Cinq banques américaines ont raté le stress test de la Fed

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Citigroup fait partie des banques américaines qui ont échoué au stress test organisé par la Fed, en raison d'une mauvaise distribution du capital. (Photo : Reuters)
Citigroup fait partie des banques américaines qui ont échoué au stress test organisé par la Fed, en raison d'une mauvaise distribution du capital. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Cinq grandes banques aux Etats-Unis, dont le géant Citigroup, ont échoué aux tests de résistance 2014 de la Réserve fédérale (Fed) américaine qui leur a demandé de revoir leurs plans de distribution de leur capital.

L'inquiétude pèse en Europe sur la sincérité de la revue des actifs et des stress test des banques. Aux États-Unis, la Réserve fédérale américaine (Fed) n'hésite pas révéler les failles du système bancaire à la tête de laquelle elle se trouve. La nuit dernière, elle a révélé que cinq banques américaines, dont le géant Citigroup, ont échoué aux tests de résistance qu'elle organise annuellement.

Une banque manque de fonds propres

Outre Citigroup, les quatre autres établissements bancaires pointés du doigt sont les filiales américaines des britanniques HSBC et RBS, de l'espagnole RBS et l'américaine Zions Bancorporation.

Zions Bancorporation est la seule banque à avoir échoué pour des raisons quantitatives, c'est à dire que son ration capital Tier 1, qui mesure ses fonds propres par rapport à son exposition au risque, est insuffisant. Celui-ci est tombé à 4,4% contre 5% requis.

En revanche, les quatre autres sont dans le collimateur de la Fed pour des raisons qualitatives. C'est à dire qu'elles ont vu leur scénario de distribution de capital rejeté. La banque centrale estime par exemple que le processus interne de ces banques pour planifier la redistribution de leur capital manque de "contrôle interne" ou évalue mal la projection des revenus et des pertes en cas de crise. Elles ont 90 jours pour présenter à la Fed un nouveau scénario.

Eviter les "too big to fail"

Depuis 2010, les géants du secteur sont régulièrement soumis à une série de scénarios de crise afin d'évaluer leur solidité et leur niveau de capitalisation en cas de tempête financière.

Il s'agit d'éviter que l'Etat soit conduit, comme lors de la crise financière de 2008, à venir à la rescousse de groupes bancaires devenus "trop importants pour faire faillite" ("too big to fail").

Les tests publiés mercredi complètent une première batterie de tests collectifs parus la semaine dernière, au cours desquels la Fed avait soumis 30 banques à des scénarios hypothétiques de crise pour éprouver leur santé financière.

Tous les groupes bancaires, sauf Zions Bancorporation, avaient alors démontré avoir suffisamment de capitaux propres pour résister à l'éventualité d'une grave crise financière du type de celle de 2008.

Cette deuxième phase de tests dits "CCAR" (Comprehensive Capital Analysis and Review), dont les résultats ont été publiés dans la nuit, est plus individualisée puisqu'elle prend en compte les projets de distribution et d'immobilisation de capital (distribution de dividendes, rachat de capital, émissions d'actions...) de chaque établissement.

Amélioration substantielle des fonds propres

"Chaque année nous avons vu une nette amélioration de la capacité du secteur à évaluer ses besoins de capitaux en cas de situation de risque", a noté le gouverneur de la Réserve fédérale Daniel Tarullo, plus spécialement en charge de la réglementation.

En quatre ans, les banques américaines ont "substantiellement augmenté leurs fonds propres", a souligné la Fed. Ainsi le ratio de capital ordinaire de première catégorie (Tier 1) des trente établissements, pris ensemble, a plus que doublé. Il est passé de 5,5% en 2009 à 11,6% au dernier trimestre de 2013.

Les 30 grands groupes bancaires représentent des actifs cumulés de 13.500 milliards de dollars, soit quelque 80% de tous les actifs bancaires aux Etats-Unis.

La liste des établissements testés, disposant plus de 50 milliards de dollars d'actifs aux Etats-Unis, compte 12 banques de plus que l'année passée, soit 30 établissements. Les trois banques étrangères sommées de revoir leur planification de capital sont des nouvelles venues sur cette liste.

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a écrit le 27/03/2014 à 19:29 :
Toutes les banques américaines sont dans le rouge. Ces tests légers sont uniquement un ralentisseur de ce constat. US devra affronter un crash financier qui devrait gommer plus de la moité de la valorisation financière du pays. L'évidence ne peut pas être enfouie tout le temps.
a écrit le 27/03/2014 à 15:24 :
heureusement qu'aucune banque française (soit disant si solides :) ) ne les a tenté ces tests...
parce que là ça aurait fait mal si la vérité se savait.
Sachez qu'avec les règles de la BRI (réglementation bancaire internationale), les seules vraies et sérieuses, aucune banque française des 4 too big to fail n'arrive à 4% de tier core one. Les épargnants français vont pleurer du sang quand il faudra les assister à la mode chypriote nos gentils banquiers soit disant si sérieux et si doués...

De plus, je précise que l'équipe dirigeante actuelle de la FED est "sympa" de ne demander que 5%... Des gens autrement plus sérieux (notamment Allan Greenspan, ancien directeur de cette même FED) préconisent un tiers core one de 10% pour passer les crises majeures comme celle que nous ne vivons (officiellement) pas actuellement, Mais ces gens sérieux sont des rabatjoie, des grincheux qui ont étudié pendant des années les données issues des crises mondiales.
sur ce... vous savez ce qu'il vous reste à faire : - de 100 000 euros dans une même banque si vous avez le malheur d'être riche...
Réponse de le 27/03/2014 à 19:33 :
Cher commentateur, il faut commencer à instiller quelques notions de stratégie. Point n'est besoin de faire un triple saut lorsqu'une roulade suffit. Nos banques qui sont les plus grandes du monde par le chiffre d'affaire attendent que le reste de la planète s'approche de leurs résultats. Lorsque ce sera fait, elles progresseront.
a écrit le 27/03/2014 à 15:01 :
C'est sûr qu'avec 5% de fonds propres on est large !
Par ex si le marché se casse la gueule de 5% - ce qui est ridicule - et bein on PEUT REMBOURSER ! Truc de fou.
a écrit le 27/03/2014 à 11:18 :
Bonjour,
Merci pour l’article. Je trouve cependant cette nouvelle très inquiétante. À qui les Américains feront-ils confiance pour leur argent si leurs propres banques ont des failles ?
A+
a écrit le 27/03/2014 à 10:28 :
C'est rassurant, surtout que ce qui nous est présenté est certainement en-dessous de la vérité. Et là, je n'accuse pas seulement les américains, dans ce domaine, comme dans les chiffres du chômage par exemple, la vérité est souvent au-delà et bien pire...

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