Macron préconise un référendum sur l'Europe... au niveau européen

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(Crédits : © Robert Pratta / Reuters)
Le ministre de l'Economie souligne la nécessité pour l'Europe de retrouver le temps long, de définir des valeurs et un projet à 15 ans. Mais il devrait être validé par un référendum au niveau européen

Emmanuel Macron, qui tiendra le 12 juillet, à deux jours de l'intervention présidentielle, le premier meeting de son mouvement, défend bien sûr l'idée, largement partagée depuis le Brexit d'une refonte de l'Europe.  Mais comment ? Il préconise à la fois une action de court  et de long terme. Avec l'idée d'une nécessaire regénération démocratique, qui passerait par un référendum sur l'avenir du vieux continent, non pas au niveau de chaque pays, mais via la consultation en même temps de tous les européens.

Quelques pays pourraient prendre des initiatives

Peu importe la géographie retenue -Europe à 27, zone euro-, estime le ministre de l'Economie.  « Nous nous sommes un peu paralysés à considérer qu'il y aurait des géographies interdites » a-t-il souligné ce dimanche lors des rencontres économiques d'Aix. « On a hésité à se réunir en format  zone euro, pour ne pas froisser les britanniques et les polonais, on voit comment ils nous remercient ».

«Quelques pays qui « voudraient prendre des initiatives  ne doivent pas hésiter » estime le ministre. « On ne peut pas attendre les propositions de la commission. Sur le rapprochement de nos fiscalités,  en particulier sociales, la défense, une politique commune d'investissement, quelques Etats membres doivent prendre l'initiative et essayer  de converger ».

 Un budget commun pour la zone euro

 Et d'ajouter « qu'il faut en même temps plus de solidarité et de relance dans la zone euro. "C'est la jambe qui nous manque" dit-il. . "On n'y arrivera pas par la coordination. Il faut plus d'intégration concernant les politiques fiscales et sociales et avoir une politique d'investissement via un budget commun pour la zone euro ».

 Redéfinir notre intérêt commun, des valeurs communes et un projet à 15 ans

 Mais il faudra aller au-delà, à terme.

Pour Emmanuel Macron, il faut «aller au bout de ce qu'est le marché unique » . Mais il ne l'entend pas comme les Anglais, qui ont d'abord considéré « des frontières qu'on devait abattre, qui ont fait du marché unique une aventure ultra-libérale ». Or , « l'ADN du marché unique, c'est des libertés, des coopérations et des solidarités ». Depuis le début des années 90, on a perdu de vue ce tryptique, on a oublié la régulation ».

Et surtout, à terme,

« le défi , c'est de redéfinir notre intérêt commun. Chacun parle de l'Europe en regardant ces intérêts, il faut en sortir. C'est un paradoxe mortifère : on gère le court terme, on ne voit plus l'avenir, il faut retrouver le temps long . En tout état de cause, on ne pourra plus faire avancer l'Europe à l'abri des peuples ».

La solution Macron ?

« Des Conventions démocratiques dans les 27 Etats, qui permettaient de  définir des valeurs communes, un projet à 15 ans ». Puis,  « ensuite un référendum non pas national mais européen ».

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Commentaires
a écrit le 04/07/2016 à 20:04 :
Faut vraiment ne rien comprendre aux peuples et à la question nationale pour faire ce genre de proposition. Qu'est-ce qui fera qu'un hongrois ou un français (si ces pays votaient majoritairement pour la sortie, par exemple) se sente obligé de reconnaître le fait majoritaire d'allemands et de finlandais ? Ce que ne veulent pas comprendre les européistes, c'est que l'UE est un traité entre nations et qu'il n'existe pas de peuple européen. Et tout peuple souverain est libre de se retirer d'un traité, et cela, quelque soit l'avis de ses partenaires.
Réponse de le 04/07/2016 à 23:02 :
Pourtant ce peuple européen est en train d'apparaitre : Ce sont des jeunes qui ont fait leurs études ensemble via Erasmus, qui ont voyagé, qui ont travaillé dans les mêmes entreprises, qui se sont expatriés temporairement ou définitivement.

