, c'est avant tout la croissance. Une croissance juste, durable et tenable à long terme. Mais, pour qu'elle se réalise, il faut tout d'abord procéder à un réaménagement de la dette », a-t-il écrit dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde.

Florence Autret

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Commentaires 11
à écrit le 16/06/2017 à 11:52
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Ha mais si ! vous êtes là je me disais aussi. par contre allez demander au crédit agricole qui a perdu des million en recapitalisant enporiki avant de la vendre si elle a gagner de l'argent en Grèce? de même faite la recherche pour savoir la part de...

à écrit le 16/06/2017 à 9:09
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Je suis étonné de ne pas voir de commentaires de celui qui croit très naïvement, que la Grèce paye le renflouement des bq françaises :) Surtout qd on sait qu'elle ont perdu des million dans des actifs grecque et que la France est le pays qui pousse ...

le 16/06/2017 à 10:17
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@iclieta: 1) c'est Hollande et sa bande qui poussaient. Je pense que Macron est plus proche de Schauble et que donc les choses vont changer. 2) les banques ne perdent jamais rien dans la mesure où c'est le contribuable qui s'appuie la note finale :-)...

le 16/06/2017 à 10:49
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Désolé, cher icietla, mais comme j' vis depuis plusieurs années en Grèce, je travaillais. je sais que c'est un concept qui vous échappe totalement, mais sachez que les Grecs travaillent beaucoup PLUS et fraudent beaucoup MOINS que les français. Certe...

à écrit le 16/06/2017 à 8:09
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Le problème de la Grèce, comme pour la France, est le prix trop faible de l'énergie comparé au cout du travail. Il faut appliquer la note n°6 du CAE. Les problèmes liés à l'Europe vont s'aggraver rapidement. Que fait notre Président Macron?

le 16/06/2017 à 10:59
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Vous êtes fou, Gépé ! Et vous ne connaissez tien à la Grèce ! Les prix de l'énergie n'ont cessé d'exploser ces dernières années alors que les salaires et retraites n'ont cessé d'être rabaissés. Ces dernières années, il y a eu 10 coupes dans les retra...

à écrit le 15/06/2017 à 15:49
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L'UE ne tranchera jamais et il faudra chaque année tout changer pour que rien ne change. La Grèce en réalité nous tient car elle sait bien que les intérêts allemands et français s'opposent. F Hollande dans le dernier plan de soutien a engagé la Franc...

le 16/06/2017 à 12:43
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L'ue n'a rien à voir là-dedans. les diktats sont imposés par une "instance" totalement illégale qui a pour nom eurogroupe. Ce rassemblement pour le moins douteux n'a aucune valeur légale parce que l'eurogroupe ne repose sur aucune base légale, n'a au...

à écrit le 15/06/2017 à 14:57
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C'est ce qui s'appelle une spirale infernale. Parler hypothèses de croissance dans un contexte aussi difficile pour le peuple Grec, c'est presque "vulgaire". D'autant plus que les donneurs de leçons ne font pas beaucoup mieux en termes de croissance...

à écrit le 15/06/2017 à 14:36
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(modifié, je pense que là vous pouvez valider cette fois, merci) Merci pour cet article. D'une part l'union européenne n'aime pas la gauche qui aime trop la démocratie alors que comme l'a affirmé Juncker:" Il n'y a pas d'alternative démocratique a...

à écrit le 15/06/2017 à 14:02
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Merci pour cet article. D'une part l'union européenne n'aime pas la gauche qui aime trop la démocratie alors que comme l'a affirmé Juncker:" Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens". Donc tant qu'un parti de gauche sera à la ...

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