Le PDG d'AIG jette l'éponge

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Carl Icahn
Carl Icahn (Crédits : Reuters)
Sous la pression des actionnaires, dont l’activiste Carl Icahn, le PDG en place depuis septembre 2014 abandonne les rênes du groupe d'assurance

Le PDG d'AIG, Peter Hancock, a démissionné jeudi, victime des pressions de deux voix influentes de Wall Street dont le milliardaire "activiste" Carl Icahn, qui réclament la scission de l'assureur américain afin de doper les dividendes versés aux actionnaires.

"Sans le soutien inconditionnel de l'actionnaire à mon leadership, une période prolongée d'incertitudes aurait sapé les progrès que nous avons faits et nui aux intérêts de nos employés, régulateurs, créanciers et actionnaires", explique dans un communiqué M. Hancock.

Trois entités indépendantes

L'ancien banquier de 58 ans, qui avait pris les rênes d'AIG en septembre 2014, estime que son départ était la "chose à faire pour l'entreprise et tous ses actionnaires". AIG est actuellement sous la pression des financiers activistes Carl Icahn et John Paulson qui lui demandent de se scinder en trois entités indépendantes afin de dégager davantage de valeur pour les actionnaires.

Une des sociétés se spécialiserait dans l'assurance des prêts immobiliers (assurance invalidité notamment), une autre dans l'assurance-vie et la dernière dans la couverture des dommages et sinistres.

Ce schéma créerait, selon M. Icahn, des entreprises plus faciles à gérer et aurait surtout l'avantage de lui faire perdre son statut d'institution financière d'importance systémique (SIFI). Ce statut est assorti de contraintes réglementaires spécifiques comme renforcer ses fonds propres.

Opposé à ce démantèlement, Peter Hancock avait annoncé en janvier 2016 un plan stratégique reposant sur une vaste restructuration visant à céder des actifs jugés non stratégiques, à réduire les coûts et à distribuer quelque 25 milliards de dollars aux actionnaires.

Il avait promis aux actionnaires de réduire le fossé avec les concurrents au plus tard en décembre 2017, ce qui lui avait permis de gagner du temps malgré un appel à sa démission de Carl Icahn.

Pertes fin 2016

Mais ses promesses ont essuyé un gros revers au quatrième trimestre 2016, période au cours de laquelle l'assureur a essuyé une perte de 3,04 milliards de dollars, en raison de lourdes charges pour accroître ses réserves suite à une complexe opération de transfert de risques avec la holding Berkshire Hathaway du milliardaire américain Warren Buffett.

Cette contre-performance avait relancé les spéculations sur son futur à la tête de l'entreprise, d'autant que MM. Icahn et Paulson continuaient de répéter que le renouveau d'AIG, qui avait failli disparaître pendant la crise financière de 2008 du fait de mauvais paris financiers, passait par sa scission.

"Nous continuons à penser que plus petit et plus simple est la meilleure stratégie", déclarait Carl Icahn, qui a été le premier à saluer jeudi la démission de Peter Hancock "Nous soutenons entièrement la décision prise aujourd'hui par le conseil d'administration d'AIG", écrit sur son compte Twitter le milliardaire septuagénaire.

Le titre en hausse

A Wall Street, le titre AIG gagnait 1,83% à 64,60 dollars vers 14H25 GMT dans les échanges électroniques de pré-séance.

Le conseil d'administration a indiqué jeudi que la stratégie de deux ans lancée par M. Hancock était la "bonne" et resterait en place.

"Le conseil d'administration reconnaît la valeur et la force d'une combinaison de l'assurance aux particuliers et de l'assurance commerciale", défend l'instance stratégique, qui doit désormais s'atteler à la recherche d'un nouveau PDG. Peter Hancock continuera d'assurer ses fonctions jusqu'à ce qu'un remplaçant lui soit trouvé.

AIG n'est plus le mastodonte qu'il a été avant la crise financière, avec des activités variées dont certaines hors de son métier. Il a été sauvé de la banqueroute par l'Etat fédéral qui a dû débourser 185 milliards de dollars. Depuis le groupe a cédé pour plus de 500 milliards de dollars d'actifs, dont sa filiale de location d'avions ILFC, et procédé à des milliers de licenciements.

AFP

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