Le patron de Deutsche Bank enjoint la BCE d'en finir avec "l'argent pas cher"

 |   |  452  mots
Le temps de l'argent pas cher en Europe devrait prendre fin - en dépit de l'euro fort, a déclaré John Cryan lors d'un colloque bancaire à Francfort.
"Le temps de l'argent pas cher en Europe devrait prendre fin - en dépit de l'euro fort", a déclaré John Cryan lors d'un colloque bancaire à Francfort. (Crédits : Ralph Orlowski)
John Cryan estime qu'en dépit de l'euro fort, la BCE doit durcir sa politique monétaire car des signes de bulles se font voir sur les marchés de capitaux.

Le patron de Deutsche Bank, John Cryan, a appelé, mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) à mettre fin à l'ère de l'argent très bon marché qui conduit à la création de bulles et handicape les banques européennes.

"Le temps de l'argent pas cher en Europe devrait prendre fin - en dépit de l'euro fort", a déclaré John Cryan lors d'un colloque bancaire à Francfort, à la veille d'une réunion très attendue de la BCE qui va statuer sur le cours de sa politique monétaire.

"De nouvelles perturbations"

Ces dernières années, les gardiens de l'euro ont abaissé les taux à leur plus bas niveau et inondé le marché de liquidités, ce qui a favorisé la convalescence des banques affectées par la crise financière, mais cette politique très accommodante "amène aussi de nouvelles perturbations", a déclaré John Cryan.

"Nous voyons maintenant des signes de bulles dans de plus en plus d'endroits sur le marché des capitaux, à des endroits où nous ne les attendions pas", a-t-il souligné.

"Une baisse de l'activité des banques européennes"

La politique des taux d'intérêt au plus bas a un autre effet indésirable, en ayant "contribué à une baisse de l'activité des banques européennes" de 23% par rapport à avant la crise, selon le banquier. Un processus qui se poursuit car des prêts contractés dans le passé à des taux plus élevés viennent chaque jour à échéance.

Les banques américaines bénéficient de leur côté d'un avantage concurrentiel en travaillant avec des taux plus élevés. "Au premier semestre de 2017, le produit net d'intérêt des banques américaines a augmenté de 8%, mais a diminué de 2% en Europe", a remarqué le banquier.

L'euro fort n'incite pas la BCE à durcir sa politique monétaire

Son homologue chez Commerzbank, Martin Zielke, estimait lui aussi mardi que "le moment était venu" d'infléchir le cours de la politique monétaire en zone euro. "La potion (anti-crise, ndlr) a fonctionné. Mais comme pour chaque médicament, il y a des effets secondaires et ils sont de plus en plus importants", a-t-il dit au quotidien Handelsblatt.

Le contexte actuel ne prête pas à un resserrement monétaire alors que l'euro s'est apprécié face au billet vert, cotant près de 1,20 dollar, et que l'inflation reste faible en zone euro. L'euro fort est, selon John Cryan un signe que "le marché anticipe une augmentation des taux d'intérêt, ou une réduction des taux négatifs", alors "pourquoi ne pas entendre un peu le marché ?"

> Lire aussi : La BCE s'inquiète des effets sur l'euro d'un resserrement de sa politique monétaire

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/09/2017 à 10:07 :
@nico et HUMOUR 6/9
Le patron de la Deutsche Bank qui veut donner des leçons à la BCE: on aura tout entendu ! Il doit y avoir encore une autre anguille sous roche. Si le cours de cette banque a été divisé par 9 en 10 ans, il y a une raison qui n'est pas liée aux taux d'intérêts (le QE de la BCE a commencé en mars 2015)
La rentabilité des banques n'est pas lié à la faiblesse des taux d'intérêts. Il suffit de constater la rentabilité des banques américaines qui sont maintenant en pleine forme et pourtant elles ont payé 2/3 des amendes américaines (USD 200 Mlds) alors que les européennes ont payé 1/3 (USD 120 Mlds), se reporter à l'article de madame Delphine Cluny du 3 mars 2017).
Cordialement
a écrit le 06/09/2017 à 22:50 :
Quand on est une banque de la zone euro et qu'on doit une amende de 7 milliards de dollar aux USA, on est très content quand l'euro monte: et c'est ce qui va se passer si la BCE met fin a sa politique actuelle.
a écrit le 06/09/2017 à 16:51 :
L'argent pas cher, en plus, c'est l'immobilier poussé à la hausse sans fin sur les marchés tendus (exemple caricatural : Paris), donc le logement et les loyers chers.
a écrit le 06/09/2017 à 15:50 :
Déclaration du patron de la Deutsche Bank qui n'a strictrement rien à voir avec la situation calamiteuse de cette banque (connue pour être la plus dangereuse du monde, rien que ça). Et puis les bulles ils connaissent, ils ont étaient top en 2007/08, en plein coeur du cyclone...chapeau les artistes
a écrit le 06/09/2017 à 15:25 :
Des conseils, d'une banque qui a frôlé la faillite mais également une banque bien loin de la probité, d'une banque qui a indirectement profité d'un bienveillant gouvernement allemand qui a détourné les règles qui avaient été fixées après le crash de 2007/20108 pour la remettre en état, il faut être gonflé. La demande ne cacherait elle pas une nouvelle escroquerie?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :