La mécanique de la hausse des taux est en marche

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La dégradation de la France va accélérer la hausse du coût de l'argent.

Si les marchés obligataires ont sur le coup plutôt bien résisté à l'annonce de la dégradation de la notation de la France, avec une légère tension sur les rendements à 10 ans, c'est parce qu'ils l'avaient déjà intégrée depuis plusieurs semaines. Mais aussi parce que, procédant par arbitrages entre les risques, ils s'étaient surtout focalisés sur la capacité de l'Italie et de l'Espagne à se refinancer. D'ailleurs, c'est précisément en vertu de ces arbitrages que, en 2010 et 2011, la France, qui appartenait encore au club assez étroit des valeurs les plus sûres de la zone euro vers lesquelles se ruaient les investisseurs, a pu emprunter à des taux moyens les plus bas de son histoire, à savoir respectivement 2,5 % et 2,8 %. Et que les États-Unis ont vu leur taux baisser après la dégradation de leur note à l'été 2011.

Par paliers

Voilà que l'annonce de cette dégradation ces derniers mois avait déjà sorti la France de ce club. Ce qui lui a d'abord valu de voir les taux, auxquels elle emprunte, diverger très fortement de ceux de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Finlande : sur le marché secondaire, les obligations à 10 ans de la France s'échangeaient vendredi 13 à 3,05 %, contre 1,759 % pour l'Allemagne. À la mi-novembre, l'écart était monté à 190 points, un record depuis la création de l'euro.

Même si avec une note de AA+, la France appartient toujours aux signatures « investment grade » que les grands fonds d'investissement exigent pour acheter du papier, la perte du statut de pays parmi les plus sûrs pourrait bien accélérer la hausse du coût de l'argent pour la France. En 2011, la Belgique, qui était jusqu'en novembre notée AA+, a emprunté à un taux moyen de 4,24 %. Le projet de loi de finances de la France pour 2012 a déjà intégré un taux à 3,7 %, soit sensiblement supérieur aux taux moyens des années précédentes. En clair, la mécanique de la poursuite de la hausse des taux, bien intégrée dans le budget de l'État, est en marche. « Une hausse des taux se fait toujours par paliers, rappelle Olivier Dozat, à la National Bank of Canada, à Londres. Nous ne sommes qu'au début d'un processus de hausse. Un processus dont il est fort long de se sortir, car cela prend souvent une décennie pour récupérer une note perdue. » Avec une charge de la dette de plus en plus lourde : selon l'Agence France Trésor, elle devrait s'élever cette année à 48,77 milliards, contre 46,8 milliards en 2011, et 44 milliards en 2010.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2012 à 13:08 :
la bce vient de préter des centaines de millions d'euros aux banques à 1% que ces dernières se sont empréssées de replacer à la BCE à 0,5% !!!!
les banques ont donc des réserves d'argent qu'ils peuvent continuer à préter au taux actuel!
c'est scandaleux de faire croire le contraire à la population.

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