Record de dépôts des banques auprès de la BCE : faut-il s'affoler ?

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Avec 411,81 milliards d'euros déposés auprès de la BCE, les banques n'ont jamais mis autant d'argent "à l'abri". Des montants incroyables qui témoignent de la défiance des banques entre elles. Mais ce n'est pas la seule raison.

Les banques ont déposé 411,81 milliards d'euros auprès de la BCE vendredi 23 décembre. Du jamais vu depuis l'apparition de l'euro, pulvérisant le record précédent qui remontait à juin 2010, avec 384,3 milliards d'euros, en pleine crise grecque. Un chiffre qui traduit, a priori, la défiance des établissements bancaires vis-à-vis de ses concurrents, voire vis-à-vis des marchés financiers.

Sauf que ce nouveau pic des dépôts sur 24 heures intervient alors que l'institution monétaire de Francfort a réalisé mercredi 21 décembre sa première opération de prêts sur trois ans, aboutissant à l'octroi de 489 milliards de prêts à 523 banques de la zone euro. Cette opération, exceptionnelle à plus d'un titre et qualifiée par la presse de "cadeau de Noël", avait suscité davantage de demande que ne l'avaient anticipé les analystes.

Cette opération explique probablement en grande partie l'augmentation soudaine des dépôts dits "overnight" constatée aujourd'hui. En effet, les banques n'ont pas probablement pas eu le temps, vendredi dernier, de placer sur le marché les liquidités que la BCE leur avait versé la veille, le 22 décembre. D'autant que nous sommes en période de vacances et que les marchés étaient fermés lundi...

Faute de pouvoir techniquement tirer des rendements de cet argent en le plaçant sur les marchés, les banques l'ont donc logiquement déposé à la BCE, qui les rémunère à un faible taux, de 0,25%.

Reste que ces chiffres révèlent l'ampleur de l'intervention de la BCE dans cette crise. La BCE prête actuellement plus de 720 milliards d'euros ainsi que plus de 80 milliards de dollars aux banques européennes, et a racheté sur les marchés secondaires pour plus de 270 milliards d'euros d'actifs sécurisés et de dette souveraine.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2011 à 5:30 :
Moui... Mais alors pourquoi ont-ils emprunté autant dès maintenant, alors que la fenêtre est ouverte encore pour un bout de temps?
Etonnant, non? Et très contradictoire avec cette explication "conjoncturelle"...
a écrit le 28/12/2011 à 9:40 :
La prudence des banques s'explique aisément. Elles doivent respecter leurs propres engagements à l'égard de tiers, elles doivent soutenir l'activité économique, elles doivent éventuellement s'intéresser à la dette souveraine si les hommes politiques se sentent sérieux et responsables. La prudence est donc de mise.
a écrit le 27/12/2011 à 20:02 :
scandaleux, des artistes francais mais vivant en suisse pour pas payer d'impot se permettent de nous faire des lecons de morale en nous demandant de faire des dons aux resto de coeur !!!!! moi je donne rien
Réponse de le 28/12/2011 à 6:08 :
tu donne rien parce que tu est un radin,ton pretexte est pas tres intelligent
a écrit le 27/12/2011 à 17:43 :
Et ce n'est qu'une partie des "actifs", destinés à remplacer les "pourris", qui seront nécessaires pour éventuellement atteindre les critères de Bale3. Vous dire... Je note éventuellement car les banques anglo-saxonnes ne s'encombrant pas d'une quelconque régulation, toute contrainte sur les banques sera bien évidemment abandonnée. Sinon, elles n'existent plus. Vous noterez d'ailleurs un parallèle avec le rachat, qui deviendra exponentiel, de sociétés européennes par les banques et fonds de pension US...
a écrit le 27/12/2011 à 16:44 :
Quand on vous dit que tout va bien c'est que tout va mal. Le parler diplomatique est de rigueur . En 2003 'avais aimé le sourire du ministre des affaires étrangères turc qui se disait désolé en souriant de la trop grande promptitude des américains dans leur combat contre le mal... et qui n'avaient pas pu attendre le feux vert (ils jouaient la lenteur et nous les manifestations anti guerre) de son gouvernement pour utiliser leur espace aérien . Du coup ils avaient choisi une autre stratégie. Ce jour là ,dans le sourire de ce monsieur , le monde compris que l'américain avait perdu sa guerre (le premier qui commence perd se disait-il ).

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