L'Etat grec recapitalise National Bank of Greece

 |   |  579  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Les actionnaires de la Banque Nationale de Grèce (BNG), première banque du pays, ont approuvé jeudi l'augmentation de capital d'un milliard d'euros via l'émission des actions préférentielles qui seront vendues à l'État grec.

Cette augmentation "est nécessaire" et vise "à renforcer les capitaux de la banque", a indiqué le directeur général de la BNG Apostolos Tamvakakis au cours d'une assemblée générale tenue à Athènes sur ce sujet.

"L'augmentation sera effectuée via l'émission par l'Etat grec des obligations d'un milliard d'euros en échange de 20 millions d'actions préférentielles de la BNG, d'une valeur de cinq euros chacune avec un rendement de 10% chaque année", a indiqué à l'AFP Dimitris Spyropoulos, un porte-parole de la BNG.

L'opération est basée sur une loi grecque adoptée en 2008, lors de la crise financière à l'époque, qui prévoit "un soutien public pour les banques", a expliqué M. Spyropoulos. La convocation de l'assemblée générale de jeudi avait été décidée le 13 décembre à la suite d'une décision sur ce sujet prise par le conseil d'administration de la BNG.

La banque la plus exposée à la dette souveraine grecque

Plus tôt dans la journée, la Commission européenne a approuvé cette opération, indiquant que celle-ci "constitue un moyen approprié de remédier à une sérieuse perturbation dans l'économie grecque". Et pour cause : au cours des neuf premiers mois de 2011, la BNG a enregistré des pertes de 1,346 milliard d'euros sur les neuf premiers mois de 2011 en raison de la décote de 50% qu'elle s'apprête à subir sur les obligations grecques.

La banque, qui emploie plus de 12.000 personnes en Grèce, en Turquie et dans le sud-est de l'Europe, a indiqué avoir provisionné 1,339 milliard d'euros après taxe en anticipation de la décote des obligations qui font partie d'un plan d'ensemble européen de sauvetage de la Grèce, décidé à Bruxelles fin octobre.

Sans la décote, la banque aurait limité sa perte à 7 millions d'euros, contre un bénéfice de 259 millions d'euros un an plus tôt, avait-elle alors indiqué. La BNG est l'établissement grec qui est le plus exposé à la dette grecque, qui représentait dans son bilan environ 200% de ses fonds propres selon les données de juin. Mais les difficultés de la banque ne sont pas nouvelles : en septembre 2010, BNG avait déjà du se recapitaliser de 2,8 milliards d'euros en faisant cette fois ci appel à des investisseurs privés.

Le gouvernement grec est actuellement en négociation avec les créanciers privés détenteurs de titres grecs pour qu'ils acceptent un effacement de 100 milliards d'euros de dette, soit la moitié de la dette privée du pays; ou 35% de sa dette totale, qui s'élève à plus de 350 milliards et pèse 160% du PIB..

Il manque 30 milliards au secteur bancaire grec

L'ensemble du secteur bancaire grec en général est en grande difficulté, car pris en tenaille entre la fuite des dépôts bancaires vers l'étranger, des retraits massifs d'argent liquide, et des difficultés à se refinancer sur les marchés et même auprès de la Banque centrale européenne. A court de garanties collatérales, c'est l'intervention exceptionnelle de la Banque centrale de Grèce depuis aout 2011 qui permet aux banques du pays de faire face à leur manque de liquidités. La Banque centrale de Grèce prêtait en octobre dernier près de 30 milliards d'euros aux banques, en dehors des opérations habituelles de la BCE. Ce montant correspond d'ailleurs à la recapitalisation globale du secteur bancaire grec exigé par l'autorité bancaire européenne (EBA).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/01/2012 à 18:40 :
comment se fait-il qu'une banque grecque aie un nom anglais ??!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :