Nucléaire : Sarkozy et Cameron donnent un coup d'accélérateur aux projets d'EPR au Royaume Uni

 |   |  556  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le Premier ministre britannique et le chef de l'Etat français veulent signer un partenariat "historique" dans l'énergie nucléaire. Un "énorme enjeu" estime EDF, en pole position dans la course au renouvellement du parc nucléaire Outre-Manche.

EDF et Areva peuvent se frotter les mains. Les projets des deux groupes français de construire plusieurs EPR (réacteurs nucléaires dits de troisième génération) au Royaume-Uni se sont encore un peu plus concrétisés lors du sommet franco-britannique, qui a donné lieu vendredi à la signature d'une série de contrats liés au programme nucléaire outre-Manche. "Lors de notre dernier sommet, nous avions signé un partenariat historique dans la défense. Aujourd'hui, nous avons la même ambition pour l'énergie nucléaire", a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron, avant d'être reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy.

Le plus gros investissement d'une entreprise française dans un pays 

"C'est un énorme enjeu, nous sommes au début d'une grande aventure", s'est enthousiasmé dans une déclaration à l'AFP le patron d'EDF, Henri Proglio, à l'issue d'une visite de David Cameron au siège du groupe, en présence du patron d'Areva, Luc Oursel. Le projet de construire jusqu'à quatre nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni "est un engagement extrêmement lourd, sans doute le plus gros investissement décidé par une entreprise française dans un seul pays", a insisté Henri Proglio.

Un contrat de 120 millions d'euros entre EDF et Kier BAM

Au total, les accords signés comprennent un contrat entre EDF et l'entreprise de génie civil britannique Kier BAM, d'un montant de 100 millions de livres sterling (120 millions d'euros), un protocole d'accord avec Areva pour la livraison, entre autres, de chaudières nucléaires, et un accord sur un investissement de 15 millions de livres sterling pour la création d'un centre de formation international, en partenariat avec le Bridgewater College, à Somerset.

Plus de 1.500 emplois créés au Royaume-Uni

L'idée est d'associer le plus étroitement possible les entreprises britanniques aux projets de construction de réacteurs EPR poursuivis par EDF et Areva au Royaume-Uni, afin de maximiser les retombées économiques locales du programme de renouvellement du parc nucléaire outre-Manche, qui prévoit qu'une nouvelle génération de centrales atomiques entre en service à la fin de la décennie. Ce marché pourrait peser au total quelque 60 milliards de livres. "Les accords signés aujourd'hui vont créer plus de 1.500 emplois au Royaume-Uni", s'est félicité David Cameron. 

EDF en pole position

Côté français, les projets d'EDF, qui a racheté l'exploitant de centrales British Energy, sont de loin les plus avancés. En novembre, sa demande de construire deux premiers EPR à Hinkley Point, au sud de l'Angleterre, avait été jugée recevable par les autorités britanniques, qui rendront leur décision formelle fin 2012. EDF prévoit une mise en service du premier réacteur fin 2018 ou début 2019, celle du second devant intervenir mi-2020. Les dates définitives seront arrêtées fin 2012. En décembre, l'EPR d'Areva et le réacteur concurrent AP1000 de Westinghouse avaient été déclarés provisoirement aptes au service. Une certification préliminaire qui devrait être confirmée en juin.

GDF Suez est également de la partie

Par ailleurs, un consortium formé par les allemands EON et RWE, appelé Horizon Nuclear Power, et un autre alliant le français GDF Suez à l'espagnol Iberdrola, baptisé NuGen, entendent eux aussi construire des EPR ou des AP1000, censés entrer en service à partir de 2023 et 2025, respectivement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/02/2012 à 18:36 :
Pourquoi vouloir finaliser et engager la France en cette pèriode électorale alors qu'une majorité nouvelle se dessine. Le président sortant, conscient de son départ, essaye encore une fois de nous contraindre. Nous n'aurons jamais eu au cours de la 5 ème république un président aussi peu respectueux des règles de la démocratie. Il pourra toujours s'élever par la suite, si ces contrats sont dénoncés, mais il devra se souvenir alors dans quelles conditions il laura engagé la signature de la France.
a écrit le 19/02/2012 à 12:43 :
Tellement plus facile pour des gouvernements au bord du gouffre de jouer les Kakous en signant des gros contrats...énormes masses d'argent qui facilitent surtout et d'abord le financement des campagnes électorales !

