Portugal : le gouvernement de droite est renversé

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Le premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, est renversé.
Le premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, est renversé. (Crédits : HUGO CORREIA)
Par 123 voix contre 107, la motion de censure contre le gouvernement minoritaire de Pedro Passos Coelho a été adoptée par le parlement. Le leader socialiste Antonio Costa pourrait former le prochain gouvernement avec l'appui de la gauche radicale.

Sans surprise, le 20ème gouvernement portugais depuis l'instauration de la Constitution portugaise de 1976, a été renversé par l'Assemblée de la République, le parlement du pays, après onze jours d'existence. Après plus de huit heures de débat et malgré une panne sur le vote électronique, 123 députés ont approuvé la motion de défiance déposée par le principal parti d'opposition, le PS. Il fallait 116 voix, soit la majorité absolue pour renverser le gouvernement. Les trois partis de la gauche radicale, le Bloc de Gauche (BE), le Parti communiste (PCP) et le parti écologiste (PEV) ont joint leurs voix au PS. Même le seul député du parti animaliste PAN a voté contre le gouvernement. Pour la première fois depuis la Révolution des Oeillets en 1974, la gauche portugaise a donc réussi à s'unir sur un projet gouvernemental.

Menaces à droite

Le gouvernement minoritaire de droite confirmé le 30 octobre par le président de la République Anibal Cavaco Silva, n'aura donc pas survécu à l'alliance des partis de gauche pour changer de politique. Les menaces du premier ministre sortant n'y auront rien changé. Il aura pourtant mis en garde contre la remontée des taux d'intérêt. Le titre à 10 ans portugais est passé de 2,31 % le 4 octobre, jour des élections législatives, à 2,84 % ce mardi 10 novembre. Les marchés s'interrogent en effet sur la stabilité et les intentions du prochain gouvernement de gauche, ainsi que sur la réaction de l'Europe.

Accord à gauche

Mais ces menaces n'ont eu aucune prise sur les députés de gauche, qui étaient décidés à renverser le gouvernement après leur accord difficile trouvé ce week-end. Les partis de gauche se sont mis d'accord sur un programme minimum qui prévoit notamment de rééquilibrer les efforts fiscaux, de relever le salaire minimum et de terminer le gel des pensions. Mais le PS s'est engagé également à respecter le cadre budgétaire européen. Antonio Costa, qui pourrait être, en tant que leader du PS, le chef du prochain gouvernement, a promis que la gauche resterait « plurielle », mais il a aussi promis la stabilité. Normalement, le prochain gouvernement sera un gouvernement socialiste soutenu de l'extérieur par la gauche radicale.

Le choix du président

La balle revient désormais dans le camp du président de la République Anibal Cavaco Silva qui, le 30 octobre, avait refusé d'écouter Antonio Costa qui lui jurait qu'un accord était possible à gauche. Cet accord existe désormais et on voit mal comment il pourrait refuser de nommer le leader du PS au poste de chef du gouvernement. Mais Anibal Cavaco Silva avait, le 30 octobre, justifié son choix par un risque sur les « engagements internationaux » du Portugal, notamment sa participation à la zone euro. Le PCP est ouvertement hostile à l'euro et le BE très dubitatif. Sa marge de manœuvre est cependant très limitée dans la mesure où le parlement ne peut être dissout dans les six mois qui suivent et précèdent l'élection présidentielle prévue en janvier. Antonio Costa pourrait donc devenir premier ministre du 21ème gouvernement constitutionnel du Portugal bientôt.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2015 à 9:09 :
Pauvre peuple portugais, tu vas bientôt être malmené comme le peuple de France est malmené.

Le mensonge et la démagogie n'ont jamais amené rien de bon.
a écrit le 12/11/2015 à 9:08 :
..." Silva avair refusé d'ecouter Costa ...qui lui jurait ..."
mais , il y a une sacré difference aujourd'hui : il ne sagit plus de promesses , mais de faits : l'alliance est faites , et , aujourd'hui , les accords sont passés pour respecter les
" engagements internationaux " du Portugal ...; alors : pourquoi,pas ?
car , au final , si la " gauche " est la plus capable pour " faire avaler la pillule " au peuple
, pourquoi s'en priver ?
a écrit le 11/11/2015 à 21:20 :
Le problème reste le même qu'avec la Grèce. Toute tentative sérieuse de remettre en cause l'ordre libéral ( dettes illégitimes , paradis fiscaux , croissance, accaparement des richesses par une caste etc) sera balayé comme en Grèce ! Lordon Frédéric, économiste au CNRS spécialisé dans la finance l'avait annoncé dés le début janvier. Où la Gréce renverse la table où elle passera dessous !

voir le monde diplo de janvier 2015 : http://blog.mondediplo.net/2015-01-19-L-alternative-de-Syriza-passer-sous-la-table-ou
a écrit le 11/11/2015 à 19:55 :
Renverser c'est facile, gouverner c'est autre chose il faut prendre langue avec les équivalents portugais des frondeurs et des Mélenchon / Cosse !!!
a écrit le 11/11/2015 à 14:37 :
Kalos orisate stin Portogallia ! Bienvenue au Portugal (en grec) !
a écrit le 10/11/2015 à 21:15 :
A quoi s’attendre ? Probablement au pire, depuis que les pays ont perdu leurs souveraineté monétaires…Ne comptons sur aucune formation politique actuellement, ni sur aucun de leur leader, pour rétablir notre souveraineté.
Les nations européennes occidentales ont vu les Trente glorieuses (années d'essor économique, de 1945 à 1975), et elles ne savent souvent pas pourquoi cet essor s'est arrêté subitement, et, depuis, cet essor n'a pas repris, loin s'en faut.
Avant 1974, la France faisait marcher la planche à billets, et a arrêté en 1974, date à laquelle l'Etat français, bien conseillé par des dirigeants douteux, a fait son premier emprunt sur les marchés financiers.
Mais pourquoi donc tout allait bien avant 1975, et pas depuis ? Il y a pourtant eu beaucoup de dirigeants "brillants" (officiellement) depuis, et même des prix Nobel d'économie...
Les citoyennes et citoyens portugais, et européens, devraient se renseigner sur la provenance de leurs élus : ont-ils travaillé pour une banque internationale ? Si ce n'est pas leur cas, alors ils sont stupides, et il est dangereux de croire à leurs promesses.
a écrit le 10/11/2015 à 20:59 :
... et que va-t-il se passer ? Un simple changement de groupe au pouvoir, mais par contre de l'austérité pour la base, comme souvent. C'est le point commun du capitalisme, du communisme et des socialismes : ils se terminent, d’un côté, par un groupe qui possède tout, et qui est l'Etat, et, de l’autre côté, des gens dépouillés de leurs biens.
a écrit le 10/11/2015 à 20:54 :
Merkel va envoyer sa PanzerDivizion, Achtunghhh...ou les bureaucrates de Bruxelles
Réponse de le 11/11/2015 à 17:39 :
Elle va envoyer la grosse Bertha (Schauble l'homme d'acier) qui va se faire un plaisir d'imposer son diktat!
a écrit le 10/11/2015 à 19:40 :
La droite avait gagne democratiquement les elections, et voici qu' une coalition heteroclite, qui n'a aucune chance de constituer un gouvernement serieux, fait tomber le gouvernement par des manoeuvres dignes de la quatrieme Republique.