Ce peuple est évidemment encore minoritaire, mais il se développe avec le temps, là où les nationalistes purs et durs ont tendance à disparaitre.
a écrit le 04/07/2016 à 19:28 :
On n'échappera pas à une implication plus directe et importante des citoyens européens.
Des référendums sur des points essentiels sont indispensables et quand c'est non c'e'st non.
a écrit le 04/07/2016 à 10:54 :
Il faut faire voter chaque peuple sur un texte précis et limité à un sujet précis. On a fait la bêtise de sortir UK du marché commun parce qu'on a voulu lier la circulation des biens à la circulation des personnes. C'est stupide. Il ne doit pas y avoir une Europe mais des Europes selon les coopérations que les nations veulent avoir sur tel ou tel sujet.
a écrit le 04/07/2016 à 10:45 :
CHICHE... !!!
Réponse de le 04/07/2016 à 11:50 :
Au final Chiche, effectivement, et si le Non l'emporte due à la ribambelle de pays Eurosceptique (Hongrie, Pologne, mais pas que), on rigolera bien avec ceux qui défends l'idée d'un "Démos" Européen, au moment même où il aura existé une fois, pour être mort le jour même... Car on verra s'il accepte le résultat, si notre Nation aurait voté le Oui !
Maintenant tout dépends de la question, car demander si on veux plus d'Europe, voudrais dire qu'en cas de Non, on reste avec le Traité de Lisbonne... super.
La question devrait être ni "oui", ni "non", mais voulez vous
- une Europe Fédérale, avec dissolution des Nations, ou
- une Europe des Nations, où le droit d'initiative serait retiré à la Commission européenne pour être remis au Parlement Européen, composé de Parlementaires Nationaux.
Le Fédéralisme Furtif introduit avec Maastricht, ça suffit.
a écrit le 04/07/2016 à 10:23 :
Une très mauvaise idée que de consulter à nouveau les citoyens sur cette question, surtout si on est pas prêt à accepter leur réponse.. Et en ce qui concerne la convergence fiscale, ou sociale, je ne vois pas en quoi il faudrait consulter le peuple pour avancer sur cette question. je gage que beaucoup sont d'accord avec cela. mais on notera que ceux qui réclament plus de cohérence sont les mêmes que ceux qui mettent toujours en place des politiques spécifiques (taxes, culture,..). Un peu de cohérence intellectuelle ne nuirait pas!
Réponse de le 05/07/2016 à 19:26 :
Tout dépend de la question, rappelons-nous le cas Grèc, qu'ils disent oui ou non, ce qu'ils ne voulaient pas, il l'ont tout de même eu, c'est à dire, le maintient de l'Euro zone et une nouvelle austérité.

Ce sera pareil pour nous, on demandera aux citoyen si ils veulent une nouvelle Europe ou si celle-ci leur convient, c'est du foutage de gueule, mais c'est bien ce que veut faire Macron, et comme il s'en doute, une majorité chez les citoyens, ne seront même pas capables de voir l'arnaque de ce référendum, tellement content qu'on leur demande leur avis.
a écrit le 03/07/2016 à 19:15 :
Beaucoup d'idées générales peu précises, sans mandat impératif les politiciens peuvent tout dire et n'importe quoi, ce dont ils ne se privent pas ils ne sont tenus à rien, bref un discours démago de plus à ajouter aux millions de tonnes déjà prononcés par nos politiciens.
a écrit le 03/07/2016 à 18:35 :
On se moque un peu de ce qu'il préconise sur l'Europe. Le problème dans ce pays est que tout le monde à un avis surtout et surtout un avis... Que chacun fasse bien ce pourquoi il est mandaté et le pays ira déjà beaucoup mieux
a écrit le 03/07/2016 à 16:48 :
Le vote de la constitution européenne en 2006 a été exemplaire. C'était pourtant un texte sans conséquence qui résumait les accords passés. Les européens ne veulent pas plus de réglementation comme le souhaite Macron, des réglementations exotiques qui s'appliqueraient uniformément à tous les pays européens. La richesse de l'Europe est bien la diversité des langues, des cultures, des esprits des lois, des régulations sociales propres à chaque pays. L'important est l'harmonisation des méta-règles communes qui conditionnent la compétitivité. Par exemple chaque état aurait libre choix des taux applicables sous réserve qu'il équilibre ses comptes.
Réponse de le 04/07/2016 à 15:57 :
Votre vision de l'europe est assez effrayant.....
L'europe a été crée a la base pour arrèter les guerre entre pays voisins, et promouvoir le partage entre pays de mème valeurs (démocratie, liberté, justice).
Mais pour avoir un marché économique communs, il faut bien avoir les méme règles, méme contraintes sinon cela serai un bordel monstre!!!
On peux garder la richesse des différentes culture, traditions, langues tout en harmonisant les régles de fiscalité et de social.
Sinon vous faites le jeu des grandes multinationnales qui jouent sur la concurrence entre état pour payer le moins d'impot possible.
et tout le monde sera perdant!!
Les pays européens ont arrétés de se faire une guerre réelle mais ont commencés depuis 20 ans de se faire une guerre économique !!!
a écrit le 03/07/2016 à 16:27 :
L'UE c'est moins que 3% de déficit, voire zéro si possible et la concurrence entre pays pour faire baisser les coûts, et ça doit converger vers le nirvana ? Me trompe-je ?
En sachant que la GB mettait son veto à tout ce qui ne lui plaisait pas, le contexte change un peu. A savoir ce qu'on veut au juste, ça ronronne sur les acquis, mais l'horizon semble aléatoire (personne au volant en sachant où on va, c'est une trajectoire purement balistique).
a écrit le 03/07/2016 à 15:18 :
C'est une fausse solution , chaque pays doit pouvoir décider une sortie de l'union au moment où il le souhaite et non empêché par un vote qui ne porte pas les bonnes questions.
a écrit le 03/07/2016 à 14:46 :
Ou comment jouer à quitte ou double !
Si le Oui l'emporte, circuler, y a rien a voir, adieu l'autre Europe.
Et si le Non l'emporte ??????
Un continent en déroute total. Cynique comme sont ces gens, ils parient sur cette peur là, puisque la peur au niveau national ne joue plus (les Anglais n'en n'ont eu que faire malgré toute les promesses de cataclysme).
Réponse de le 03/07/2016 à 16:10 :
Vous croyez vraiment qu'on peut faire encore pire qu'aujourd'hui ?

Un référendum au niveau européen aurait le mérite de détacher la question de problématiques nationales, comme ça a été le cas en 2005.

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