Banques : 20% des agences fermeraient en cinq ans (aux Etats-Unis)

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(Crédits : Reuters)
A l’heure du numérique et de la banque sur mobile, les grandes banques abandonnent le modèle "une agence à chaque coin de rue". Aux Etats-Unis, le cabinet de conseil JLL anticipe la fermeture de 18.000 agences en cinq ans.

Il est d'usage de dire que les Etats-Unis ont cinq ans d'avance sur l'Europe. Aussi cette prévision peut-elle éclairer l'évolution des réseaux des banques de détail dans les années à venir de ce côté-ci de l'Atlantique. Selon une étude du cabinet de conseil en immobilier JLL (ex-Jones Lang LaSalle), à l'horizon 2022, les grandes banques américaines devraient réduire de 20% leur parc d'agences, qui compte actuellement 90.000 points de vente. Cela se traduirait donc par 18.000 fermetures, alors qu'il n'y en a eu que 7.700 (soit -8%) depuis la crise financière, selon les chiffres de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), le régulateur bancaire américain.

« Avec l'évolution des services bancaires en ligne et sur mobile, le modèle d'agences à tous les coins de rue a évolué. La question n'est plus seulement de savoir quelle marque a le plus d'emplacements - les "briques". Il s'agit désormais de savoir comment la banque donne accès à ses clients efficacement à ses services à distance, à tout moment, n'importe où - les "clics" », résument les auteurs de l'étude sur les perspectives immobilières des banques.

Banques américaines agences

[En rouge, les zones où le nombre d'agences bancaires a baissé depuis 2010, en noir celles où il a progressé. C'est en Virginie et dans l'Indiana que les fermetures ont été les plus importantes. Crédits : JLL]

Les "briques" contre les "clics"

A titre de comparaison, 90.000 agences pour 321 millions d'habitants, c'est deux fois moins que les 37.500 agences pour 67 millions d'habitants en France. En Europe, notre pays a conservé une densité importante d'agences bancaires, trois fois plus forte qu'au Royaume-Uni, comme le montrent les chiffres de la BCE et d'Eurostat. Même si presque tous les groupes bancaires français ont annoncé des plans de fermetures ces derniers mois (20% du parc de la Société Générale d'ici à 2020, 400 agences chez BPCE).

Banques comparaison agences Europe

[En violet, nombre d'agences par million d'habitants en 2015 en France, en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni. En jaune, le pourcentage d'utilisateurs des services bancaires en ligne chez les 16-74 ans. Crédits : Fitch Ratings]

« Cela n'implique pas que l'agence bancaire disparaisse », souligne l'étude, qui évoque la nécessité d'adapter le réseau physique aux nouveaux usages et à l'essor des startups de la Fintech.

Les banques américaines continuent d'ouvrir des agences, mais beaucoup moins (moins d'une centaine à l'heure actuelle et le solde est négatif), et souvent de plus petite taille. Les agences actuelles seront transformées, de plus en plus automatisées (Bank of America teste ainsi des agences sans employé, avec salle de visioconférence). Il y a évidemment un enjeu d'optimisation des coûts pour les banques qui pourraient, au total, réaliser plus de 8,3 milliards de dollars d'économies en loyers en réduisant ainsi leur parc immobilier. Le cabinet JLL table sur 71.500 agences à horizon 2027, soit 25.000 de moins en vingt ans.

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Commentaires
a écrit le 02/05/2017 à 11:11 :
cf. article du WSJ du 12 octobre dernier disant que le "boom technologique" US ne crée pas assez de jobs.
a mettre en parallèle avec le fait que des millions d'américains âgés de 25-55 ans ont quitté le marché du travail (article Bloomberg.com de février dernier par Justin Fox faisant référence au récent bouquin de Nicholas Eberstdadt "Men Without Work").
a écrit le 02/05/2017 à 8:56 :
"Il est d'usage de dire que les Etats-Unis ont cinq ans d'avance sur l'Europe. "

Le problème majeur c'est que nous suivons systématiquement les pires solutions prises par les états unis et leurs bonnes idées sont ignorées.

Augmentation des profits, baisse du nombre de salariés, les milliardaires du net ont donné des idées aux anciens actionnaires milliardaires qui du fait de leur seule avidité sont en train d'éradiquer les outils de production qu'ils possèdent en totalité, espérant certainement que nous autres en créions d'autres, le problème c'est que comme ces mêmes actionnaires milliardaires ne veulent pas prêter de fric aux pauvres que nous sommes, ils ne se le prêtent qu'entre eux ou bien avec 20 à 30% d'intérêts, nous ne pouvons plus en créer de nouveaux outils de production générateur de richesses économiques.

Le néolibéralisme l'empire des "faibles" ou la dictature de la médiocrité.

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