Ensuite quand les Anglais calculeront le coût de la prime d'assurance pour couvrir le risque d'accident à Hinkley Point un jour de vent d'ouest qui entrainerai l'évacuation de Londres ils déchanteront peut être.

Vous allez me dire: "c'est pas une zone sismique ! y'a jamais eu de tsunami en GB"...sauf il y a 8000 ans quand la glace du groenland fondait (100 fois plus lentement qu' aujourd'hui) et que ça a relancé la tectonique dans l'atlantique nord, ça s'appelle: "Tsunami Storegga". Mais bien entendu ceci n'a aucun rapport avec ce passe actuellement et qui va s'amplifier dans les prochaines années...
a écrit le 19/02/2012 à 9:20 :
mais pourquoi les centrales nucléaire n'évoluent elles pas vers un combustible tel que le thorium ( qui n'a pas les inconvéniants de l'uranium déchet et controle de fusion) cette question n'est jamais posé par les journalites , feraient ils leur travail à moitié ?
Réponse de le 19/02/2012 à 10:55 :
Il s'agit d'une technologie différente (utilisation de sels fondus et de neutrons thermiques ou de neutrons rapides comme Superphénix hum hum), qui peut en effet avoir un intérêt au niveau des déchets produits (moins de transuraniens, mais n'est pas la panacée et demande tout de même de l'U235 et du Pu pour initier la réaction) qui ont cependant une radiotoxicité à long terme.

Par contre certains types de réacteurs au Thorium pourraient être utilisés pour "bruler" les actinides produits par les réacteur classiques.
a écrit le 19/02/2012 à 8:21 :
Les sarcasmes a pare,
Il semble, quand déplaise au écologiste-pacifiste, que l?énergie atomique reste se qu?il y a de meilleur marché. Nouvelle construction en GB, au USA, prolongation de vie en Espagne.
Dans tout les cas, je ne crois pas que nous ayons mieux? Le vent ou le solaire cela coute très chère et sa ne produits peu a vrais dire. Dans tout les cas rien en commun avec nos besoins.
Donc la fermeture de 50% de nos centres est de la folie douce, purement et simplement.

Réponse de le 19/02/2012 à 10:21 :
Il est consternant de constater que pour la grande majorité des français et des incompétents qui les informent, il n'y a que le fric qui compte. Pauvre France !
Jean-Claude Meslin
Réponse de le 20/02/2012 à 5:47 :
Ce qui est consternant, c'est que vous tiriez des généralités sur "la grande majorité des Français" à partir d'une seule remarque - remarque provenant d'ailleurs d'un lecteur qui n'affirme rien péremptoirement mais s'interroge. Il nous dit que, pour un prix prohibitif les solutions alternatives ne produisent rien, et ne sont en conséquence pas des sources d'énergie sur lesquelles on peut fonder une politique. C'est peut-être faux (mais vous n'apportez aucun élément pour le démentir), mais c'est une remarque de faisabilité technique, pas une histoire de gros sous. Vous pouvez être en désaccord avec ce lecteur, mais soyez assez courtois pour le lire avant de l'insulter, est assez fin pour éviter vos généralités sur les peuples, qui n'ont pas le moindre sens.
a écrit le 18/02/2012 à 13:27 :
un EPR en grande-bretagne ??? bon d'accord nous n'aimons pas les anglais, mais là c'est vraiment de la méchanceté de notre part :-)))
Réponse de le 18/02/2012 à 16:10 :
C'est pour les punir de ne pas avoir voulu entrer dans la zone euro probablement!
Réponse de le 29/02/2012 à 16:10 :
Ce sont des Anglais peut-être mais ce sont des êtres humains ;-).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :