Apple va-t-il bientôt intégrer l'indice Dow Jones ?

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Apple pourrait succéder à Kraft au sein de l'indice Dow Jones, d'ici à la fin 2012. Copyright Reuters
Apple pourrait succéder à Kraft au sein de l'indice Dow Jones, d'ici à la fin 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le courtier Bernstein est convaincu que le géant de l'électronique réfléchit à une division du nominal de son action, afin de se faire une place au sein de l'indice Dow Jones, qui regroupe les 30 valeurs vedettes de la Bourse de New York.

Le Dow Jones Industrial Average, c'est l'équivalent américain de notre CAC 40 à nous. En plus sélect encore, puisque cet indice ne comprend que 30 valeurs. Pour entrer dans ce cercle très fermé, une entreprise doit être auréolée « d'une excellente réputation, afficher une croissance soutenue et présenter de l'intérêt pour un grand nombre d'investisseurs », lit-on sur le site de S&P Dow Jones Indices.

N'est-ce pas là le portrait craché d'Apple, la firme aux résultats (presque) toujours record et au parcours boursier exceptionnel, qui fait d'elle aujourd'hui la première capitalisation mondiale ? Pourtant, le créateur de l'iPhone et de l'iPad ne fait pas partie du Dow Jones. Le titre est coté sur le Nasdaq et sur le S&P500, point.

Une action à plus de 600 dollars

Si le Dow Jones snobe le géant de l'électronique, c'est en raison de son cours de Bourse très élevé. Le poids des sociétés dans le Dow Jones est en effet déterminé en fonction du prix de leur action. Avec un cours de 622,55 dollars, Apple déséquilibrerait l'indice. Lundi 6 août, l'action de la firme californienne a grimpé de 6,85 dollars. Si elle faisait partie du Dow Jones, sa seule variation aurait entraîné un bond de... 51,8 points de l'indice, sur la base d'un diviseur (utilisé pour calculer la valeur du Dow Jones) de 0,13212949. A titre de comparaison, le Dow Jones a gagné 21 points seulement, le 6 août.

Une division par dix du nominal de l'action

D'ailleurs, au sein du Dow Jones, seules deux valeurs excèdent les 100 dollars et encore, pas de beaucoup : le groupe d'informatique IBM et le pétrolier Chevron, qui cotent respectivement  198,76 et 111,31 dollars. Une intégration d'Apple au sein du Dow nécessiterait donc une division du nominal de l'action. Au moins par dix, estime Tonni Sacconaghi, analyste chez Bernstein. Dans une note publiée fin juillet, ce dernier estime « qu'Apple est en train d'envisager un split de son action, dans la perspective d'une éventuelle intégration au sein du Dow Jones. »

Apple a déjà fait un pas dans cette direction, juge l'analyste, en décidant, le 20 mars dernier, de verser un dividende, ce que le groupe n'avait plus fait depuis 1995. Une décision qui met Apple en conformité avec les pratiques de rémunération des sociétés appartenant au Dow Jones, souligne Sacconaghi.

Des investisseurs supplémentaires pour Apple

Mais Apple retirerait-il un réel bénéfice d'une entrée dans le Dow Jones ? Oui, car les gérants indiciels, qui calquent la composition de leurs portefeuilles sur celles des indices, seraient obligés d'acheter des actions Apple. La demande supplémentaire de titres du groupe d'électronique pourrait ainsi représenter 1% de sa capitalisation boursière actuelle, calcule l'analyse de Bernstein, capitalisation qui s'élève à 578 milliards de dollars.

De son côté, le Dow Jones verrait sa composition mieux équilibrée, avec l'entrée d'Apple, positionné sur les segments très porteurs des smartphones et des tablettes. Au nombre de cinq seulement - Microsoft, IBM, HP, Intel, Cisco - les valeurs technologiques pèsent 16,7% dans l'indice mais, si l'on fait abstraction d'IBM, cette proportion tombe à 5,2%, contre 17,4% pour le S&P 500. Cette sous-pondération limite la performance de l'indice : le Dow Jones gagne 7% seulement depuis le 1er janvier, quand le Nasdaq s'envole de 18%, tiré par Apple (+51%).

Vers une sortie de Kraft ?

Quand un rééquilibrage du Dow Jones pourrait-il intervenir ? Le dernier remaniement de l'indice a eu lieu en 2009, avec, notamment, l'entrée de Cisco à la place de General Motors, qui s'était à l'époque placée sous la protection de la loi américaine sur les faillites. D'ici à la fin 2012, c'est Kraft qui risque de se trouver exclu du Dow, la scission en deux du groupe d'agroalimentaire diminuant son poids dans l'indice. Apple semble tout indiqué pour lui succéder.

 

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Commentaires
a écrit le 08/08/2012 à 9:27 :
Tout va bien dans le meilleur des mondes!

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