HSBC part à la conquête des startups françaises

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La banque britannique, qui a choisi la France comme base de repli post-Brexit, est dans une stratégie de conquête sur le marché français des entreprises.
La banque britannique, qui a choisi la France comme base de repli post-Brexit, est dans une stratégie de conquête sur le marché français des entreprises. (Crédits : Jacky Naegelen)
La filiale française de la banque britannique ouvre « la première agence physique et 100% digitale » dédiée aux jeunes pousses et TPE dans le centre de Paris. Avec un forfait mensuel façon télécoms, la banque espère gagner 1.000 à 2.000 nouveaux clients par an sur ce segment en plein essor et potentiellement très lucratif.

L'univers bouillonnant des startups françaises, en bonne voie de réaliser des levées de fonds record cette année, attise les convoitises des banques et chacune rivalise d'initiatives pour séduire les jeunes entrepreneurs à fort potentiel. La BNP, qui se revendique « la première banque des startups », avec 2.000 clients, a ses "pôles innovation", la Société Générale des espaces Pro ciblant les jeunes créateurs. HSBC veut aussi sa part du gâteau. La filiale française de la banque britannique a récemment ouvert un centre d'affaires de 40 personnes dédié à ce public de startups en plein cœur de la capitale, à deux pas des grands magasins, dans le 9ème arrondissement.

Le centre d'affaires « Live », dédié aux startups et petites et moyennes entreprises franciliennes au chiffre d'affaires de moins de deux millions d'euros, promet « les avantages de la banque classique et de la banque digitale », avec une offre étendue de services numériques spécifiques. « Pour la première fois en France, les startups et les TPE pourront gérer leurs opérations à distance tout en gardant accès à leur agence physique », avance la banque.

 « C'est le premier centre d'affaires phygital (mariage du physique et du digital, ndlr) »,  nous explique Richard Lelong, le directeur Business Banking de HSBC en France.

« Le concept de Live, inspiré des business banking centres mis en place par HSBC au Royaume-Uni, est un modèle hybride innovant, proposant, au-delà de l'aspect digital, à la fois une agence et ses chargés d'affaires attitrés à chaque client et une équipe d'assistants commerciaux qui répond au téléphone pour une prise en charge immédiate des demandes. » En 23 secondes maxi, promet-il.

Pas d'horaires élargis (accueil téléphonique de 8h30 à 18h) car « l'idée est plutôt de s'appuyer sur la montée en puissance des outils digitaux » pour être plus joignable et réactif.

HSBC centre business live

[Le centre d'affaires Live de HSBC, rue des Mathurins à Paris 9. Crédits : D. C. ]

Un forfait à 30 euros par mois

Ne cherchez pas de technologie futuriste ni d'innovation bluffante sur place : le centre de la rue des Mathurins ressemble à n'importe quel autre centre d'affaires de la banque, c'est le mode d'organisation qui est différent, ainsi que la gamme de services en ligne (e-relevés, signature électronique dès l'ouverture du compte, tchat ou visioconférence, crédit en ligne, etc). Plutôt qu'une application mobile dédiée, HSBC propose d'utiliser celle de la startup toulousaine Ubleam pour scanner un code et faire apparaître une série de fonctionnalités à activer d'un clic (appel ou email au chargé de clientèle, brochure, etc). Au Royaume-Uni, elle propose des services encore plus avancés, comme l'identification biométrique, qui demeure problématique en France sur le plan réglementaire.

HSBC appli Ubleam scan code

HSBC espère aussi séduire avec sa formule tarifaire, inspirée des opérateurs télécoms. Les nouveaux clients ont droit à une « offre de bienvenue » pour une durée de 12 à 18 mois, calibrée en fonction de la taille et de la maturité de l'entreprise, de 30, 45 ou 60 euros (hors taxe) par mois, comprenant les frais de tenue de compte, les commissions de mouvement et la carte Visa Business. Dommage pour les jeunes pousses françaises : au Royaume-Uni, c'est carrément gratuit pour les startups pendant 18 mois chez HSBC. Une économie de plusieurs centaines d'euros peut-être symbolique mais toujours appréciable.

« Nous avons une image premium. Nous voulons nous adresser à une clientèle plus petite, en proposant l'expertise d'HSBC avec une offre personnalisée, en adaptant la tarification. Pour le prix d'un abonnement télécom premium, nous offrons un service premium pour les jeunes entreprises, qui lorsqu'elles grandiront auront des besoins plus complexes », fait valoir Richard Lelong.

Objectif de 1.000 à 2.000 clients gagnés par an

La banque britannique, qui a choisi comme base de repli post-Brexit la France, où elle détient toutes les licences nécessaires du fait de son rachat du CCF, est dans une stratégie de conquête sur le marché français des entreprises, où sa part de marché est encore modeste : elle compte 75.000 clients dans sa division « commercial banking » (hors grandes entreprises), contre 800.000 outre-Manche.

« L'objectif est de devenir le banquier de référence, pas de devenir leader, reconnaît Richard Lelong. Notre ambition est d'ouvrir 1.000 à 2.000 nouveaux comptes par an dans ce segment des TPE de moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires qui représente aujourd'hui 10% de notre base de clientèle entreprises. »

HSBC met en avant son « offre bancaire complète », de la gestion des flux de trésorerie au financement du cycle d'exploitation en passant par l'affacturage. Des solutions 100% maison : pour ce public pourtant avide de nouveautés et d'innovation, la banque ne propose pas pour l'instant de services fournis par des startups de la Fintech, sans l'écarter à terme (agrégateur par exemple). Cette ouverture constitue un enjeu majeur pour convaincre une population de jeunes entrepreneurs qui porte un regard souvent très critique sur les banques, leur manque de souplesse, d'agilité et de créativité...

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Commentaires
a écrit le 31/08/2017 à 16:56 :
Il est plus "tendance" de financer des start up (combien au bout de 5 ans) que de financer l'économie en place. Effet de mode certainement...Quelques bonnes gamelles et le monde bancaire reviendra aux fondamentaux
a écrit le 31/08/2017 à 11:40 :
LE problème est que les start up étant à la mode tout les établissements financiers les veulent, ce sont tous les autres secteurs de l'économie qu'il faudrait financer car en manque crucial de capitaux.

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