Londres  : quelle vie pour les habitants après les JO  ?

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Le stade olympique de 80.000 places situé dans le Queen Elizabeth Olympic Park devient à partir de cette saison l'antre de West Ham United.
Le stade olympique de 80.000 places situé dans le Queen Elizabeth Olympic Park devient à partir de cette saison l'antre de West Ham United. (Crédits : Reuters)
L'est de Londres, où fut construit le stade olympique, a été complètement transformé par les jeux olympiques de 2012. Si l’événement a indirectement permis de développer un quartier déshérité, il n'a pu endiguer un phénomène de gentrification.

A Stratford, dans l'est de Londres, les jeux Olympiques de 2012 laissent un souvenir mitigé. Si le quartier déshérité, qui accueillait les principaux sites des épreuves, a gagné en transports et en infrastructures, c'est au prix d'une gentrification forcenée qui a chassé bien des habitants. A la base, Londres comptait profiter de l'événement olympique pour lancer une grande opération de rénovation de cette partie industrielle de la ville, historiquement moins prisée que les très chics quartiers situés à l'ouest.

Une fois construits le village et le stade olympique de 80.000 places dans le Queen Elizabeth Olympic Park, la municipalité a pensé l'après-JO, avec notamment la construction de logements, d'espaces verts et diverses infrastructures sportives. Le tout en s'appuyant sur l'amélioration des réseaux de transport en commun. Avec le recul, il semble ainsi clair que les JO de 2012 ont permis au quartier de Stratford de décupler son attractivité, totalement transformé par les investissements reçus, avec des équipements sportifs et des bâtiments modernes qui ont poussé au milieu des anciens terrains vagues.

Des emplois créés, mais...

Pour le ministre des Sports de l'époque, Hugh Robertson, l'autre principale réussite des Jeux aura été de créer de nombreux emplois dans ce coin de l'est de Londres jusque-là abandonné, a-t-il déclaré à l'AFP. Certes, tous les habitants n'en ont pas profité, admet-il. Mais la faute en incombe au gouvernement et non aux organisateurs des Jeux, selon lui.

La sociologue Penny Bernstock, spécialiste du logement et du changement social dans l'est de la capitale britannique, reconnaît pour sa part des avancées notables en matière de transports. Mais, déplore-t-elle, le nombre de sans-abri à Newham (le district qui inclut Stratford) a explosé de 151 % entre 2012 et 2015, contre 51% pour la capitale dans son ensemble. Et si des emplois ont bien été créés, ces derniers l'ont été principalement dans les services et la vente, et ne rémunèrent pas assez pour permettre d'habiter aux alentours désormais.

Explosion des prix de l'immobilier

La faute, aussi, a l'explosion des prix de l'immobilier à Londres depuis 2011. "De nombreux appartements en vente dans ce quartier dit abordable ne sont en réalité accessibles qu'à des personnes gagnant 73.000 livres (86.000 euros) par an", détaille la sociologue. Dans la zone, qui ne compte que 675 logements sociaux, un deux-pièces coûte en moyenne 600.000 livres (710.000 euros), et il faut débourser 300.000 livres (355.000 euros) pour un logement dit "abordable", soit spécialement destiné aux personnes à revenus faibles.

Selon une étude de la plateforme de financement participatif Property Partners, les prix de l'immobilier ont grimpé de 64 % dans les six arrondissements entourant le parc olympique depuis la cérémonie d'ouverture des Jeux en juillet 2012. Soit 11 points de plus que la hausse moyenne enregistrée par Londres dans son ensemble. Face à cette hausse des prix, des familles sont obligées de s'exiler à une demi-heure voir à une heure de l'est de Londres. Et les pouvoirs publics éprouvent les pires difficultés pour lutter contre ce phénomène.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/08/2016 à 19:09 :
ces évènements ne servent que ceux qui en vivent et les élus qui les portent ; ils coutent très chers aux contribuables et pendant longtemps ,souhaitons pour les français que paris ne soit pas retenu en 2024
a écrit le 08/08/2016 à 12:47 :
Merci pour cet article qui montre que derrière le miracle économique exposé dans tous les médias de ces chantiers pharaoniques et hors de prix liés aux jeux de toutes sortes se cache la réalité bien plus nuancée voir carrément négative.

Il y a ce que nous montre les médias de masse et il y a la réalité.

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