Avant le Japon, les catastrophes qui ont coûté le plus cher aux réassureurs

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Il est encore difficile d'estimer le coût de la catastrophe, en particulier pour les centrales nucléaires. Petit rappel des coûts des catastrophes précédentes dans le monde.

S'il est encore trop tôt pour évaluer le coût de la catastrophe de vendredi matin, pour les assureurs et réassureurs, la magnitude et les images du séisme font présager une note salée. Et cela même avant de connaître l'ampleur de la catastrophe nucléaire. Selon le cabinet d'analyse américain AIR Worldwide, le coût pour les assureurs pourrait atteindre 34,6 milliards de dollars (hors impact du tsunami et du nucléaire). Les plus atteints devraient être les réassureurs, puisque leur métier est de couvrir les assureurs. Ils sont également moins diversifiés dans leurs activités financières que leurs homologues. Après les inondations en Australie et le séisme en Nouvelle-Zélande en janvier et février, les objectifs de rentabilité annoncés par les réassureurs en 2011 pourraient donc être compromis.

Swiss Re, le deuxième réassureur mondial, a indiqué vendredi qu'il était "encore trop tôt pour dire quel sera l'impact" de la catastrophe, ajoutant qu'il faut habituellement une à deux semaines avant de pouvoir se prononcer. Du côté du réassureur français Scor, même son de cloche ; il ne disposait pas ce week-end d'estimation du coût lié à la catastrophe, ni de sa part de marché dans ce pays en réassurance dommage, laquelle atteint environ 5% au niveau mondial. Pour le PDG de Scor, Denis Kessler, "ces événements ne remettent pas en cause la solvabilité du groupe".

Le courtier JPMorgan Cazenove estime pour sa part que le coût de la catastrophe devrait se situer entre 1 et 2 milliards de dollars pour les réassureurs européens, qualifiant la facture de "gérable". Le courtier précise que l'Etat japonais réassure le commerce de détail. Il estime également que les dommages occasionnés à des immeubles commerciaux semblent a priori "limités", le tsunami ayant surtout touché des véhicules et des navires. Il ajoute enfin que le coût ne sera certainement pas "au même niveau que celui du séisme de Christchurch en Nouvelle-Zélande", que le réassureur Munich Re évalue à 10 milliards d'euros.

Du côté des autres assureurs européens, l'ardoise sera moins lourde. Ils bénéficient d'une faible présence dans l'archipel japonais, du fait des acteurs locaux qui ont saturé le marché. "Il est très difficile d'entrer sur le marché japonais de l'assurance dommages car les fortes probabilités de sinistralité empêchent les étrangers de coller aux prix des locaux", explique un spécialiste du marché. Les géants européens Allianz et Axa y sont en effet implantés de façon marginale en assurance dommages. En Bourse, les réassureurs ont comme prévu plus souffert que les assureurs. Alors que le secteur en Europe a perdu 2,11%. Hannover Re et Swiss Re, deux des principaux réassureurs exposés à l'économie nippone, chutaient respectivement vendredi de 5,28% et 3,54%. A Paris, l'action du groupe Scor a perdu 5,17% alors qu'Axa et Allianz ont reculé de 2,04% et 2,14%.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2011 à 6:46 :
8.5 milliards pour un truc qu'a jamais gagné d'argent... ça me rappelle une période du passé... A croire qu'avec 8.5 milliars de dollars microsoft était pas capable de créer, plutôt que d'acheter... Le prix du pack office est pas près de baisser.

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