Tensions entre la Grèce et ses créanciers

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La Grèce semble exiger un engagement de ses créanciers sur un allègement de sa dette avant de signer le moindre accord sur des réformes, tandis que les créanciers adoptent l'approche inverse en réclamant un programme de réformes avant d'envisager des discussions sur la dette.
La Grèce semble exiger un engagement de ses créanciers sur un allègement de sa dette avant de signer le moindre accord sur des réformes, tandis que les créanciers adoptent l'approche inverse en réclamant un programme de réformes avant d'envisager des discussions sur la dette. (Crédits : Forex)
Les dernières propositions de réformes de la Grèce pour obtenir une nouvelle aide financière ne correspondent pas à ce qui a été convenu il y a une semaine et la balle est clairement dans le camp du gouvernement d'Alexis Tsipras, a déclaré mercredi la Commission européenne.

La Grèce, dont la situation financière continue de s'aggraver, cherche à conclure un accord avec ses créanciers sur un ensemble de réformes économiques en échange d'une aide pour ne pas faire défaut sur sa dette à la fin du mois, quand elle pourrait devoir rembourser 1,6 milliard d'euros au fonds monétaire international (FMI).

Signe de la difficulté de ces négociations, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande n'ont pas prévu pour l'instant de réunion tripartite avec Alexis Tsipras ce mercredi à Bruxelles en marge du sommet UE-Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), contrairement à ce qui était attendu.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, n'a pas non plus prévu de rencontre avec le chef du gouvernement grec à son agenda, a dit un porte-parole de l'exécutif européen.

Perçu pendant plusieurs semaines comme un intermédiaire privilégié entre la Grèce et ses créanciers européens, Jean-Claude Juncker a accusé dimanche Alexis Tsipras de déformer les propositions de ces derniers et de tromper les parlementaires grecs.

"Le travail se poursuit au niveau technique pour tenter de surmonter les divergences entre les différentes positions et créer les conditions d'un accord unanime entre les 19 membres de la zone euro", a dit mercredi un porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

 Rencontre entre Tsipras et Tusk

"Dans cette dernière ligne droite, la Commission est de l'avis que la balle est maintenant clairement dans le camp du gouvernement grec, qui doit donner suite à l'accord conclu lors de la réunion avec le président (Jean-Claude) Juncker mercredi soir dernier", a-t-il poursuivi.

Ce porte-parole a précisé que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, avait annoncé dès mardi après-midi aux négociateurs grecs que les nouvelles propositions d'Athènes ne reflétaient pas le contenu des dernières discussions avec l'exécutif européen.

Un responsable grec a pour sa part assuré que la représentation grecque à Bruxelles n'avait reçu aucune réaction aux propositions de réformes soumises lundi, accompagnées de "deux documents supplémentaires relatifs à des options alternatives précises en matière de déficit budgétaire et de viabilité de la dette grecque".

Selon ses services, Alexis Tsipras rencontrera en début d'après-midi le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Une porte-parole du gouvernement allemand a dit qu'Alexis Tsipras aurait l'occasion de discuter avec Angela Merkel s'il le souhaitait, sans condition préalable.

D'après un responsable européen, la proposition de trois pages soumise lundi par Athènes a été jugée insuffisante car elle n'aborde pas la question des retraites et celle du marché du travail, deux points jugés cruciaux par les créanciers.

La Grèce semble exiger un engagement de ses créanciers sur un allègement de sa dette avant de signer le moindre accord sur des réformes, tandis que les créanciers adoptent l'approche inverse en réclamant un programme de réformes avant d'envisager des discussions sur la dette.

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a écrit le 11/06/2015 à 0:56 :
Allegement de la dette ??!! mais l'Europe et les créanciers ont déjà officiellement effacé une partie de la dette, et quand à ce qui reste, la Grèce doit rembourser à des taux très faible sur une durée très longue, ce qui revient à dire que l'Europe et les méchants créanciers ont effacé la dette. Quand je pense que certains accablent l'Europe à tour de bras, je la trouve bien patienté et bien généreuse cette Europe. Surtout que c'est la BCE qui Porte cette dette sur sur son bilan. Le vrai problème et j'ai compris cela en écoutant c dans l'air, c'est que la Grèce continue de générer de la dette car bon nombre de réformes structurelles ne sont pas réalisées, que l'impôt ne rentre pas, Moi qui croyais que la Grèce avec toutes ces privations et cette dette effacée avait un excédent primaire ! et bien non.
Donc les créanciers demandent seulement à Tsipras et Varoufakis de bien vouloir mettre en place dans la durée un train de réformes supplémentaires, capable de mettre en confiance les créanciers et de restaurer celles des investisseurs car il faut le savoir le tissu industriel est inexistant. Si je résume, la dette passée est effacée sans qu'on veuille l'avouer, l'Europe accepte de financer la Grèce afin que cette dernière mette en place un État capable de se faire entendre et une relance de l'industrie. la seule contre partie est un engagement serieux la part de la Grèce.
Personnellement connaissant le mode de penser des extrémistes de gauche, je suis convaincu que le gouvernement Tsipras joue un double jeu. Jeu qui n'en vaut pas la chandelle tant les risques encourus sont gigantesques. Tsipras et Varoufakis négocient en utilisant la seule arme en leur possession, la mena ce à l'encontre des créanciers. cela est contre productif et tue la confiance nécessaire pour sortir de cette ornière.
a écrit le 10/06/2015 à 16:53 :
La France est un pays particulier, C'est un pays de déficit. Déficit budgétaires (l'endettement de la France a augmenté de 71 milliards d'euro en 2014 tandis que la "croissance" à été de 17 milliards (+0,2 du PIB sur 2014 maintes fois révisé à la baisse par l'Insee...) Le PIB/habitant baisse depuis de nombreuses années. La croissance de la dette et des déficits et la seule croissance qu'enregistre le pays. En général le pays souffre d'un déficit intellectuel singulier. Mr Piliu me semble complètement perdu. Il choisi une année de référence 2010, bien qu'en 2009 il y a eu des évènements économiques qui ont ébranlé la planète entière incluant la France qui a vu sa production industrielle chuté d'environ 16 % depuis 2008. Aujourd'hui le déclin se poursuit et la production industrielle est maintenant inférieure d'environ 17 à 18 % à 2008 (le dernier point le plus haut, tandis que 2010 était -presque- le point de référence le plus bas)
Réponse de le 10/06/2015 à 17:59 :
@2008: t'as pas dû remarquer, mais c'est un article sur la Grèce :-) Tu fais quoi quand tu demandes un steak à ton boucher et qu'il te répond qu'il ne vend pas d'orange :-)
a écrit le 10/06/2015 à 16:51 :
La nomenclatura européenne "accuse et menace", nous assistons avec tristesse et révolte à l'agonie de l'idéal européen qui préfigure le crépuscule de la démocratie.
a écrit le 10/06/2015 à 16:41 :
un tout petit mot sur le voyage de Poutine en Italie ?…. juste par curiosité, voir si le bashing Russie a changé ou pas… :-))
a écrit le 10/06/2015 à 16:33 :
la seule proposition de la grece c'est qu'on annule sa dette et qu'on continue comme avant, et ca fait 5 mois que les petites manipulations durent
ils ont dit des le debut qu'ils ne paieraient rien et ne feraient aucun effort, je ne vois pas pourquoi on discute encore ( meme sapin a dit que si la grece quittait l'euro ca irait aussi)
rammstein a ecrit une chanson ( hilf mir - aidez moi), qui raconte l'histoire d'un gosse qui joue avec des allumettes et finit en fumee
ca pourra devenir l'hymne grecque ! https://www.youtube.com/watch?v=8iVzM1ozKz8
Réponse de le 10/06/2015 à 17:20 :
.... c'est épisode Grecque dure .... c'est aussi long que "les feux de l'amour" ... le suspens dure ! et on on rajoute des épisodes pour que ça dure plus longtemps avec l'argent du contribuable .... sans changer les décors !
a écrit le 10/06/2015 à 16:13 :
Les créanciers ont raison d'ewiger !
a écrit le 10/06/2015 à 16:03 :
Tout ce que je veux c'est que Tsipras et son gouvernement ne cèdent pas. Pas d'accord fin juin, pas de remboursement POINT.
Il n'y a pas de raison d'avoir peur pour les grecs, le défaut ne se fera sentir que faiblement. Ils sont déjà dans des conditions de défaut, alors pourquoi devoir accepter l'austérité des créanciers?? Je le répète encore une fois, c'est pas la Grèce qui attend de l'argent (les grecs n'y verront pas la couleur et sera directement restitué aux créanciers), c'est au contraire les créanciers qui attendant de la Grèce de l'argent. C'est le principal il ne faut pas l'oublier.
