Payer en espèce, ce sera bientôt fini

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Deux ans après l'ouverture du marché des services de paiements, le "tout virtuel" bouscule notre porte-monnaie et nous incite à de nouveaux comportements. Va-t-on vers une disparition du règlement en espèces ? La réponse de Thibault Lanxade, président de l'Association française des établissements de paiement (Afepa), président-directeur général d'Aqoba.

La transposition en France de la nouvelle directive européenne sur les services de paiements est intervenue le 15 juillet 2009. Après plusieurs années d'élaboration avec les 27 États membres de l'Union européenne, poussée par la France, cette directive permet à de nouveaux acteurs de proposer des services innovants dans l'univers des paiements tout en renforçant la protection des consommateurs. La fin d'un certain monopole des banques, un monolithe s'effondre, pour laisser place au « Sepa World », un monde de dématérialisation qui, après l'Internet, remet en cause nos habitudes et certitudes en matière de paiement.

Aujourd'hui en France, 10 établissements dont 3 sous conditions suspensives ont été agréés par l'Autorité de contrôle prudentiel. La France montre ainsi son dynamisme et sa créativité même si, dans une culture et un contexte différents, d'autres pays affichent plusieurs dizaines d'établissements de paiements (EP), plus de 80 en Angleterre, plus d'une dizaine en Belgique et autant au Luxembourg. Preuve est ainsi faite qu'un vent nouveau bouscule nos habitudes de paiements physiques, Internet et autres transferts d'argent, une dynamique souffle sur nos réflexes porte-monnaie.

Le "new deal" des services de paiement

Mais au fait, qu'est-ce qu'un établissement de paiement - une "banque light", diront certains - permettant d'offrir des services de paiements innovants avec des contraintes moins fortes que les banques, en termes de fonds propres et d'organisation tout en maintenant des exigences prudentielles adaptées ? Ces nouvelles entreprises peuvent être considérées comme des embarcations légères et véloces qui peuvent proposer des solutions innovantes et pointues à nos besoins quotidiens, étant alors en mesure d'accompagner l'ensemble des nouveaux business notamment dans le monde d'Internet mais aussi dans les réseaux de paiements traditionnels.

Acquisition de transactions Internet, émission de cartes de paiement virtuelles ou non, paiement sans contact, transfert et crédit P2P mobile, les établissements de paiement proposent ainsi de nouveaux modes de paiements "on line" ou "off line" passant (ou pas !) par les systèmes interbancaires historiques. Les idées ne manquent pas pour offrir aux consommateurs une multitude de solutions plus acérées, plus économiques et plus sécurisées que les solutions déjà existantes.

L'effervescence est manifeste et les initiatives sont nombreuses - très souvent créées par de jeunes entrepreneurs agiles qui se lancent dans cette aventure passionnante - au côté des grands acteurs institutionnels que sont les banques et qui doivent intégrer une certaine complémentarité dans leur stratégie B to C. Le paiement gagnerait-il ainsi le principe de convergence édicté par un certain "Pr J6M" (Jean-Marie Messier) ? Nul ne le sait encore mais la dématérialisation peut aller jusqu'à faire évoluer l'utilisation de nos moyens habituels de paiements, comme si notre porte- monnaie s'était transposé en une sorte de réflexe high-tech transformant nos désirs d'achat en réalité (non moins virtuelle). La dérégulation du marché des paiements porterait tout cela en son sein, remettant ainsi en cause les équilibres économiques jusqu'alors établis. L'heure est au « new deal » dans les services de paiements.

Le « Sepa World » dessinera certainement un monde où nos comportements d'achat seront totalement dématérialisés, c'est-à-dire portant à l'infini l'expérience utilisateur pour mieux faire coïncider paiement et service associé, pour lui donner davantage qu'une simple fonctionnalité, pour lui donner du sens. Le monolithe de Kubrick aura certainement à s'arrondir dans ce nouveau monde, tant le champ des possibles est immense, au bénéfice de nous, consommateurs. Dans ce monde, nos espèces trouveront à gagner en rentabilité, quand bien même elles s'effaceront au profit d'une monnaie toujours plus virtuelle, puisque c'est le sens de l'histoire.

Cette forte mobilisation constatée depuis deux ans dans l'univers des paiements où diverses initiatives ont vu le jour au côté des grands acteurs institutionnels doit permettre aux banques de réaliser que, bien souvent, ces nouvelles solutions ne sont pas contre leur business mais tout contre celui-ci. Après la téléphonie, l'énergie et le transport ferroviaire, un nouveau marché se dérégule - sera-t-il aussi dynamique et prometteur que les autres, cela ne fait aucun doute. Ces nouveaux établissements de paiement fraîchement agréés en Europe sont d'ores et déjà lancés dans une course contre la montre pour imposer leurs solutions alternatives et innovantes. Au moment où la ministre de l'Économie Christine Lagarde confie une mission de réflexion sur les moyens de paiement. L'État, les instances institutionnelles, le régulateur doivent faire leur maximum pour encourager et faciliter ces initiatives dans le strict respect des exigences prudentielles au bénéfice des consommateurs.

Le monde des paiements est aujourd'hui confronté à un nombre croissant de défis. La France, précurseur dans ce domaine au travers de son ingénierie monétique mais aussi de la fiabilité de ses cartes à puce, reconnue dans le monde entier, saura-t-elle démontrer sa capacité à tirer son épingle du jeu sur l'échiquier des 27 membres de l'UE ?

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Commentaires
a écrit le 16/08/2011 à 19:02 :
Extraits du site "Service-Public.fr" sur le paiement en espèce:

Principe:
Le paiement en espèces (pièces et billets) est autorisé pour régler des créances d'un montant limité (3000?). Un commerçant ne peut donc pas refuser ce moyen de paiement. Il peut toutefois exiger que le consommateur fasse l'appoint.

Paiement en espèces autorisé:
Dès lors que le paiement en espèce n'est pas interdit, le créancier est obligé d'accepter ce type de paiement.

Obligation d'accepter les espèces:
les espèces sont constituées des pièces et des billets. Ni un commerçant, ni un particulier ne peuvent refuser le paiement en espèces dès lors que la somme n'excède pas un certain plafond (3000?).

Possibilité d'exiger le paiement en espèce:
Un commerçant ou un particulier peut exiger le paiement en espèce et refuser tout autre moyen de paiement.

Obligation de faire l'appoint:
Le débiteur doit faire l'appoint. Son créancier peut donc refuser certains billet lorsque le montant à payer est bien plus faible.

Paiement d'un salaire:
Les salaires peuvent être versés en espèces jusqu'à 1.500 ?; au delà, le paiement doit être effectué par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou à un compte tenu par un établissement de paiement.

http://vosdroits.service-public.fr/F10999.xhtml

Dans un système monétaire, c' est une monnaie (dollar, euro, etc...) qui fait la référence et non autre chose comme c' était le cas auparavant (or). C' est la raison pour laquelle les banques voudraient garder vos sous -les biftons!- et vous donner à la place de la monétique qui ne vaut rien dans leur système (caca de taureau).

Vous voyez comme cela est facile à comprendre! vous voyez comme ces banksters sont des crapules!

Redécouvrez le pouvoir des biftons, débarassez-vous de votre CB et faites-les ch...car, les banksters nous ont déclaré la guerre!
a écrit le 17/05/2011 à 7:42 :
La crise qui a oblitéré l'avenir de bien des gens résulte notammment de la concentration du pouvoir de générer des actifs financier sans contrôle des utilisations et sans responsabilité des diverses structures chargées de la gestion.
Le Moyen Age que l'on dit obscurentiste avait inventé des moyen de paiement simples basé sur le confiance dans des individu connu des parties en présence : le chèque, le billet à ordre, la lettre de change. Comme je suis comme Brasssens un peu Moyen Ageux Je reste admiratif sur ces inventions qui instituaient une solidarité entre des intervenant dont la chaîne se connaissait en totalité.
Les nouveau moyen non seulement élimine l'échange qui induit la confiance et reporte sur des organismes lointains un contrôle qu'ils ne sont pas en mesure d'assurer et que l'état donc le contribuable garantit.(voir la hausse des prélèvements sur les revenus par l'inflation et sur l'épargne par les prélèvements.
Si il clair que l'autorisation illimitée de concentration des opérateurs financiers (trop gros pour faire faillite et le regroupement sous une seule autorité de la gestions des risques de liquidité (moyens de paiements et de l'épargne (retraites, assurances, placements obligataires, actions, etc) constitue un danger majeur de collusion, cette nouvelle concurrence alors que les rémunérations extravagantes demeurent, va pousser les opérateurs majeurs à prendre plus de risque et les nouveaux, mal-connus à s'évaporer dans la nature faute de systèmes électroniques totalement fiable (voir Sony) et un risque nouveau de faux système de paiement d'autant plus important que les transferts se font à la milliseconde.
Un système de paiement n'est fiable que s'il est contrôlé à la fois par un organisme qui émet des signes monétaires permettant de mimer le troc et contrôlé par les individus qui effectue les transaction. L'élimination programmé du chèque est à ce titre une catastrophe en matière de contrôle
Réponse de le 25/05/2011 à 10:01 :
Le chèque est le système le plus utilisé pour les fraudes !

