Les banques occidentales font machine arrière en Europe de l'Est

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Contraintes de se recapitaliser, les grandes banques européennes réduisent la voilure dans ces pays émergents.

C'est ce qui s'appelle virer de bord : les grandes banques d'Europe Occidentale qui, il y a un an encore, ne juraient que par l'Europe Centrale et Orientale, réduisent aujourd'hui la voilure dans cette zone géographique. UniCredit va se recentrer sur les seules Pologne, Russie et République Tchèque, alors que la banque italienne est présente dans une vingtaine de pays d'Europe Centrale et Orientale. De la même façon, l'allemande Commerzbank se concentrera désormais sur la Pologne, au détriment de la Slovaquie et de la République Tchèque. Enfin, la banque portugaise Millennium BCP et la belge KBC cherchent chacune à quitter la Pologne.

Si les banques d'Europe de l'Ouest ont tourné casaque aussi rapidement, c'est parce que, compte tenu de l'aggravation de la crise de la dette dans la zone euro, les marchés et les régulateurs les pressent de renforcer au plus vite leurs fonds propres. L'Autorité bancaire européenne les contraint à trouver près de 115 milliards d'euros d'ici au 30 juin, afin d'afficher un ratio de fonds propres durs de 9% au moins à cette date. Au total, sur les 16 banques occidentales les plus présentes en Europe Centrale et Orientale, 12 doivent être recapitalisées ou font déjà l'objet d'une aide publique, précisent les analystes de Morgan Stanley. Pour remédier à cette situation, les banques européennes n'ont d'autre choix que de céder des actifs. À l'étranger, forcément, pour ne pas affaiblir le financement de leurs économies domestiques. En novembre, les régulateurs autrichiens ont même instauré de nouvelles règles, destinées à empêcher les grands établissements du pays, Erste Group Bank et Raiffeisen Bank International - très présents en Europe Centrale et Orientale -, de renflouer leurs filiales à l'étranger.

Revirement douloureux

Ce revirement stratégique imposé est douloureux pour les banques d'Europe de l'Ouest, qui voyaient en l'Est un relais de croissance. Mais il l'est plus encore pour l'Europe Centrale et Orientale, où les trois quarts des actifs bancaires (hors Russie) appartiennent aujourd'hui à des banques d'Europe occidentales, d'après Fitch. Une dépendance qui inquiète l'agence de notation. Comment ces pays émergents - où l'industrie bancaire était assez peu développée avant l'arrivée des banques occidentales - financeront-ils leurs économies si les grandes banques européennes continuent à plier bagage ou, tout au moins, à réduire les financements accordés à leurs filiales d'Europe de l'Est ? La région risque d'être confrontée à une pénurie de crédit, a averti en novembre Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international. Comme cela avait été le cas lors de la crise financière de 2008. Aussi Fitch n'hésite-t-elle pas à évoquer une nouvelle «initiative de Vienne», du nom du plan de sauvetage élaboré par la Banque européenne de reconstruction et de développement en 2009, et qui avait vu les banques occidentales mettre la main à la poche pour sauver leurs filiales de l'Est.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2011 à 12:56 :
Les banquiers ne connaissent que l'appât du gain, qu'ils appellent la loi du profit dont ils ont fait la base de l'économie. Le vrai investisseur se comporterait en ami et garderait foi, mais il est devenu l'oiseau rare. Il y a un épouvantable ménage à faire dans la finance mondiale, on ne fera plus rien de bon sans s'y être collés.
Réponse de le 24/12/2011 à 13:59 :
Yves51 : soit honnête avec toi même, tout le monde connait que l'appât du gain sous ses différentes formes.
Réponse de le 24/12/2011 à 14:58 :
Kim, sois déjà honnête avec toi-même, parle plutôt pour toi que pour moi, tu seras déjà plus crédible. Beaucoup de commerçants, et même tous les bons commerçants, ne profitent pas de toutes les occasions d'augmenter leurs marges, y compris à l'égard d'une clientèle de passage, qu'il est vain de compter fidéliser. Tout le monde n'a pas la religion du business, qui ne connaît en effet que le business. Un vrai investisseur a d'autres motivations que le business, il joue gagnant-gagnant d'un bout à l'autre de la chaîne des acteurs concernés. La IXe Symphonie n'a pas été composée pour le business.
Réponse de le 24/12/2011 à 17:25 :
@Yves51: faux, je pense que Bite-au-vent faisait de la musique pour gagner sa vie, comme d'autres sont menuisiers ou patissiers, et donc pour gagner de l'argent. Mais tous les gens talentueux ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur il est vrai et on en fait des héros après leur mort. Un investisseur veut que son argent fructifie, faire de quoi quel serait son intérêt à aider des gens qu'il ne connaît même pas ? On n'a pas d'amis, que des intérêts communs :-) Pour l'investisseur, c'est tu trabailles et je récupère le fruit de ton travail en t'en laissant un peu pour que tu puisses continuer à travailler :-)
Réponse de le 24/12/2011 à 22:52 :
@Yves 51
Pour quoi nous resservir encore ces mêmes niaiseries sur les banquiers (à définir svp) assoiffés de sang et d'argent. Comment peut-on avoir des vues aussi primaires pour ne pas dire primitives ?
Réponse de le 25/12/2011 à 6:25 :
à patrickb:Pour l'investisseur, c'est tu trabailles et je récupère le fruit de ton travail en t'en laissant un peu pour que tu puisses continuer à travailler :-)