Réponse de le 10/06/2015 à 17:28 :
" les créanciers" .... c'est peut être votre banque / état ... parmi d'autres qui a placé vos économie ? Chutttttttttttt on ne veut pas nous le dire !
Réponse de le 10/06/2015 à 17:30 :
s
a écrit le 10/06/2015 à 15:47 :
Il est évident qu'un document de trois pages, c'est un peu court.
Si le dernier paragraphe est correct, il met bien perspective les demandes de la Grèce: allègement de la dette et après on discute: cette position n'est pas acceptable. Si cela résume bien la position de la Grèce, j'espère qu'on ne va pas aboutir à un accord (même bancale) avec à la clé Gexit et pourtant, je suis pour un accord.
Coridialement
Cordialement
a écrit le 10/06/2015 à 15:42 :
La Bank of America ( qu'on ne peut pas accuser d'être des gauchistes ! ) a publié il y a quelque temps une étude où elle conclue qu'en sortant de la zone euro, la Grèce retrouverait 7% de croissance. Selon la même étude, la France aurait en quittant l'euro une croissance à 5% ! Mêmes conclusions pour une étude de la banque Natixis qui conclue : "la France aurait effectivement intérêt à dévaluer sa monnaie" ( ce qu'on ne peut pas faire avec l'euro ). Même son de cloche pour Meryll Lynch. Plus d'une demi-douzaine de prix Nobel d'économie dénoncent l'euro comme une absurdité qui est appelée à disparaitre. Aucun économiste sérieux ne défend plus l'euro. Pourquoi ? Pour fonctionner, la zone euro demanderait que les pays excédentaires ( en gros l'Allemagne ) acceptent de transférer chaque année de 80 à 100 milliards d'euros vers les pays du Sud. On voit bien avec l'exemple grec à quel point on est éloigné d'une telle solution. Il faut sortir de l'euro et de l'UE par l'article 50 du TUE comme le dit l'UPR de F. Asselineau depuis 2007 !
Réponse de le 10/06/2015 à 16:44 :
le cousin yankee sait placer l'ohio sur une carte, par contre il ne sait pas placer la chine ou la france, alors ses analyses macroeconomiques...
concernant la france, l'euro est passe de 1.45 a 1.05 ( 1.15 actuellement), ce qui fait presque 25% de devaluation, et la france va se rendre compte qu'elle n'aura pas15% de croissance, car ses pbs son structurels ( ce dont ne parlent pas trop les modeles macroeconometriques)
pour le reste devaluer c'est bien, vous ne savez pas si vous allez vendre plus ( la france a perdu la moitie de ses entreprises exportatrices depuis 2000) , par contre vous savez de combien vous allez vous appauvrir avec les biens importes!!!
enfin conceptuellement l'idee d'europe c'est d'avoir un geant capable de rivaliser avec les usa sur le haut de gamme, pas d'avoir des pays ' a l'africaine', plus pauvres les uns que les autres et passant leur temps a devaluer et a jouer a l'inflation facon mugabe
Réponse de le 10/06/2015 à 17:37 :
Sortir de l'euro permettrait à la France de dévaluer par rapport à l'Allemagne... Cela n'a rien a voir avec une baisse de l'euro.
Réponse de le 11/06/2015 à 7:58 :
@churchill
Comme dit red2 la baisse de l'euro face au dollar n'a rien à voir avec la sortie de l'euro pour la simple raison que les deux tiers du déficit commercial français est dû aux échanges intra-zone euro. C'est bien dévaluer face à l'Allemagne qu'il faut faire.
a écrit le 10/06/2015 à 15:23 :
hélas on perd son temps.... et c'a coute combien ... la grece veut pas rembourser et veut du fric...ne pas oublier Lenine le capitalisme nous vendra la corde avec lequel on le pendra... rien n'a changé...la masse de dettes mondiales et elle que la dette de la grece n'est rien mais cette épuipe de gansters (je parle de la grece) veut réussir son coup abandonner la dette pour se reendetter et vivre tranquille sur le fric des autres....ca date depuis 1830.... on va pas s'arreter en bon chemin et personne ne leur répond qu'ils ont mentis pour entrer dans l'euro avec la complicité de grands voyous de l'audit;.. et on ne dit rien virons les de l'euro ensuite on vire la France...a pourquoi a nouveau dévaluer....
a écrit le 10/06/2015 à 15:12 :
Cette péripétie a le mérite de la clarté : qu'est ce que ce bazar d'antagonismes baptisé Union Européenne ? Qu'est ce que cet assemblage de vassaux d'un empire américain qui veut universaliser l'hégémonie de son "way of live." ? Qu'est ce qu'un vieux continent aux valeurs dissoutes dans un magma dit mondialisé ? Comment nier que l'on est en pleine guerre mondiale d'abord financière et économique, puis de communication abrutissante, puis militaire par bandes dispersées ?
a écrit le 10/06/2015 à 15:08 :
Non, ne me prenez pas mal, mes amis journalistes, surtout pas, mais à force de tant marteler sur le sujet Grèce et de ses créanciers, ne croyez-vous pas qu'il faudrait au moins innover dans les titres ? :-)

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