Et bien sur Romaric le gauchiste se rejouit de ce coup d'Etat!
Réponse de le 10/11/2015 à 23:27 :
L'aigreur est un vilain défaut, l'ami.
Réponse de le 11/11/2015 à 8:31 :
Dans quel monde les partis qui, ensemble, ont la majorité des voix font un coup d'Etat ? Votre rêve de "démocratie" censitaire, partagée il est vrai par l'ensemble des classes aisées de la soi disant "Europe" et par leurs chiens de garde de Bruxelles, vous fait apparaître au mieux comme ridicule.
Réponse de le 11/11/2015 à 11:20 :
@Louis : la droite avait gagné démocratiquement les élections ? On n'a pas dû voir le même film, LOL !!!
Réponse de le 12/11/2015 à 10:13 :
@Princedelu : le GROS probleme est que pendant la campagne electorale, le centre gauche portugais a rejeté catégoriquement tout accord avec la gauche radicale. ils ont donc trompés leurs electeurs et vont gouverner apres avoir perdu les elections par le biais de cette tromperie. Donc oui, ca pose un probème démocratique.
a écrit le 10/11/2015 à 19:21 :
Il n'y a pas de politique de gauche possible dans le cadre de l'UE, a fortiori dans la zone euro, et c'est même la raison même de ces traités et abandons de souveraineté, fabriqués pour outrepasser la souveraineté des peuples...
Sarkozy, Baroso, Junker et les autres l'ont dit, affirmé, établi.
Donc reste à savoir comment la solidarité européenne fera plier ce gouvernement.
Réponse de le 10/11/2015 à 20:47 :
Même hors UE il n'y a plus de politique de gauche possible. Après le naufrage du communisme, celui de la social-démocratie est en cours.
a écrit le 10/11/2015 à 19:02 :
Rassurons-nous, la "gauche" ne signifie pas que la religion de l'argent sera abandonnée. On a juste eu chaud, c'est tout.
a écrit le 10/11/2015 à 18:58 :
Le parfait exemple de la trahison des electeurs et de la démocratie.

Le centre gauche portugais a PERDU les elections. Durant la campagne, celui-ci a EXCLU toute alliance avec la gauche radicale. Et O miracle: le centre gauche qui a perdu les elections va diriger le gouvernement en faisant alliance avec la gauche radicale alors meme que promesse fut faite aux electeurs qu'une telle alliance n'aurait pas lieu...et le tout en supprimant des pans entiers de son programme de campagne!

C'est tout simplement une TRAHISON de la démocratie et des electeurs. Qu'une telle alliance puisse voir le jour, pourquoi pas, mais celle-ci doit avoir ete présenté aux electeurs lors des elections. et je précise: le jugement serait rigoureusement le meme face a un gouvernement de droite procedant de la meme. ca n'est pas une question partisane, c'est une questions de valeurs essentielles pour la preservation de la democratie.

Antonio Costa le payera certainement dans les urnes dès qu'il perdra sa majorité bricolé.
Réponse de le 10/11/2015 à 19:37 :
Tu veux mon avis ? Si tu dissous aujourd'hui le parlement et que la gauche se présente unie sur cet accord de gouvernement, elle va friser les 60%. A ta place je ne m'y risquerais pas. Bon d'accord c'est pas toi qui décides.
Réponse de le 11/11/2015 à 6:51 :
Renseigne toi mieux la droite à perdu les élections si on regarde bien. Sa majorité s'est effondrée au profit surtout de la gauche et des communistes surtout qui prennent 20 sièges... La droite n'est d'ailleurs elle-même "1 coalition" de deux partis autrefois distincts et ennemis. Qui ont été rassemblés pour appliquer le programme de Bruxelles à l'époque. Le président a été sommé de gesticuler pour faire peur aux Portugais... car il ne faudrait pas avoir un deuxième cas grec...
C'est la droite qui a été maintenu au pouvoir contre tout attente et ça c'est une atteinte de la démocratie, je trouve. S'informer mieux c'est la clé. Sinon on en arrive à des titres de désinformation comme le monde "la droite gagne les élections mais perd sa majorité..." un parti qui passe d'une majorité absolue de 60% des sièges à 38.5%. Je n'appelle pas ça une victoire, mais bon si l'AFP le dit...
Réponse de le 12/11/2015 à 10:11 :
@warf:

Le centre gauche portugais a EXCLu toute alliance avec la gauche radicale pendant la campagne: il a donc bel et bien renié sa parole. Les electeurs portugais ayant voté pour le centre gauche et refusant une alliance avce la gauche radicale ont donc bel et bien été trahi. Peu importe si cette vérité vous dérange.

@Leon: 60% vraiment? je dis chiche: de nouvelles elections et la gauche présente PENDANT la campagne, cette alliance. Si elle obtient la majorité comme cela, alors rien a dire, car le tout aura été présenté aux electeurs. Mais ni vous ni mois ne sommes capable de prédire ce que voteraient les portugais ainsi.

Ce qui viole la démocratie, c'est de voir un partie qui a perdu les elections se retrouve a diriger un gouvernement par le biais d'un accord qui a ete catégoriquement rejeté dans la campagne elctorale. Ca c'est la négation même de la démocratie.

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