Vous parlez de confiance au Moyen age...vous faites confiance a tout les gens que vous rencontrer? De nos jours on peut a peine avoir confiance en sa femme.
a écrit le 16/05/2011 à 21:14 :
A quel coût pour le consommateur et le commerçant? Voir Moneo
Un couplage avec la publicité est probable.
Un manque de sûreté peu empêcher de tels projets.
Chacun doit être libre de son moyen de paiement.
a écrit le 16/05/2011 à 20:06 :
Bla bla bla
encore des moyens supplementaires pour les banques et autres escrocs légaux de nous piquer notre pognon !
Mais c'est si bien dit, et avec le style et les références ... on en rèverait presque
a écrit le 16/05/2011 à 14:19 :
Philosophiquement, techniquement et humainement parlant, ces scénarios sont difficilement imaginables. Pourquoi ?
Depuis le début de l'humanité, le troc ou la monnaie d'échange à toujours été là pour la simple raison que l'homme à besoin de contrôler sa vie, ses actes. Nous touchons ici à l'essence même de sa nature...

Regardez le projet MONEO en France... il reste encore les autocollants par ci, par là, sur des vitrines, c'est tout....

Si, quelques hommes, oblige l'homme dans ce sens, il ne suivra pas !


a écrit le 16/05/2011 à 14:08 :
n'importe quoi ! après moneo, qui n'a pas fonctioné, on s'attaque au consomateur,une fois de plus. nous avons tous les modes de paiement possibles et inimaginables porqoui un de plus ? est-ce gratuit ? si oui comment vont trouver ils leur compte ????
a écrit le 16/05/2011 à 13:13 :
je n'aime pas que quelqu'un d'autre que moi regarde dansmon porte monnaie. C'est la fin de la liberté. Bien gentilles les banques mais elles ne doivent pas tout régenter
a écrit le 16/05/2011 à 10:44 :
c est l enfer futur de notre vie sur terre la liberté sea completement abolie.une existance sous tutelle le pire qui soit pour unmonde sans initiation un monde imposé
a écrit le 16/05/2011 à 10:37 :
perte de liberte et on va ce faire suivre a la trace .les nostalgiques pourront toujours allez vivre en thailande (cash et pas de carnet de cheque )
a écrit le 16/05/2011 à 9:58 :
il y a un combat mondial des moyens de paiements qui se déroule sous nos yeus.
On ne revient pas à la byciclette !.Pourquoi toutes les banques font de la téléphonie ?
Microsoft s"est offert Skype ,on devine pourquoi !
a écrit le 16/05/2011 à 9:42 :
alors fini le travail au noir car on va pouvoir retirer de la circulation les pièces et billets de banque ! _ _ _ on va pouvoir remettre les travaux du bâtiment à 19,6% ( 5,5% aujourd'hui) et percevoir les cotisations sociales qui financent notre Social !
a écrit le 16/05/2011 à 9:14 :
La France a mis au point de grandes inventions mais n'a pas su les exploiter.
a écrit le 16/05/2011 à 8:29 :
Encore une idée farfelue .....qui risque de se concrétiser tant la course au "progrès technique" est une mode en ce bas monde. Nous sommes responsable de cette situation à cause de notre mode de consommation ou il faut acheter à outrance. On ne peut pas profiter du système quand ça nous arrange et le critiquer quand il nous déplait. Pour ma part, je trouve cette idée scandaleuse mais combien vont foncer tête baissée ???
Réponse de le 16/05/2011 à 9:49 :
bah , tant que tu as la liberté de refuser de procréer , de fabriquer de futurs consommateurs, tout va bien ! des gosses, ça coûte cher !
a écrit le 15/05/2011 à 5:04 :
