Un document publié par Wikileaks sème la pagaille entre Athènes et le FMI

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Le gouvernement grec de gauche accuse régulièrement le FMI de se livrer à une surenchère d'austérité contreproductive.
Le gouvernement grec de gauche accuse régulièrement le FMI de se livrer à une surenchère d'austérité contreproductive. (Crédits : Reuters)
La Grèce a demandé samedi des "explications" au FMI après la publication par Wikileaks d'un document sur les négociations en cours entre Athènes et ses créanciers, dans lequel des représentants du Fonds évoquent en mars un éventuel défaut du pays. Les discussions entre la Grèce et ses créanciers - Commission européenne, FMI, BCE et le fonds de soutien de la zone euro (MES)- doivent reprendre lundi...

Publié le 02/04/2016 à 14:26. Mis à jour le 02/04/2016 à 18:33.

Tôt samedi 2 avril, Wikileaks a publié ce que l'organisation présente comme la transcription d'une conférence téléphonique tenue le 19 mars entre notamment Poul Thomsen, chef du département Europe du Fonds, et Delia Velculescu, chef de mission du FMI pour la Grèce. Ils discutent alors de la stratégie à adopter dans les négociations, alors que le FMI n'a toujours pas donné son accord au dernier plan d'aide à Athènes, les discussions achoppant notamment sur la réforme des retraites et la réforme fiscale.

"Le gouvernement grec exige des explications du FMI pour savoir si la recherche des conditions d'un défaut de la Grèce, peu avant le référendum (sur le maintien ou non dans l'Union européenne), est la position officielle du Fonds", a déclaré la porte-parole du gouvernement grec Olga Gerovassili dans un communiqué.

Peu après, le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras a indiqué que ce dernier allait évoquer cette affaire avec la dirigeante du FMI et les leaders européens.

"Le Premier ministre va immédiatement envoyer une lettre officielle à Christine Lagarde sur cette question", a annoncé son bureau.

"Nous ne faisons pas de commentaire sur des fuites ou de supposés rapports"

Le FMI a réagi rapidement, samedi: "Nous ne faisons pas de commentaire sur des fuites ou de supposés rapports sur des discussions internes", a expliqué l'institution dans un communiqué envoyé par courriel.

"Nous avons indiqué clairement ce que nous pensons nécessaire pour une solution durable aux problèmes économiques auxquels est confrontée la Grèce", a-t-il ajouté, une solution "qui mette la Grèce sur la voie d'une croissance durable, soutenue par une série de réformes crédibles assorties à des allègements de dette par ses partenaires européens".

Et de poursuivre: "Les réformes nécessaires et les objectifs doivent être basés sur des hypothèses crédibles. Comme nous l'avons dit, c'est un compromis entre ce qui est faisable sur les réformes et la quantité d'allègement de dette nécessaire.".

"Qu'est-ce qui va amener au point de décision?"

Pour rappel, d'après le document de WIkileaks, se plaignant de la lenteur des pourparlers et des différences entre les prévisions économiques pour la Grèce des Européens et celles du FMI, M. Thomsen interroge en mars: "Qu'est-ce qui va amener au point de décision? Dans le passé, il n'y a eu qu'une fois où la décision a été prise et c'est quand ils (les Grecs) allaient sérieusement manquer d'argent et être en défaut".

"Et c'est possiblement ce qui va se passer à nouveau. Et dans ce cas ça traîne jusqu'en juillet et clairement les Européens ne vont pas discuter pendant le mois avant le Brexit", ajoute-t-il en référence au référendum britannique du 23 juin.

"Je suis d'accord que nous avons besoin d'un événement, mais je ne sais pas ce qu'il sera", dit un peu plus tard Mme Velculescu.

Reprise des négociations lundi

Les discussions entre la Grèce et le quartet représentant ses créanciers - Commission européenne, FMI, BCE et le fonds de soutien de la zone euro (MES)- doivent reprendre lundi après deux semaines de pause.

Le gouvernement grec de gauche accuse régulièrement le FMI de se livrer à une surenchère d'austérité contreproductive, alors même que son pays doit faire face en première ligne à la crise migratoire.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/04/2016 à 22:54 :
M. Gaudin a écrit là sous anonymat, mais on reconnait bien son style et sa démarche.
a écrit le 02/04/2016 à 21:39 :
Toujours la même rengaine mais que cherchent-ils? qu'ont-ils à gagner à faire subir ça à la Grèce? Le pays et son peuple n'ont-ils pas assez souffert? Quand vont-ils se rendre compte de leurs erreurs? Ou plutôt jusqu'à quand vont-ils continuer à sucer les ressources de la Grèce? J'éprouve un profond dégoût pour cette Unions européenne qui n'en a que le nom...
Réponse de le 03/04/2016 à 10:16 :
Fleur bleue?
a écrit le 02/04/2016 à 21:33 :
le fmi c'est le FGDR
c'est à dire une blague

personne n'en a plus rien à f@utre: qu'ils crevent
a écrit le 02/04/2016 à 21:26 :
trump a dit que l'otan était obsolète (par pour tous le monde ...puisque l'otan a permis de deporter des millions de migrants)
le fmi c'est pareil
a écrit le 02/04/2016 à 19:25 :
La Grèce nous reprochera un jour ce que nous lui faisons subir (même si elle n'a pas le nez forcément propre non plus). Surtout que la baisse des taux d'intérêt qui nous a profité notamment en 2015 résulte pour beaucoup de l'augmentation des contraintes d'austérité imposées à certains pays, dont la Grèce...

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