Les réseaux sociaux, nouvelle niche du trafic de migrants

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Un porte-parole de Facebook a assuré que « toute publication de contenu servant à coordonner le trafic de personnes est contraire aux standards de la communauté Facebook et sera retirée dès qu'on nous la signalera ».
Un porte-parole de Facebook a assuré que « toute publication de contenu servant à coordonner le trafic de personnes est contraire aux standards de la communauté Facebook et sera retirée dès qu'on nous la signalera ». (Crédits : Dado Ruvic)
Les trafiquants de migrant ont trouvé, dans les réseaux sociaux, et surtout dans Facebook, un terrain fertile pour promouvoir leurs services et attirer des clients. Une tendance qui s’est confirmée en 2016 et qui donne du fil à retordre aux polices européennes. Un article de notre partenaire Euractiv.

Le Centre européen pour la lutte contre le trafic de migrants (EMSC) d'Europol a reçu des informations sur 1 150 comptes suspects sur les réseaux sociaux en 2016, face à 148 l'année antérieure, selon son rapport annuel rendu public cette année.

Une experte d'Europol, Lara Alegria, a expliqué que l'utilisation des réseaux sociaux par les trafiquants était l'une des priorités de travail de la Police européenne pour 2017. « Un grand éventail de services sont promus sur les médias sociaux, depuis le logement jusqu'au transport, en passant par des documents d'identité falsifiés, des visas, des faux mariages, etc. »

« Package complet »

Selon une autre source d'Europol, un nombre croissant de réseaux sociaux font la promotion de « véritables packages pour l'immigration, incluant l'entrée dans un pays, la résidence et même un permis de travail, un mariage et l'éducation pour les enfants ».

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a constaté qu'un grand nombre de migrants arrivant en Italie ou en Grèce avaient été attirés via les réseaux sociaux, surtout Facebook, a déclaré Eugenio Ambrosi, directeur de l'organisation pour l'UE, la Norvège et la Suisse.

Toutes ces fausses promesses vendues sur Internet représentent des activités dont il est difficile de suivre la trace, puisqu'elles sont mises en avant via des comptes qui « sont créés puis disparaissent en un jour ou deux », a-t-il ajouté. Selon lui, ce sont des « activités très lucratives », qui exigent un investissement minime de la part des trafiquants.

Facebook passe au crible les contenus

Un porte-parole de Facebook a assuré que « toute publication de contenu servant à coordonner le trafic de personnes est contraire aux standards de la communauté Facebook et sera retirée dès qu'on nous la signalera ».

Les mafias se camouflent également sur des plateformes entre particuliers comme celles dédiées au logement ou sur des sites web de covoiturage, indique le rapport.

La plupart des trafiquants faisant leur pub « en ligne » se trouvent en Turquie, mais en 2016, Europol a également constaté « un certain nombre de comptes apparemment basés en Europe » qui offre de faux documents européens de grande qualité » et un transport terrestre vers l'Europe, parfois comme « zone de transit » vers l'Amérique du Nord.

Le transport - en bateau de croisière, en avion ou en bateau de cargaison - et des documents falsifiés sont les principaux services proposés par les mafias sur Internet.

Pot-de-vin

« L'éventail de ces services s'est énormément élargi et comprend aujourd'hui des offres qui semblent indiquer que les groupes criminels tentent de corrompre les fonctionnaires des ambassades et les consulats européens », dans des représentations diplomatiques en dehors de l'UE, selon le rapport de l'EMSC.

De fait, plusieurs États membres de l'UE enquêtent sur le personnel de certaines de leurs représentations diplomatiques dans des pays tiers pour savoir s'ils reçoivent des pots-de-vin des réseaux de trafic de migrants en échange de visas d'entrée, a révélé une source politique consultée par EFE.

Premiers résultats dans le traçage policier

Europol, de bureau européen de police, a refusé de faire plus de commentaires pour ne pas que ces questions n'affectent les « enquêtes en cours ».

Une des difficultés du suivi de ces activités criminelles en ligne est qu'elle implique différentes régions et continents, ce qui nécessite un effort simultané et transfrontalier, a souligné Eugenio Ambrosi.

Le traçage des réseaux sociaux à la recherche de trafiquants a déjà porté ses fruits : il a permis l'arrestation de membres d'un groupe turc de crime organisé qui avaient introduit des immigrants illégaux en Slovénie à bord d'un bateau de cargaison. Douze migrants ont aussi été arrêtés.

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Par Marta Borrás, Euroefe (traduit par Marion Candau)

(Article publié le vendredi 30 juin 2017)

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Commentaires
a écrit le 03/07/2017 à 18:27 :
Ce n'est pas le premier article venant de votre part et voulant nous faire croire que le mal viendrait d'Internet que je lis.

N'oubliez pas que vous aussi êtes sur internet.

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