Le Crédit agricole transforme l’ex-siège de l’UMP en une pépinière de start-up

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Les huit étages du 55, rue La Boétie, dans le 8ème arrondissement de Paris, accueilleront une centaine de start-up, dans le cadre du projet de village de l'innovation lancé par le Crédit agricole. REUTERS.
Les huit étages du 55, rue La Boétie, dans le 8ème arrondissement de Paris, accueilleront une centaine de start-up, dans le cadre du projet de "village de l'innovation" lancé par le Crédit agricole. REUTERS. (Crédits : Reuters)
Le Crédit agricole, avec des partenaires comme Orange et HP, ouvrira en juin un "village de l’innovation" au 55, rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris. Celui-ci accueillera une centaine de start-up, principalement dans la domotique, la santé, l’environnement et l’agroalimentaire.

Avis aux start-up. En juin, une nouvelle pépinière d'entreprises ouvrira ses portes à Paris, au 55, rue La Boétie, dans le 8e arrondissement, en plein quartier des affaires. Cet immeuble de huit étages va voir sa vocation changer sensiblement, puisqu'il abrita le siège social de l'UMP durant dix ans, jusqu'en 2011. Son propriétaire, le Crédit agricole, a décidé d'en faire un "village de l'innovation." Concrètement, les 5.000 mètres carrés du 55, rue La Boétie hébergeront - à terme - une centaine de jeunes pousses innovantes, sélectionnées en fonction de la solidité de leur projet.

 L'objectif : leur prodiguer des conseils, notamment juridiques et financiers, leur permettre d'exposer leurs réalisations au sein d'un showroom, et d'échanger, aussi bien avec d'autres entreprises qu'avec des chercheurs, sur le modèle des "fab labs" américains, ces ateliers qui aident les inventeurs à accoucher de leurs projets. Le tout afin de "faciliter le démarrage des start-up", indique Bertrand Corbeau, directeur général de Fédération nationale du Crédit agricole. Qui précise que les business angels et autres investisseurs potentiels "sont les bienvenus" rue La Boétie.

Un loyer annuel qui n'excèdera pas 600 euros le m2

Ce "village de l'innovation", la banque verte ne le bâtit pas seule, mais avec des partenaires comme l'opérateur de télécommunications Orange, le spécialiste des terminaux de paiement Ingenico, le constructeur d'ordinateurs HP, ou bien encore le fabricant de volets roulants Somfy. Si la participation financière de ces entreprises à la rénovation du 55, rue La Boétie - et, plus globalement, à la conception de la pépinière - demeure confidentielle, au moins sait-on qu'elle permettra d'assurer un loyer compétitif aux start-up.

 En effet, le loyer annuel tout compris (location de salle de visioconférence, utilisation de photocopieuses, etc.) n'excèdera pas 600 euros le mètre carré. "Un montant qui se situe dans le haut de la fourchette des tarifs pratiqués par les pépinières de la région Ile-de-France, mais qui est inférieur de moitié au prix du marché, dans le huitième arrondissement de Paris", assure Bertrand Corbeau.

 Favoriser le développement de l'innovation "au sens large"

 Si le Crédit agricole s'est entouré de partenaires issus de secteurs divers, c'est parce que la pépinière La Boétie n'a pas vocation à faire émerger des innovations dans le seul univers bancaire, mais également dans les domaines de la domotique, de l'environnement, de la santé et de l'agroalimentaire. L'idée étant de

"fabriquer un écosystème de l'innovation, au sens large, de créer un lieu où pourront se rencontrer tous ceux qui se préoccupent d'innovation et de croissance économique",

précise Bertrand Corbeau. Et d'expliciter : "Nous voulons aider à faire le lien entre innovation et économie, faire en sorte que les innovations se traduisent le plus rapidement possible par des applications concrètes dans l'économie."

Un modèle de pépinière appelé à se répliquer en régions

 Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux prononcés par Fleur Pellerin, la ministre en charge des PME et de l'économie numérique, lors de la présentation du plan de soutien à l'innovation, début novembre. De fait, en favorisant le développement de l'innovation, le Crédit agricole poursuit le même objectif que le gouvernement, à savoir la relance de l'économie.

"La santé d'une banque et celle d'un territoire sont étroitement associés. Or le développement de l'innovation favorise la croissance économique. Cet écosystème de l'innovation représentera donc un cercle vertueux pour nous",

explique Bertrand Corbeau. En clair, des entreprises innovantes, qui fonctionnent bien, ce sont des crédits en plus pour les banques. C'est dire si le modèle de la pépinière La Boétie est appelé à se répliquer en dehors de l'Ile-de-France, compte tenu de l'ancrage très fort du Crédit agricole dans les régions.

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Commentaires
a écrit le 19/02/2014 à 21:48 :
Drôle de projet?

Les startups ont surtout besoin de s'insérer dans des cluster...

Donc soit le CA fait de la pure spéculation, mais ne veut pas que ses locaux restent vides, soit ils ont surpayé un financement déguisé de l'UMP, et ne savent que faire de ces locaux. Le projet a l'air bien peu rentable.

En tout cas à l'heure ou les entreprises ont des difficultés à se financer, cet achat est une provocation envers les PME (encore plus en 2011!)!
a écrit le 24/01/2014 à 21:56 :
pourquoi pas en pissotiere
a écrit le 23/01/2014 à 11:53 :
Quelle Idée.
Alors que nos campus ont besoin,d'activités de pointe,de recherche,d'application et autres développements,pour le fun ,on met une centaine de Start-up,du moins de nom,au beau milieu d'un monde ignorant l'activité économique de base.
et en plus à quel prix???Il va en falloir des brevets pour atteindre la rentabilité et la mise en production;
dans le genre foutage de gueule,on ne fait pas mieux.
Réponse de le 24/01/2014 à 16:38 :
C'est du placement immobilier, ni plus ni moins. Que ce soit des startups ou startdowns, le Crédit Agricole s'en contre-fiche tant que des loyers sont encaissés.
a écrit le 22/01/2014 à 20:24 :
je viens de recevoir le résultat de mon assurance vie crédit abricole : 1.47%
Au moins je sais où passe le pognon !
Réponse de le 24/01/2014 à 16:34 :
Le Crédit Agricole est pingre sur votre contrat (en euro?) car la concurrence verse 2 % pour le risque d'un OPVCM. Vous n'oublierez pas de déclarer vos intérêts au fisc comme bon nombre de français...
Réponse de le 24/01/2014 à 18:29 :
correction: OPCVM
a écrit le 22/01/2014 à 20:09 :
Ça va être un vrai changement d'ambiance... On sait qu' l'UMP était un peu fâché avec les économies et vu son électorat (des vieux plutôt friqués), pas révolutionnaire dans l'âme. :)
a écrit le 22/01/2014 à 19:36 :
Il faudra être une riche start-up, quoiqu'il est écrit, pour démarrer rue de La Boétie ...

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