Si on y réfléchit bien, au delà de l'atteinte évidente à nos libertés et notre droit à la vie privée, c'est une fois de plus un transfert de coût des états vers les citoyens, sans que diminuent en rien les prélèvements destinés à les financer.
Vont-ils pour autant éliminer les organismes et fonctionnaires dont les métiers sont directement concernés par la monnaie physique?
Bien sûr que non.
a écrit le 14/05/2011 à 18:19 :
Eh bien , plus de déclarations dde revenu ,fonciers, réglement de toutes nos assurances ,mutuelles ,distribution d'essence , nourriture etc ......puisque la banque peut tout faire à notre place ,pour nous , pour notre bien .Vivement une seule carte avec ce que nous avons encore comme possibilité de consommer !pas belle la vie assistée à l'oeil bien sur !Une seule banque d'etat suffira ,pire que chez les Soviets tant décriés !
a écrit le 14/05/2011 à 17:18 :
Puisqu'on vous dit que c'est le progrès et que c'est pour votre bien. Faites-nous confiance. Et puis cela permettra de limiter le financement des vilains terroristes qui vous veulent du mal. Après tout, si vous n'avez rien à cacher pourquoi vouloir continuer à payer en cash...
Réponse de le 14/05/2011 à 19:37 :
Vous dites être liberté, hors ou est la liberté, à toujours imposer au détriment de notre porte monnaie, les terroristes utilisent des cartes et autres. Cela ne changera rien, sauf pour les personnes âgées et ceux qui n?ont pas les moyens.
Réponse de le 15/05/2011 à 22:51 :
@ Liberté: un peu fatigué de l'argument "si vous n'avez rien à cacher". Non, je n'ai rien à cacher, mais je n'ai pas besoin non plus d'un sbire pour regarder combien de temps je vais pisser !!!!
a écrit le 14/05/2011 à 14:53 :
Avec la même candeur, on nous expliquait que les nouvelles technologies de l'information et de la communication nous assuraient une société du "zéro papier". 20 ou 30 ans plus tôt, la révolution de l'agro-alimentaire nous promettait de manger une nourriture sous forme de pilules et de tubes. Alors aujourd'hui, le paiement en monnaie totalement dématérialisée...
a écrit le 14/05/2011 à 11:38 :
Encore un moyen de faire payer les gens, il faudra encore une carte, mais tous cela aura forcement un coût.
l' Europe est la pour le bien être des gens ou pour faire faire du business aux copains.
il y a de quoi se poser la question, il n'y a plus rien a voir sur le vote oui ou non sur le traité de Maastricht sur l'Union européenne.
Après on fais se que l'on veut apparemment
Réponse de le 14/05/2011 à 13:52 :
@ picardie: au Canada, c'est 4 transactions gratuites par mois et 6 dollars par transaction supplémentaire. 4 transactions, c'est d'aiileurs juste pour le téléphone, le loyer, la carte de crédit et autres services publics.
Réponse de le 14/05/2011 à 21:20 :
Vivement 2012 !!!!! quelle epoque !!!!
a écrit le 14/05/2011 à 11:36 :
Belle man?uvre des banques et de l'état pour maximiser les profits et les impôts... pas sûr qu'on y gagne en liberté.
a écrit le 14/05/2011 à 11:24 :
Mais bien sur ! avec le sourire Big Brother nous explique comment sera le monde de demain ! le paiement en cash, c'est un forme de liberté comme une autre.
Réponse de le 14/05/2011 à 12:25 :
Absolument et en plus quand tous sera dematerialisé le service coutera tres cher car ont ne pourrat plus faire sans......
Réponse de le 14/05/2011 à 16:28 :
Les financiers nous prennent vraiment pour des truffes...
Réponse de le 14/05/2011 à 18:43 :
c'est bon la truffe :)

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