Numérique, Défense : les autres secteurs bénéficiaires du nouveau Grand emprunt

Plus de 1,5 milliard d'euros seront affectés au Budget de la Défense, comme l'avait révélé La Tribune et 1,3 milliard à l'aéronautique. L'économie numérique aura une rallonge de 615 millions d'euros, axée sur les technologies clés, les usages et les nouveaux quartiers jouant le rôle d'accélérateur pour les start-ups. Un fonds souverain de brevets serait envisagé.

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L'avion de transport militaire européen, l'A400M, développé par EADS, pourrait bénéficier du programme d'investissements d'avenir Copyright Reuters
L'avion de transport militaire européen, l'A400M, développé par EADS, pourrait bénéficier du programme d'investissements d'avenir Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Du "green" au kaki... il n'y avait qu'un pas que le gouvernement a franchi mais le plus discrètement possible. Comme La Tribune l'avait révélé, le nouveau "PIA" (programme d'investissements d'avenir) servira bien à combler les trous du budget de la Défense défendu par Jean-Yves Le Drian, et plus exactement le programme 146 (Equipements). Le gouvernement n'en a pas fait mardi une publicité énorme lors de la présentation des investissements de demain. Le discours du Premier ministre ainsi que le dossier de presse ont été très, très discret sur ce point. "Le PIA poursuivra son engagement en faveur de l'excellence technologique de nos industries aéronautiques, spatiales et de défense, qui exportent, qui embauchent, et dont les savoir-faire de pointe irriguent l'ensemble de l'économie", a simplement expliqué le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Une petite phrase noyée dans un discours plus axé sur les investissements "verts".

Pourtant, l'enveloppe consacrée aux industries de défense représente une jolie somme de 1,5 milliard d'euros. Soit la quasi-totalité des 1,8 milliard d'euros de recettes exceptionnelles (REX) attendues pour le budget de la Défense en 2014. En outre, il faut ajouter le montant de 1,3 milliard pour des programmes aéronautiques civils et spatiaux. Soit au total 2,8 milliards d'euros pour développer les « technologies de pointe » dans ce « domaine d'excellence avéré de l'industrie française », selon le dossier de presse de Matignon. « Ces technologies garantissent l'excellence des entreprises dans ces domaines et se diffusent ensuite à toute l'industrie ». Dans l'industrie aéronautique, qui est « fortement exportatrice et créatrice d'emplois », le PIA soutiendra notamment « les développements technologiques des derniers programmes permettant de réelles améliorations au plan environnemental : diminution du poids, réduction significative de la consommation de carburant, réduction des émissions de CO2 ou d'oxydes d'azote, recyclage des matériaux composites... »

Pari gagné pour Jean-Yves Le Drian

"Les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous", avait assuré un peu avant le salon aéronautique du Bourget (17-23 juin) Jean-Yves Le Drian en dépit d'une contrainte budgétaire de plus en plus forte. "J'ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je les ai, et j'ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je les aurai". Pari gagné. Concrètement, ces investissements d'avenir permettront de développer de nouveaux systèmes embarqués des avions de demain (Airbus, Dassault Aviation...), la propulsion électrique pour les satellites (Astrium et Thales Alenia Space), les futurs hélicoptères (Eurocopter), les évolution du lanceur Ariane (Astrium), la simulation et la modélisation numériques avancées et enfin le cryptage des communications.

