Pour Matteo Renzi, le sommet de Bratislava a été "une jolie croisière sur le Danube"

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Si nous devons passer l'après-midi à écrire des documents sans âme ni horizon, qu'ils le fassent eux-mêmes, dit Matteo Renzi de ses partenaires européens.
"Si nous devons passer l'après-midi à écrire des documents sans âme ni horizon, qu'ils le fassent eux-mêmes", dit Matteo Renzi de ses partenaires européens. (Crédits : Reuters)
Mécontent en l'absence de la moindre avancée à l'issue des travaux du sommet européen de Bratislava, le président du conseil italien critique l'immobilisme de la chancelière allemande dans une interview accordée au Corriere della Sera.

Le sommet européen de vendredi à Bratislava n'était rien de plus qu'"une jolie croisière sur le Danube", a regretté dimanche le président du Conseil italien Matteo Renzi, accentuant ses critiques à l'encontre d'Angela Merkel dont il dit ne pas comprendre l'optimisme. "Je ne sais pas à quoi Merkel fait allusion quand elle parle de l''esprit de Bratislava'", dit-il dans une interview publiée dimanche par le Corriere della Sera. "Si les choses continuent ainsi, au lieu de l'esprit de Bratislava, nous parlerons du fantôme de l'Europe."

Rien sur le problème de la crise migratoire

Dès vendredi soir, Renzi s'était dit mécontent des conclusions du sommet européen de Bratislava, où il avait été tenu à l'écart de la conférence de presse commune donnée par Angela Merkel et François Hollande. Le sommet censé préparer l'avenir de la construction européenne à l'heure du Brexit et de la montée des partis eurosceptiques n'a marqué, ajoutait-il, aucune avancée significative notamment sur le dossier de la crise migratoire où son pays est en première ligne.

"Dire que le document d'aujourd'hui est un pas en avant sur la question des migrants relèverait de l'imagination ou de l'acrobatie verbale", ajoutait-il.

Dans l'interview accordée au Corriere della Sera, il va plus loin. "Si nous devons passer l'après-midi à écrire des documents sans âme ni horizon, qu'ils le fassent eux-mêmes", dit-il de ses partenaires européens. "A Bratislava, nous avons eu droit à une jolie croisière sur le Danube, mais j'espérais des réponses à la crise provoquée par le Brexit, et pas simplement un tour en bateau."

Exclure certaines dépenses des règles budgétaires

Il explique par ailleurs, en pleine préparation de son budget 2017, qu'il prévoit d'exclure des règles budgétaires européennes les dépenses consacrées à l'immigration et au renforcement des normes parasismiques des bâtiments. Et, prévient-il, "pas question de négociations" avec la Commission européenne quand d'autres pays européens dépassent plus largement que l'Italie les règles limitant les déficits publics.

Au pouvoir depuis février 2014, Renzi jouera son avenir politique lors du référendum de cet automne sur la réforme constitutionnelle. La consultation n'a pas encore été fixée, mais devrait avoir lieu fin novembre, début décembre. Le président du Conseil s'est engagé à démissionner si les Italiens ne votent pas majoritairement en faveur de son projet institutionnel.

(avec Reuters)

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a écrit le 22/09/2016 à 7:43 :
je medemande moi , ce que c'est comme " jolie " envolée verbale , le discourt de mr Renzi ...: d'une part , Bratislava etait le 1 er sommet ...sans les britichs ; d'autre part , ses voeux pieux , du style " pas question de negociations " , tout le monde doit en rigoler d'avance .
a écrit le 21/09/2016 à 10:40 :
Pauvre monsieur Matteo Renzi, qui a lancé un référendum qu'il ne maîtrise plus; comme celui de David Cameron relatif au Brexit....
Il semble donc que Bratislava n'était pas, in fine, une croisière du C....
L'Allemagne va donc pouvoir déduire de son déficit (règle des 3%) les Mlds l'Euros que l'Allemagne dépense pour les émigrés..... Ensuite, la France pourra réduire de notre déficit les dépenses causées par les inondations....
Pauvres cigales....
Cordialement
a écrit le 20/09/2016 à 0:01 :
s'il n'y pas eu de début de solution à BRATISLAVA, sur le problème de l'émigration, c'est tout simplement parce qu'il n'y en a pas. Ou du moins, pas à l'intérieure du cadre d 'États de droit, tatillon sur les droits de l'homme comme celui qui prévaut actuellement en Europe.
a écrit le 19/09/2016 à 14:37 :
le sommet de Bratislava a été seulement une promenade pour tous les participants puisqu'il n'a pas voulu ou pu prendre des décisions sur l'immigration clandestine. Donc il se déduit que chacun doit penser pour soi et pas pour les autres états européens. Ceci veut dire que l'Europe de 27 états n'existe plus et que les politiques d'immigration mises en acte de Renzi et de Merkel sont désastreuses et ils porteront à la dissolution de toute l'Europe
a écrit le 19/09/2016 à 13:54 :
Très bien dit, monsieur Renzi. Sans langue de bois, sans pommade. Lui tape du poing sur la table et ne se gêne pas pour balancer leurs quatre vérités à ses piteux collègues. Entre un incapable notoire élu uniquement par anti-Sarkozysme et une dirigeante qui a ravagé le sud du continent de par sa façon de forcer toutes les décisions comme bon lui semble, il est le seul de cette union à avoir cerné les vrais problèmes, et le seul qui donne encore un peu d'espoir à la gauche (tout le contraire des Tsipras et Hollande).
a écrit le 19/09/2016 à 13:34 :
Belle croisière aux frais du contribuable, donc rien à redire du côté de Hollande. C'est son coiffeur qui doit être aux anges, mais bon, il est évident que Merkel n'a pas fait appel à ses services :-)
a écrit le 19/09/2016 à 13:01 :
Au moins un dirigeant jeune et courageux capable d'appeler un chat un chat : l'UE piétine et ce n'est pas la dernière élection de Berlin qui rassure
Mais même réduits à 27 les dirigeants européens n'ont aucune réforme à proposer aux européens pour inverser la tendance du désamour croissant qui place dans beaucoup de pays les partis dits populistes en pôle position dans les scrutins
Réponse de le 19/09/2016 à 13:55 :
+1 , j'aurais pas dit mieux.
a écrit le 19/09/2016 à 7:39 :
au royaume d'Europe.
Si une entité de 750 millions de personnes se révèle incapable d’accueillir plus ou moins temporairement 5 millions de réfugiés c'est un échec politique commun de première grandeur.
L'argument économique ne tient pas la route. Après guerre, sur un champ de ruine, ce sont 30 millions de réfugiés dont l'Europe a du s'occuper, dont 10 millions pour l'Allemagne seule (ce qui explique l'attitude de Mme Merkel qui n'a pas oublié l'Histoire de son pays).
Bratislava était un échec prévisible, si la France, 66 millions d'habitants, refuse de prendre en charge 10 000 réfugiés, pourquoi les croates devraient t'ils an accepter plus de 1000, les grecques plus de 100 ?

