Les introductions en Bourse font leur "come-back" en Europe

Depuis le début de l’année, les 173 IPO qui ont lieu en Europe ont permis de récolter 11,7 milliards d’euros, une somme déjà supérieure aux 11,2 milliards levés sur l’ensemble de l’année 2012.
Christine Lejoux
Le marché européen des introductions en Bourse s'est élevé à 3 milliards d'euros, de juillet à septembre, un montant 8 fois supérieur à celui du troisième trimestre 2012. REUTERS.
Le marché européen des introductions en Bourse s'est élevé à 3 milliards d'euros, de juillet à septembre, un montant 8 fois supérieur à celui du troisième trimestre 2012. REUTERS. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

En Europe, les projets actuels d'introductions en Bourse sont ceux de tous les superlatifs. Lundi 14 octobre, le russe Alrosa - le premier producteur de diamants au monde - a indiqué que la cotation prochaine de 16% de son capital s'effectuerait à un prix situé entre 35 et 38 roubles (0,80 à 0,87 euro).

Une fourchette qui valorise cette participation à 1 milliard d'euros, et l'ensemble du groupe à près de 6 milliards. Résultat, la privatisation partielle d'Alrosa n'est autre que l'une des plus importantes ouvertures de capital de sociétés publiques, cette année.

C'est également dans le cadre d'une privatisation que Royal Mail fera connaissance avec la Bourse, mardi 15 octobre, après les premiers échanges conditionnels réservés aux investisseurs institutionnels, qui ont eu lieu le 11 octobre. Sur la base d'une valorisation globale de 3,9 milliards d'euros, l'IPO (Initial public offering) du groupe postal britannique, vieux de près de 500 ans, sera la plus importante privatisation depuis l'ère Tatcher-Major.

 Au troisième trimestre, le marché européen des IPO a été multiplié par plus de huit

Avec ces deux opérations "en soute", le quatrième trimestre s'annonce d'aussi bonne facture que les trois précédents, en Europe. De juillet à septembre, 52 sociétés ont fait leurs débuts en Bourse sur le Vieux Continent, levant 3 milliards d'euros, un montant plus de huit fois supérieur à celui des capitaux engrangés au troisième trimestre 2012, selon une récente étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). Mieux, depuis le début de l'année, les 173 IPO qui ont lieu en Europe ont permis de récolter 11,7 milliards d'euros, une somme déjà supérieure aux 11,2 milliards levés sur l'ensemble de l'année 2012.

Si les entreprises reprennent le chemin de la Bourse, c'est parce que les "conditions de marché", comme on dit dans le jargon des investisseurs, se sont nettement améliorées, avec un rebond de 20% de l'indice Dow Jones Euro Stoxx 50, au cours des douze derniers mois, et une volatilité redevenue faible.

Conséquence, les États se sont engouffrés dans la brèche, afin de mener à bien des privatisations susceptibles de regonfler leurs finances. Tout comme les fonds de capital-investissement, qui ont vu dans cette remontée des marchés l'opportunité de céder enfin, dans des conditions relativement raisonnables, des participations acquises à prix d'or avant la crise financière de 2008.

 Le marché des introductions en Bourse est tiré par le private equity

De fait, sur les 11,7 milliards d'euros levés en Europe depuis janvier grâce à des introductions en Bourse, la moitié environ provient de transactions initiées par des fonds de capital-investissement.

Et si la dynamique des introductions en Bourse demeure "prometteuse pour l'année à venir", c'est justement parce que "des sociétés financées par le private equity devraient faire leur entrée sur les marchés", affirme Philippe Kubisa, associé chez PwC.

Comme, par exemple, le numéro trois mondial des revêtements de sol Tarkett, qui entrera à la Bourse de Paris dans les prochaines semaines, à la faveur de cessions de titres par le fonds américain KKR, présent au capital du groupe depuis 2007.

La Bourse de Paris reste en retrait

Cette IPO, évaluée à 2,5 milliards d'euros d'après le Financial Times, aiderait à redorer le blason d'une Bourse de Paris "qui reste en retrait, par rapport aux autres grandes places internationales", souligne Philippe Kubisa.

En effet, c'est Londres qui s'est arrogé le rang de premier marché européen pour les introductions en Bourse, devant Francfort et Dublin, au troisième trimestre. Et ce, avec 1,7 milliard d'euros de capitaux engrangés, soit plus de la moitié du total des fonds levés sur le Vieux Continent de juillet à septembre.

Mais Paris pourrait bientôt refaire une partie de son handicap, car, outre celle de Tarkett, les IPO de Numericable, de SFR et d'Euronext se profilent à l'horizon.

Christine Lejoux

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Commentaires 3
à écrit le 08/11/2013 à 21:23
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Tarkett? candidat pour la faillite.

à écrit le 14/10/2013 à 18:18
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"Les introductions en Bourse font leur "come-back" en Europe"!!! Serait-il obscene de dire un "Les introductions en Bourse font leur retour en Europe"?

à écrit le 14/10/2013 à 16:48
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dfdf

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