C'est du Raymond Barre:
il faut prendre l'argent de celui qui travaille, pour le donner à celui qui ne travaille pas, pour qu?il puisse payer le travail de celui qui travaille.

Un choix vite fait?

Réponse de le 25/12/2011 à 9:56 :
@ La vie en face, bien mal nommé : présentement, lequel des deux jette, grimpé sur son arbre, des noix de coco ?
Réponse de le 25/12/2011 à 10:23 :
On peut faire des gains sans etre trop gourmand,c'est le probleme de notre societeee actuelle ou l'on veut des gains astronomiques sur du court terme.Mais si ces memes entreprises, qui n'ont qu'une vision court terme et simpliste, sont aussi develloppe c'est parcequ'a l'epoque de leur creation la mentalitee etait tout autre et elles ont pu se devellopper sereinement.Maintenant elles crachent dans la soupe.Quand a l'interets communs,je dirais que tout le monde a interet que l'argent soit mieux redistribue(salaries,clients) pour que ces memes personnes puissent continuer de consommer
a écrit le 23/12/2011 à 16:01 :
Les Européens de l'ouest ont assez donné avec la Grèce. Cet élargissement débridé de l'UE a été une véritable folie. Les banques croyaient se remplir les poches
Réponse de le 23/12/2011 à 16:25 :
@Gilles : Les autres pays ne sont pas la Grèce, comme la France n'est pas le Portugal (même si elle en est géographiquement plus près que la Pologne de la Grèce). En fait, les Français et autres Occidentaux étaient très contents de pouvoir acheter des banques dans ces pays, et de prêter à des taux usuriers (plus de 12% pour un crédit hypothécaire, alors qu'avec la grande concurrence en France et le reste de l'Europe, elle ne pouvaient prêter qu'à des taux à perte) et de ce fait se faire des marges grasses qu'ils ne pouvaient plus faire dans leurs pays d'origine. Et l'élargissement "débridé" que vous appelez à permis à l'Allemagne tout d'abord, mais aussi à la France, de vendre ses produits. Qui ont permis de remplir les poches de certains occidentaux. Donc, ce n'est pas tout aussi blanc ou noir que vous le pensez. Heureusement!
Réponse de le 23/12/2011 à 23:43 :
Bon, ne pleurons pas. Les banques allaient à l'Est pour faire du fric, pas du social :-)
Réponse de le 24/12/2011 à 22:55 :
@PatrickB
Oui, les banques sont allées à l'Est pour développer leurs activités et leurs revenus, comme les autres industries d'ailleurs et pendant ce temps-là beaucoup sont restés à l'Ouest...

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