L'Europe est en pleine course à la démagogie raciste et islamophobe, et c'est pas sexy du tout.
Réponse de le 19/09/2016 à 8:59 :
Arfumentaire a tres courte vue. Ce qu il ne faut pas oublier c est qu on aura pas 1 millions de refugie, mais 1 million PAR AN. Et c est une hypothese basse car une fois arrive, ceux ci vont vouloir faire venir leur famille (enfants, parents mais aussi frere ou soeurs). C est humain de vouloir que sa famille vive mieux, on ne peut leur reprocher. Le probleme c est qu on occulte completement les impacts pour les francais. Ces migrants vont couter une fortune et une grande partie vivra de l aide sociale toute sa vie (en RFA, ils ont pour les syriens 20 % d anaphabete et quasiment aucun capable de lire/ecrire autre chose que de l arabe. et pour les afghans c est 80 % qui ne savent pas lire ). La seule solution c est d emettre le paquet afin que les enfants poussent eux s integrer. Et helas, la francais n y croient pas vu l echec de l immigration maghrebine.

La seule facon de faire accepter les choses, c est de dire la verite: l afrique est une bombe demographique et on devra qu on le veuille ou non subir des migrations. Donc autant essayer de l organiser. Et a mon avis, l immigration serait bien mieux accepte si on etait plus coulant sur les criteres a l entree mais que le moindre faux pas serait sanctionne par une expulsion (par ex: si ton fils est delinquant -> dehors, tu veux vivre d allocs comme le pere de Leonarda -> dehors)
Réponse de le 19/09/2016 à 9:38 :
On pense toujours que le migrant est issue d'une génération spontanée, alors que c'est "l'Occident" qui les chassent de leur terre en y apportant le chaos!
a écrit le 18/09/2016 à 21:20 :
Merkel est à la botte des marchés financiers et ces derniers ont décidé de piller les Etats, ces crises d'austérité liées aux dettes imposées sont le meilleur moyen qu'ils ont trouvé pour cela.

La raison n'a rien à voir là dedans c'est seulement d'enrichissement permanent dont on parle chez ces gens là.
Réponse de le 18/09/2016 à 23:57 :
Ces dettes n'ont pas été imposées mais librement contractées tant c'était facile ; mais voilà, ce temps de facilité est révolu, alors il faut prendre dans la poche des épargnants, ou bien si on est honnête faire le constat qu'il faut s'ajuster par des économies.
Réponse de le 19/09/2016 à 13:00 :
Quand pêche un poisson ( un pigeon) on l’appâte avec une nourriture qui lui est facile a obtenir, mais une fois qu'il a mordu, il ne peut plus s'en défaire et décrocher du piège!!
a écrit le 18/09/2016 à 20:44 :
Hollande, lui, est content parce qu'il a beaucoup moins de caractère que Renzi. Devant Angela c'est un Toutou docile, voire craintif.
Réponse de le 19/09/2016 à 16:34 :
Il ne faut pas oublier que les toutous quelquefois mordent. Vous imaginez vous Hollande mordre qui que ce soit et, d' autant plus Merkel?
a écrit le 18/09/2016 à 20:41 :
M. Renzi se la joue à la Cameron. Il y a référendum donc il fait de la mousse.

D'un autre coté, l’Italie est gangrénée par la corruption (oui un français qui dit ça c'est l’hôpital... même si eux c'est pire et différent), j'imagine que M. Hollande le prend en compte. Et des Italiens dans un triumvirat, on sait ce que ça donne.

En tout cas j'espère qu'il n'est pas allé jusqu'à l'incident diplomatique en le traitant de social-démocrate!
a écrit le 18/09/2016 à 19:12 :
cet homme me parait sympathique et j'adhère à ce qu'il dit; Il est italien certes, mais ne s'arrête pas à ce qui se voit, il veut du concret et l'Europe se' contente de gesticulations et de déclarations d'intentions. C'est ainsi que l'institution européenne s'est coupée de son électorat et que les populismes ont prospéré faute d'avoir des réponses concrètes à des problèmes réels et récurrents.

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