Le Brexit fait flamber les coûts de supervision bancaire

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(Crédits : KAI PFAFFENBACH)
Les redevances dues par les banques européennes à la BCE vont augmenter de 21% cette année, du fait de la hausse des effectifs nécessaire pour superviser les activités transférées depuis le Royaume-Uni essentiellement.

Les banques européennes vont avoir une nouvelle raison de se plaindre du poids de la mise en conformité et de la réglementation. Leur autorité de supervision, la Banque centrale européenne (BCE), a dévoilé ce mardi 30 avril le montant des redevances dont elles devront s'acquitter cette année : 576 millions d'euros, en augmentation de 21,3% par rapport à l'an dernier.

"La hausse des redevances s'explique dans une large mesure par l'augmentation, liée au Brexit, du nombre de banques soumises à la surveillance prudentielle", justifie la BCE dans son communiqué.

Les banques recevront leur facture en octobre. Les plus grandes, celles soumises à la surveillance prudentielle directe de la BCE (119 entités, dont 12 ayant leur siège en France, notamment BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Société Générale), verseront 91% de ces redevances, les plus petites institutions financières, supervisées directement par les régulateurs nationaux, le solde. La redevance est établie sur la base de l'importance et du profil de risque de la banque.

"La hausse des dépenses estimées [...] est principalement imputable au renforcement des effectifs dû au transfert ou à l'accroissement des activités de certaines banques dans la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (« Brexit ») et à la conduite des évaluations préparatoires y afférentes", précise la BCE.

Les banques étrangères qui avaient leur filiale européenne au Royaume-Uni ont créé ces derniers mois des entités capitalisées et relocalisé des personnels dans l'UE, à Dublin, Francfort ou Paris le plus souvent, pour répondre aux exigences des superviseurs. Les transferts d'actifs qui devraient avoir lieu dans le cadre du Brexit depuis Londres vers le reste de l'Union sont estimés à plus de 1.100 milliards d'euros par le cabinet EY.

Facture salée du fonds de résolution

Dans le détail, sur les 559 millions d'euros de coûts de supervision estimés (auxquels il faut ajouter un déficit de 15,3 millions d'euros enregistré en 2018), les salaires des plus de 2.500 collaborateurs de la BCE dans toute l'Europe représentent 264 millions d'euros.

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BCE coûts dépenses

[Calcul du montant total des redevances de surveillance prudentielle annuelles pour l'exercice 2019. Crédit : BCE]

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L'institution de Francfort ajoute que d'autres frais proviennent d'une "évaluation complète de six banques bulgares, en vue d'engager des négociations sur une coopération rapprochée avec la Bulgarie" et de "la restructuration du secteur des banques coopératives en Italie".

Outre ces redevances liées directement à la supervision, les banques européennes se plaignent de la facture salée du Fonds de résolution unique (FRU), ce dispositif de réserves en cas de faillite d'un établissement, alimenté par des contributions annuelles, qui se chiffrent en centaines de millions d'euros pour chacune des grandes banques françaises pour un total de 2,3 milliards d'euros l'an dernier, plus de 30% du total.

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Commentaires
a écrit le 01/05/2019 à 19:30 :
Le Royaume Uni devrait payer ces factures,non? Ne pas oublier que de gros Hedge-Funds britanniques ont co financé la campagne Pro Brexit car en quittant l'UE, ils veulent se débarrasser de la législation plus protectrice de l'UE pour les petits investisseurs au Royaume Uni.
a écrit le 01/05/2019 à 12:08 :
Qu'est-ce que ça coute cher à la finance ce brexit dites moi ! On comprend mieux pourquoi ils ont orienté tous leurs outils de production pour s'y opposer mais l'argent face à l'intérêt dépersonnalisé, telle la fierté d'appartenir à une nation, ne vaut rien.

L'échec flagrant et total du consortium financier européen venant uniquement de son ignorance intrinsèque.

Vite un frexit.
a écrit le 01/05/2019 à 7:28 :
En premier lieu ce que l'on peut retenir des institutions européennes politiques parlement, BCE, judicaires….. les salaires, un bel hommage à l'opulence, peut être les GJ devraient aller donner de la voix dans cette nébuleuse de gouvernance, mot certainement fort, de l'Europe. Dans l'affaire ci dessus la BCE semble trouver un axe pour taxer les banques qui malgré leur offuscation trouveront dans le client le pigeon final.
Réponse de le 01/05/2019 à 10:35 :
Vous travaillez gratuitement ? Ces personnels sont de bach plus 3 à 5 en finance internationale : soit des cadres et hauts cadres . Les salaires mensuels sont de 8 200 euros brut mensuels .
Réponse de le 02/05/2019 à 11:21 :
Le fait que les banques paient leurs superviseurs n'est d'aucune nouveauté, c'est du standard de chez standard. Le fait que les superviseurs soient bien payés, c'est la garantie d'attirer des talents, car contrôler une banque c'est loin d'être évident.

L'UE n'a rien à vois là dedans , c'est un pb entre la BCE et ses "ouailles".
a écrit le 30/04/2019 à 18:51 :
Bon prétexte pour encore flamber les 1001 lignes de tarifs bancaires inventés ? NON
+ 186% depuis 1997.

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