Zone euro : le spectre de la déflation se matérialise

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L'inflation s'est établie à 0,1% en Allemagne comme en France en août.
L'inflation s'est établie à 0,1% en Allemagne comme en France en août. (Crédits : MICHAELA REHLE)
Eurostat a révisé à la baisse ses estimations pour le mois d'août. L'inflation n'a pas été de 0,2%, stable par rapport au mois précédent, comme initialement prévu, mais de 0,1%.

L'inflation en zone euro a été encore moins soutenue que prévu le mois dernier. En août, elle a ralenti à 0,1%, alors que selon une première estimation elle s'était établie à 0,2%, stable par rapport au mois précédent, a indiqué mercredi 16 septembre l'office européen des statistiques Eurostat en révisant cet indicateur à la baisse.

En août 2014, l'inflation s'élevait à 0,4%.

Une mauvaise nouvelle pour la BCE

Ce ralentissement de l'inflation, qui est quasiment à l'arrêt, est une "mauvaise et inquiétante nouvelle pour la Banque centrale européenne", a constaté Howard Archer, analyste chez IHS. La BCE vise à moyen terme un taux légèrement en dessous de 2%, et le chiffre révisé en août fait resurgir le spectre de la déflation.

"L'actuelle faiblesse des prix du pétrole et des matières premières signifie qu'il y a un risque très réel que la zone euro puisse bientôt être confrontée à une douce déflation", a mis en avant Howard Archer.

Si l'analyste estime néanmoins "hautement probable que la zone euro évitera la déflation et que l'inflation reprendra progressivement pendant les derniers mois de 2015", il prédit que l'inflation ne pourra pas atteindre 2% avant 2018.

Un programme de rachat d'actifs qui pourrait être étendu

Pour faire repartir l'inflation, l'institut monétaire a mis en place un vaste programme de rachat d'actifs et rachète depuis mars environ 60 milliards d'euros de dettes - principalement publiques - chaque mois. Il vise au total 1.140 milliards d'euros de rachats d'ici à septembre 2016.

Ce programme dispose de "flexibilité concernant sa taille, sa composition et sa durée", a rappelé début septembre le président de la BCE, Mario Draghi, évoquant d'ores et déjà la possibilité de l'étendre au-delà de septembre 2016 "si nécessaire". Et "il n'y a pas spécialement de limites dans la capacité qu'a la BCE d'augmenter la voilure de sa politique monétaire", à part celles de son mandat, a assuré le banquier central.

L'énergie voit son taux négatif se creuser

Sans surprise, c'est le secteur de l'énergie qui a le plus pesé sur l'inflation en août, avec un taux négatif de 7,2% (révisé) contre -5,6% en juillet. Parmi les autres composantes, le secteur "alimentation, boissons alcoolisées et tabac" a vu ses prix progresser de 1,3% (révisé), les services de 1,2%, tandis que les produits industriels non énergétiques ont vu leurs prix progresser, comme en juillet, de 0,4% (contre 0,6% lors de la première estimation).

