Mic-Mac aux entrepôts de métaux

Le London Metal Exchange s'interroge sur la transparence de ses entrepôts de métaux. Soit 600 lieux à travers le monde où sont stockés des centaines de milliers de tonnes de métaux. JP Morgan, Goldman Sachs, Trafigura et Glencore sont directement visés.

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La Tribune Infographie
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Sous le feu des critiques des acheteurs, le London Metal Exchange a lancé mardi une consultation sur la gestion de ses entrepôts. Soit quelque 600 lieux de par le monde, qui vont de l'énorme hangar au petit garage, et où sont disposées des centaines de milliers de tonnes de métaux attendant d'être livrés à leurs consommateurs : constructeurs de voitures, de machines, aciéristes, et autres spécialistes du bâtiment. La gestion de ces réserves fait polémique depuis la prise de contrôle d'une majorité d'entre eux, depuis 18 mois, par des acteurs financiers. Soit JP Morgan, Goldman Sachs, Trafigura et Glencore, qui détiennent respectivement Henry Bath, Metro International, NEMS et Pacorini. Le 30 juin dernier, un des derniers entrepôts indépendants, CWT, a emprunté le chemin en sens inverse, en rachetant un négociant de métaux, MRI Trading.

Un mouvement de consolidation dont l'impact s'avère majeur à Rotterdam, Londres, Detroit, Baltimore ou Chicago, les principales localisations des entrepôts de métaux, historiquement installés au plus près de l'industrie. Les entrepôts y poussent comme des champignons tant le business est rentable : depuis un an, leur nombre a cru de plus de 10 %. Par rapport aux autres intervenants, les actionnaires des entrepôts bénéficient d'une information privilégiée sur qui détient quoi, et à quel endroit. Une source de conflit d'intérêt selon des députés britanniques, qui ont déjà saisi l'Office of Fair Trading sur le sujet.

Le LME propose aujourd'hui qu'un intervenant indépendant contrôle la mise en place de « murailles de Chine » entre les entrepôts physiques et leurs actionnaires finaux, afin d'éviter les délits d'initiés. « Nous souhaitons améliorer la transparence du système », explique-t-on au LME. Mais le loup est déjà dans la bergerie. Pour un trader d'aluminium, les aberrations de marché se multiplient depuis que la finance a mis son nez dans les entrepôts.

Bourrer les hangars

« Les marchés du plomb et de l'aluminium affichent cette année une faible disponibilité physique, c'est-à-dire qu'il faut payer une prime importante pour mettre la main dessus, alors que les stocks sont historiquement élevés. C'est absurde !» estime-t-il. Plutôt que de vendre leur métal à un acheteur physique, ce qui fait baisser le taux d'occupation des entrepôts, les pros des matières premières ont plus intérêt à en bourrer leurs hangars et à les « louer » à des fonds qui placent de l'argent sur les métaux. Un business model qui bénéficie aussi au LME, à qui les entrepôts paient chaque jour des frais par tonne de métal détenue, mais qui détourne les stocks de leur consommateur final.

 

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