La Fed en marche vers une plus grande transparence

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À l'issue du premier de ses huit conseils annuels, la Réserve fédérale américaine pourrait annoncer l'adoption d'un objectif d'inflation, cher à son président Ben Bernanke, qui servirait de baromètre à la politique monétaire.

L'année 2011 avait été un riche millésime : la Réserve fédérale américaine avait pris la décision de publier des prévisions de croissance et d'inflation trimestrielles et d'organiser quatre conférences de presse par an à l'issue de la moitié de ses huit conseils annuels. 2012 s'annonce dans la même veine : à l'issue de son premier conseil ce mercredi, la Fed pourrait franchir un nouveau pas vers davantage de transparence, en annonçant l'adoption d'un objectif chiffré d'inflation.

Cela couronnerait les efforts de son président Ben Bernanke depuis son arrivée à la tête de la banque centrale de Washington, en février 2006, contrastant avec le "benign neglect ", la douce insouciance, de son prédécesseur, Alan Greenspan, en la matière. Une telle décision rapprocherait la politique monétaire américaine de celle des autres grandes banques centrales. À commencer par la Banque d'Angleterre, qui est chargée de faire respecter dans ses décisions de politique monétaire un objectif d'inflation de 2% en glissement annuel fixé par le gouvernement, ou  la Banque centrale européenne, dont l'objectif de 2% maximum de hausse des prix a toujours eu une incidence majeure sur la fixation de ses taux d'intérêt. Dont les deux dernières décisions prises par Jean-Claude Trichet, qui avait relevé les taux en avril et juillet pour tenter de juguler l'inflation.

Le moment apparaît opportun pour négocier le virage car il apaiserait les craintes suscitées par la politique menée par la Fed depuis 2008, caractérisée par le maintien de taux d'intérêt voisins de zéro et deux programmes successifs, évalués à 2.300 milliards de dollars, de rachats d'obligations publiques et de créances hypothécaires pour venir au secours du système financier, mais qui sont de nature à favoriser la recrudescence de pressions inflationnistes. La fixation d'un objectif d'inflation empêcherait la Fed de laisser filer les prix pour faire reculer le chômage ou alléger le fardeau de la dette publique. En outre, elle permettrait de guider les marchés sur l'évolution prévisible des taux, plutôt que d'enfermer la Fed dans un discours qui prend des allures de carcan. Depuis août dernier par exemple, elle s'est engagée à maintenir les taux à un niveau exceptionnellement bas au moins jusqu'à mi-2013.

Maîtrise des prix

Cette démarche a néanmoins des détracteurs, notamment parmi les élus démocrates du Congrès, qui craignent de voir la banque centrale privilégier la maîtrise des prix aux dépens du plein-emploi, l'autre pilier de son mandat. Un argument que Ben Bernanke réfute d'un revers de manche. "Les discussions sur les objectifs d'inflation dans les médias américains me rappellent la vision qu'ont les Américains du système métrique : il ne savent pas vraiment de quoi il s'agit, mais ils le trouvent incompréhensible et peut-être légèrement subversif", avait-il ainsi déclaré en 2003.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2012 à 22:36 :
La photo par l'arrière de la tonsure est particulièrement biblique et inspire une spiritualité psychologiquement financière. Merci à la Tribune d'être toujours et encore plus pertinente que le reste de ses concurrents.
a écrit le 25/01/2012 à 15:31 :
Ce type de titre fait toujours rire.
a écrit le 25/01/2012 à 12:23 :
MDR: Depuis 2 ans la FED fait des QE pour monétiser la dette US qui naturellement créé de l'inflation (puisque : c'est l'utilisation de la planche à billet qui créé de l'argent sur rien. Donc plus de dollar pour les mêmes richesses= inflation)Les USA utilisent les même procédés pour dissimuler les vrais taux d'inflations (comme pour les chiffres du chômage). "À commencer par la Banque d'Angleterre, qui est chargée de faire respecter dans ses décisions de politique monétaire un objectif d'inflation de 2% en glissement annuel fixé par le gouvernement" Donc les banquiers centraux anglais sont mauvais puisque leur taux d'inflation dépasse les 3,5% (taux officiel) au moins depuis deux ans.
a écrit le 25/01/2012 à 11:17 :
De l'inflation quelle bonne idée...On nous l'avait pas faite celle-là encore...
Réponse de le 25/01/2012 à 14:17 :
Absolument d'accord

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