Une banque portugaise dans l'attente d'un repreneur s'écroule en Bourse

 |   |  417  mots
Si la banque échoue à trouver un nouvel actionnaire cette semaine, elle sera soumise à un plan de sauvetage.
Si la banque échoue à trouver un nouvel actionnaire cette semaine, elle sera soumise à un plan de sauvetage. (Crédits : Wikimedia Commons/Mattes. CC License by.)
Détenue à plus de 60% par l'Etat portugais, la Banif serait dans une situation extrêmement critique alors que le gouvernement ne trouve aucun repreneur pour reprendre sa part. L'Etat portugais a déjà injecté près de 1,5 milliard d'euros dans cette banque considérée comme l'une des plus petites du paysage bancaire portugais.

Le titre de la banque portugaise Banif s'effondrait lundi 14 décembre à la Bourse de Lisbonne, chutant de plus de 42%, alors que des médias locaux faisaient état d'une intervention imminente de l'Etat.

A 13H54 GMT, l'action dévissait de 42,86% à 0,08 centime d'euro, dans un marché en baisse de 0,75%. Après un bref répit vendredi - où le titre s'est envolé de plus de 55% - la Banif poursuivait ainsi sa chute vertigineuse entamée il y a une dizaine de jours.

Une très petite banque qui inquiète

Le gouvernement "suit la situation" de la Banif afin "d'assurer la confiance dans le système financier, la pleine protection des épargnants, les conditions de financement de l'économie et la meilleure protection des contribuables", a indiqué le ministère des Finances.

La Banif, qui figure parmi les plus petites banques du pays avec une part de marché estimée à 3%, a démenti une intervention de l'Etat, faisant valoir que "le scénario d'une résolution ou l'imposition d'une mesure administrative est dénué de sens".

La banque a réitéré que le processus de mise en vente de la part de 60,5% détenue par l'Etat était en cours, "impliquant plusieurs investisseurs internationaux".

Compte-à-rebours lancé

Si la banque échoue à trouver un nouvel actionnaire cette semaine, elle sera soumise à un plan de sauvetage, prévoyant de "séparer les actifs sains des actifs toxiques", rapportait la chaîne de télévision TVI24.

Cette hypothèse a été également avancée par le journal Publico qui écrit que "tout indique que le gouvernement présentera cette semaine une solution pour la banque".

La Banif subirait ainsi le même sort que Banco Espirito Santo (BES), qui avait été secourue par la Banque du Portugal le 3 août 2014. Dans le cadre d'un plan de sauvetage, les actifs sains ont été regroupés dans une structure de transition baptisée Novo Banco.

Un trou sans fond pour le contribuable

La banque avait bénéficié en décembre 2012 d'une aide de 1,1 milliard d'euros fournie par l'Etat portugais, qui détient depuis la majorité de son capital.

L'Etat avait apporté 400 millions d'euros sous forme de "Cocos" (obligations qui se transforment obligatoirement en capital si la santé de la banque se dégrade), dont 275 millions ont été remboursés.

Mais la Banif n'a toujours pas réglé la dernière tranche de 125 millions d'euros, qui était arrivée à échéance en décembre 2014, et doit également rembourser 700 millions d'euros d'ici à 2017.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/12/2015 à 23:32 :
Comme je suis un grand joueur de Monopoly, je dis : j'achète ! Bizarre que personne ne veuille acheter une banque... Pourtant, Mahame L'Hagarde avait bien dit : "La crise est finite." Non..??
Réponse de le 15/12/2015 à 12:58 :
Oui et "on" (l’État Portugais, l'Europe, La Tribune ou je ne sais qui) a dit aussi que, grâce à l'austérité, le "Portugal" (l’État, les banques, l'ensemble des portugais ?) était désormais sorti de la crise et n'avait plus besoin de l'aide de l'Europe ! Les contribuables portugais apprécieront cette nouvelle péripétie ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :