La définition de la banque selon Jean-Marie Sander, de Crédit Agricole SA

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Le président de Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte, a donné sa définition de la finance lors de la conférence de presse sur les résultats annuels le 23 février. Pour lui, la banque ce n'est ni la finance hors-sol, ni la finance haute fréquence...

Jean-Marie Sander, le président de Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte, a ouvert la présentation des résultats du groupe. Il a donné sa définition de la banque avec un certain sens de la formule, critiquant notamment "la finance des produits dérivés qui finissent par dériver tout seuls". Une allusion claire aux produits qui ont précipité le secteur financier dans la crise à l'automne 2008.

Ce que la banque n'est pas

" Pour moi la banque, ce n'est pas la finance hors-sol, qui spécule sur des produits financiers déconnectés de l'économie réelle et pratiquée par des insitutions financières grises ou noires qui échappent à une régulation normale. Ce n'est pas la finance haute fréquence. Ce n'est pas la finance des produits dérivés qui finissent par dériver tout seuls. Ce n'est pas cette finance-là que nous voulons promouvoir, ni celle non plus des rémunérations extravagantes, que nous ne pratiquons pas", a indiqué Jean-Marie Sander.

Sur ce sujet sensible des bonus, le directeur général de Crédit Agricole SA, Jean-Paul Chifflet a pour sa part précisé que les rémunérations variables des opérateurs de marché  seraient réduites de 20%.  "Nous sommes au niveau le plus bas des rémunérations variables des établissements français", a -t-il précisé insistant sur le fait que les traders et autres preneurs de risques de la banque étaient déjà au départ à un niveau plus bas que leurs concurrents en matière de bonus.

La "vraie" finance selon Jean-Marie Sander

"La finance à laquelle je crois, c'est une finance réelle : celle qui prête aux acteurs plutôt que spéculer ; c'est une finance responsable, qui prête en fonction des capacités de remboursement, comme nous le faisons en France ; c'est une finance utile, qui joue son rôle dans la réalisation des projets des individus, des entreprises. C'est ce que nos concitoyens attendent de leur banque. C'est ce que font au quotidien les Caisses régionales et LCL avec leurs 27 millions de clients ; C'est cette idée que je soutiens et que je défends depuis mon entrée au Crédit agricole", a martelé Jean-Marie Sander.

La banque régionale et de proximité, fer de lance du Crédit Agricole

Placé au coeur du plan stratégique à 10 ans du groupe, la banque de proximité est aussi ce qui tire les résultats du groupe en 2011. La contribution net part du groupe des Caisses régionales, qui sont le bras armé de cette proximité, atteint 1 milliard d'euros, en hausse de 5,4% par rapport à 2010. Et le résultat d'exploitation des Caisses régionales s'élève à 5 milliards, en progression de 5,5 %. Malgré le contexte difficile, le rythme des crédits n'a pas diminué, au contraire : les encours de crédits ont progressé de 4,1% en un an pour atteindre 391 milliards d'euros pour les seules caisses régionales. Globalement, en intégrant aussi l'activité de la filiale LCL (ex-Crédit Lyonnais), le groupe Crédit Agricole a totalisé un encours de crédit de 478 milliards d'euros, ce qui fait de la banque "le premier financeur de l'économie frnçaise", selon Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit Agricole SA. 

Ce qui n'empêche pas les pertes

Pour sa part, le président Jean-marie Sander n'a pas manqué de souligner "notre groupe, considéré dans son entier, affiche un résultat positif en s'appuyant bien sûr sur les Caisses régionales, mais aussi sur le dynamisme de nos réseaux de proximité, en France et en italie notamment, et sur le dynamisme des métiers qui leur sont associés. Pourtant, Crédit Agrciole SA est cette année en déficit. Cette situation ne résulte pas d'une baisse de la performance opérationnelle de nos entreprises, mais de la crise grecque et des écritures comptables qui ont été passées".

De fait, c'est tout le paradoxe des résultats 2011, positif pour les Caisses régionales et négatif de 1,47 milliard d'euros - pour la première fois depuis sa création - pour leur structure faîtière cotée, Crédit Agricole SA (CASA). Cette perte s'explique par les coûts liés au plan d'adaption annoncé en fin d'année dernière (réduction des activités de la banque de financement et d'investissement notamment). Elle vient aussi des dépréciations d'écarts d'acquisition sur les sociétés et participations détenues dans le Sud de l'Europe (Bankinter en Espagne, BES au Portugal, Emporiki en Grèce, notamment). Et enfin, le résultat négatif de CASA doit beaucoup aussi à la dépréciation des obligations souveraines grecques détenues dans différents portefeuilles, et en particulier celui des filiales d'assurance, soit un total de 1,3 milliard d'euros (hors Emporiki).

Le groupe paie un très lourd tribut à la crise grecque : il estime que son coût total (pertes d'Emporiki et dépréciations) lui revient à 2,37 milliards en résultat net part du groupe.
 

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a écrit le 25/02/2012 à 11:14 :
A force de vouloir rechercher des boucs émissaires à la crise de la social-démocratie surendettée par les promesses d'argent gratuit et de sécurité illusoire, dans le but d'exonérer les politiciens collectivistes de leur culpabilité historique, on finit par raconter n'importe quoi. Financer l'économie signifie nécessairement SPECULER, c'est-à-dire anticiper, espérer, faire le pari que les débiteurs seront en mesure de rembourser à terme l'argent prêté. Vouloir séparer de façon étanche les dépôts et les investissements est absurde : cela signifierait tout simplement que les dépôts ne rapporteraient plus rien. Un dépôt rémunéré sans risque n'existe pas. Autant garder son argent dans un bocal ou son or dans sa cave et, jusqu'à preuve du contraire, rien ni personne ne vous empêche de le faire. Dès que vous acceptez librement de laisser votre argent dans une banque, vous vous livrez volontairement à de la spéculation, même si c'est indirectement, puisque vous demandez au banquier de spéculer à votre place. Tout dépôt bancaire est par destination de la spéculation. Désormais, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas, que vous n'étiez pas prévenus.
Réponse de le 16/03/2012 à 12:02 :
Financer l'économie signifie investir.La spéculation n'a rien a voir avec un financement de l'économie,c'est avoir un taux de rentabilité maximum sur du court terme sans se soucier d'un projet sur du moyen/long terme et sans aucune logique économique,ni réalité avec le terrain. Faut arreter de raconter n'importe quoi. Imaginez 2 secondes,que la spéculation soit apparu après la 2éeme guerre mondiale,le nucléaire n'aurait jamais décolle car non rentable sur court terme,comme tout les projets dont on bénéficie encore aujourd'hui grace a l'investissement sur du long terme.... Vous devez probablement etre un adorateur de hayek....La tristesse,relisez vos manuels d'économie et d'histoire avant de poster des comments aussi stupide
a écrit le 25/02/2012 à 11:12 :
Le nouveau management de CASA c'est à dire du groupe Crédit Agricole se tape le service après vente des décisions de ceux qui les ont précédé, les contextes ont complètement changé, le profil des gens en place aujourd'hui sont différents, ce sont des décideurs qui ont fait leur carrière sur le terrain, c'est donc un retour à la banque des années 1980, qui se caractérisait en autre par l'encadrement du crédit et quasiment le contrôle des changes. Mais je souhaite dire à ces décideurs que la Crédit Agricole s'est foutu royalement de ses clients pendant des années capitalisant sur son image de banque de proximité et fourguant de mauvaiss produits d'épargne ou des produits mal rémunérés, donc les clients du Crédit Agricole s'en souviendront très longtemps.
Réponse de le 25/02/2012 à 16:48 :
Parmi les produits d'épargne en question, l'action Crédit Agricole vendue 18 euros en 2002 et qui doit aujourd'hui avoisiner les 5 euros. Merci Messieurs les banquiers anti Finance, c'est ce qu'on appelle un placement de bon père de famille, les clients du CA auraient dû tous retirer leur fric en pleine crise pour voir ce que ça aurait donné ....une sorte de DEXIA puissance 5..
a écrit le 24/02/2012 à 16:03 :
La banque c'est une entreprise que vous payez pour qu'elle vous emprunte votre argent. Elle le joue ensuite sur les marchés au profit de ses plus gros actionnaires. Et s'il est perdu, c'est pour votre pomme, pas la leur.
a écrit le 24/02/2012 à 16:00 :
La banque, c'est un truc qui fait en sorte que vos économies rapporte plus à ses patrons, qu'à vous. Avant ça finançait l'économie... mais c'était il y a longtemps.
a écrit le 24/02/2012 à 15:33 :
Bien dit ! Alors activons s.v.p. la séparation de la banque de dépôt/prêt avec la banque d'investissement/spéculation et interdisons surtout à la banque de dépôt de spéculer pour son propre compte et (ou) d'avoir un lien quelconque avec des sociétés de capital-investissement, en transposant tout simplement chez nous la règlementation Volcker en cours d?adaptation aux USA.
a écrit le 24/02/2012 à 14:39 :
que le crédit agricole commence enfin à mettre un peu d'ordre dans ses liens financiers et capitalistiques dans le groupe. Qu'il justifie ainsi le maintien en bourse de 13 Caisses régionales sur 39
avec des porteurs de CCI sans droit de vote évidemment !. Des porteurs pris volontairement en OTAGE, car ils font partie de banques
dites mutualistes !. QUE CAsa demeure au CAC, soit !!mais que l'on
tolère encore l'appel au marché de caisses régionales !!!
a écrit le 24/02/2012 à 13:37 :
On n'a pas le cul sorti des ronces ...
a écrit le 24/02/2012 à 10:01 :
les salariés et les sociétaires vont payer un lourd tribu par la faute de Dirigeants qui ne rendent aucun compte et qui foulent le mutualisme au pied. Ce la confirme qu'il faut mettre le système bancaire sous contrôle public et exiger le départ de dirigeants responsables de la perte de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Réponse de le 24/02/2012 à 11:29 :
ou les mettre sous controle de cgt comme la sécu?? lol ça serait beau tient
Réponse de le 24/02/2012 à 11:48 :
Vu la part de responsabilité des Etats dans la crise , je ne pense pas qu'il faille mettre le systeme bancaire sous controle public.
a écrit le 24/02/2012 à 9:25 :
du bluff...de haute voltige ...
magique je dirai...
a écrit le 24/02/2012 à 9:24 :
Pas de rémunérations extravagantes? Quid des 300 retraites chapeaux octroyées
généreusement a ceux qui ne peuvent se soustraire aux responsabilités concernant la douloureuse facture des pertes 2011.
Réponse de le 24/02/2012 à 10:29 :
Comem pour Dexia, les patrons du Crédit Agricole doivent être condamnés à rembourser leurs bonus, retraites chapeau, et 80 % de leurs salaires, c'est à dire un pourcentage équivalent à la décote des actions du Crédit Agricole ... et pour Mr PAUGET, un petit plus serait qu'il passe par la case prison pendant un certain temps pour manipulations en gestion bancaire .... de même pour Oudéa et Bouton à la Société Générale ...
a écrit le 24/02/2012 à 6:49 :
quand la grenouille veut se faire plus grosse que le b?uf elle éclate.

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