Par pays, les taux les plus faibles ont été observés à Chypre (-1,9%), et en Lituanie (-1,0%). Les taux les plus élevés ont quant à eux été enregistrés à Malte (1,4%), en Autriche (0,9%) et en Belgique (0,8%). L'inflation s'est établie à 0,1% en Allemagne comme en France en août.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 24/09/2015 à 15:28 :
Il y aurait des spectres. C’est amusant l’économie, l’Etat n’a-t-il pas supprimé l’existence de millions de chômeurs. Ne devrait-on sanctionner l’Europe du chômage, de l’incurie administrative alors que des centaines de milliers de chômeurs seraient radiés. N’avons-nous pas une Europe terroriste et criminelle en matière d’emploi ou de croissance ? Pour le chômage annoncé à 60% chez les diplômés qui augmente depuis le début de la législature, on peut imaginer une vindicte générationnelle alors que des boomsters seraient tapés, est-ce sur la tête ou dans la tête ? N’avons-nous pas un régime immoral alors qu’on parle de Tanguys et de génération pigeon.
a écrit le 24/09/2015 à 15:08 :
Pour la question de la politique d’offre qui n’existerait pas, y aura-t-il une vindicte électorale pour la nullité de la croissance ?
Sommes-nous chez les fous?
a écrit le 24/09/2015 à 14:17 :
La déflation est une excellente nouvelle pour le pouvoir d’achat. L’Etat ne fait-il pas creuver la société dans le chômage de masse. Ne devrait-on supprimer un Etat Moloch sous compétitif alors qu’on parle sureffectifs publics. Ne fait-on pas du féodalisme fonctionnaire sur le dos de salariés précaires. Avons-nous un casus belli alors qu’on importerait des conflits internationaux, on serait pour une guerre contre les français ? N’avons-nous pas une Europe terroriste à mettre en examen ? On parle de magie keynésienne, l’Etat brimerait la consommation des ménages ? On parle d’un raz le bol pour les impôts, on bouterait le feu aux impôts ?
a écrit le 19/09/2015 à 15:12 :
Nous voilà bien !
Donc deux solutions : une mort lente par la déflation ou une mort rapide par la hausse des taux et la faillite. Préparez-vous.
a écrit le 16/09/2015 à 20:04 :
"Une mauvaise nouvelle pour la BCE"
C'est surtout le constat que la BCE-Merkel nous a mise dans le mur avec son austérité et ses économies, alors qu'il fallait, comme les US et les UK, dès le départ de la crise, faire marcher la planche à billet pour maintenir le niveau de investissements.
Elle est belle la politique de l'offre avec les BRICS, principaux marchés pour les exportations extra-UE, qui déjantent et ne consomment plus!
Combien sont ils payés ceux qui pilotent l'Europe? Combien sont-ils?
Est-ce qu'ils sont élus démocratiquement? Non, donc ils n'ont pas de comptes à rendre! Circulez citoyens, y'a rien à voir!
a écrit le 16/09/2015 à 18:35 :
si la déflation était avérée les salaires baisseront plus vite qu'ils n'ont augmentés pendant l'inflation et les modes de consommation vers la décroissance pourraient s'accélerer et ça n'est pas une bonne nouvelle pour notre société
a écrit le 16/09/2015 à 16:55 :
La baisse du prix du pétrole incontestablement induit en recul ce qui avait été gagné en levier lors de sa fabuleuse augmentation. Reste aux entreprises ainsi propulsées et auxquelles on a retiré l'échelle de prouver qu'elles sont capables de voler solo. Les Q.Es sont là en soutien pour les inciter à prendre des risques. Après avoir lorsqu'il était possible réglé les problèmes financiers elles jouent la carte prudente des plus ou moins grosses fusions. Par exemple ce jour celle annoncée du belge Inbew avec SABMiller le Sud Africain détenu en large partie par un cigarettier américain, prélude peut-être à de nouvelles consolidations dans ce domaine. Selon la plaisanterie 2+2=3, ces regroupements portent aussi une part régressive. Il faudra bien des efforts pour dépasser ces éléments contraires.
a écrit le 16/09/2015 à 15:40 :
"L'énergie voit son taux négatif se creuser
Sans surprise, c'est le secteur de l'énergie qui a le plus pesé sur l'inflation en août, avec un taux négatif de 7,2% (révisé) contre -5,6% en juillet. "

Curieux, en 1 an ma consommation d'électricité a baissé de 10 % alors que ma facture a augmenté de 6 %.
a écrit le 16/09/2015 à 15:03 :
Une inflation proche de 2% se justifie comme protection contre une déflation qui retarde les investissement et ainsi ralentit l'économie. Si par contre, le taux d'inflation faible n'est qu'une moyenne largement influencée vers le bas par un secteur indifférent pour l'investissement, cet objectif est à réviser.
a écrit le 16/09/2015 à 14:14 :
On ne peux pas demander de l austérité et de l inflation en même temps . Si les boîtes n augmentent pas les salaires ou que la pression fiscale ou que les divers taxes n augmentent pas alors on tourne en rond . Les gens épargnent .
Réponse de le 16/09/2015 à 15:18 :
Effectivement, salaire qui baisse ou stagne depuis des années ... je sais donc que demain sera pire, j'économise le moindre sou ... mon crédo "tout ce qui n'est pas gratuit est trop cher" donc achat minimum vital, d'ocaz quand c'est possible. Et au fond je m"apperçois que je ne vis pas moins bien.
Adieu la surconsommation, vive la décroissance
Réponse de le 16/09/2015 à 18:32 :
Etant donné qu'un salarié a besoin de près de 500€ de plus par mois pour vivre comme il le souhaite, il n'est pas étonnant de le voir épargner les augmentations jusqu'à atteindre cette valeur.
Etant donné que les augmentations sont de 0%, on va mettre très longtemps a avoir le pouvoir d'achat dont on a besoin pour consommer.

Mais bon, la logique actuelle c'est de dire que les salaires sont trop élevés, alors faut pas s'étonner de ne pas voir la consommation repartir à la hausse.

Pour ma part, je vais de plus en plus dans les magasins de déstockage.
Pourquoi payer des vêtements de marque très cher alors qu'ils sont "made in China"? Aucun intérêt. Si la fabrication était française, là je comprendrais que ce soit plus cher.
C'est comme les voitures made in Turkey. Moi, je ne veux pas acheter ça à plus de 5000€. Au dessus, le rapport qualité/prix n'est pas là.
Réponse de le 18/09/2015 à 10:20 :
Les salaires n'augmentent pas pour ceux qui gardent leur boulot, mais ils disparaissent pour ceux qui les perdent !

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