Technologies, usages et quartiers numériques

Le numérique justement, sur lequel veille la ministre déléguée Fleur Pellerin, devrait récupérer 615 millions d'euros de cette « recharge » du nouveau PIA. Et ce sans compter les 2,4 milliards de rallonge au déploiement de la fibre optique prévue dans le nouveau plan Très haut débit, qui sera issue de la vente de fréquences aux opérateurs mobiles pour la 4G (réutilisation du spectre 1800 Mhz). L'enveloppe devrait être répartie en trois tiers, croit savoir un haut fonctionnaire : un premier volet portera sur les technologies perçues comme le c?ur de filière du numérique, déjà citées dans la feuille de route numérique gouvernementale présentée en février, à savoir les « Big Data » (l'analyse des grandes masses de données), les objets connectés, le "cloud computing" (informatique à distance) et la simulation (calcul intensif). Un autre tiers devrait aller aux usages (e-santé, e-éducation, ville connectée, etc). Le dernier tiers ira à la création de « quartiers numériques » de référence, tels que le futur Paris Capitale Numérique à la Halle Freyssinet (rachetée par Xavier Niel, le richissime fondateur de Free), dans une logique de co-investissement avec les partenaires privés. Ces quartiers bénéficieront d'un programme de soutien pour assurer leur visibilité au niveau national et international, qui pourrait atteindre une quinzaine de millions d'euros.

Un fonds souverain de brevets ?

La partie dévolue à l'innovation, à savoir 550 millions de rallonge sur le thème « innover pour l'industrie durable », n'a pas été encore détaillée. Mais il est envisagé de créer un fonds national d'innovation, visant à expérimenter, avec BpiFrance, de nouvelles formes d'aides, axées sur le marketing et le design par exemple. Le gouvernement songe aussi à créer un « fonds souverain de brevets », qui serait porté par France Brevets, une co-entreprise de l'Etat et de la Caisse des Dépôts, et qui aurait vocation à se porter acquéreur de brevets dans des domaines stratégiques. « L'idée n'est pas de nationaliser les brevets » décrypte une source bien au fait du projet, mais de mettre en place un « outil offensif » en matière de propriété intellectuelle, permettant aux PME de ne pas être affaiblies ou freinées par la guerre que se livrent certains grands groupes étrangers (Apple, Samsung, Google) sur ce terrain.

 

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Commentaires 10
à écrit le 10/07/2013 à 13:58
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si on emprunte, c'est qu'on a un bon retour sur investissement, des projets porteurs dont les gains compensent largement la dépense... vous avez vu un bout de business plan qui démontre tout ça ??? rien ! je comprends que Ayrault soit un nouvel arriv...

le 10/07/2013 à 14:58
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vous avez totalement raison. voir la déclaration de Le Branchu, le mille feuille coûretait entre 4 et 7 milliards !!! dans une entreprise, si on prend des dispositions de rationalisation, c'est pour faire des gains, dans le monde politique la rationa...

à écrit le 10/07/2013 à 13:06
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Bonne chose,on va pouvoir refaire un logiciel de paye digne de ce nom,ne m'appelez plus jamais "Louvois". C'est ma dernière volonté,c'est comme le transatlantique,il a sombré.

à écrit le 10/07/2013 à 9:49
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Cela confirme que l'on prend les Français pour des "crétins" ,le manque de courage d'annoncer les dépenses. belle magouille politique !!!!!. soit cela est utile , et on a le courage de le dire .....ne vous étonnez pas que le peuple ne fasse plus con...

le 10/07/2013 à 15:54
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Faut arreter la mauvaise foi! Si un ministere peut bien avoir cette somme s'est bien celui de la defense , l'armée en général à trop souffert de la suppresion de 80 000 postes en 10 ans , pour un 1 euros investi , 1.5 euros de gagner en bout de chain...

à écrit le 10/07/2013 à 9:01
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Investissement pour l'avenir pour boucler les dépenses du passé. C'est n'importe quoi. Vive la communication.

à écrit le 10/07/2013 à 8:58
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Xavier Niel n'est pas "richissime", c'est n'importe quoi. L'auteur du texte roulerait-il pour les 3 opérateurs spécialistes de l'entente sur les prix ?

le 10/07/2013 à 9:45
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6,6 milliards de dollars, 179 ième fortune mondiale. C'est quoi votre définition de richissime ?

le 10/07/2013 à 9:50
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C'est vai que 6,6 Mds de dollars (wikipedia), ce n'est pas "richissime" ...surtout pour un roi ...

à écrit le 10/07/2013 à 8:39
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Ben voila, notre Ministre de la Defense a trouve comment boucler son budget, j'suis content pour lui mais moins pour les finances de la France.

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