L'intervention de la BCE ne sauvera pas les banques les plus malades

Selon l'agence de notation Fitch, les opérations de refinancement à trois ans menées par la Banque centrale européenne permettront seulement aux banques les plus affaiblies de la zone euro de gagner du temps.
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Moment attendu des intervenants sur les marchés, la deuxième opération de refinancement à long terme de la Banque cenrale européenne (BCE), dont le résultat sera connu ce mercredi 29 février, sera scrutée : tant pour le montant octroyé que pour le nombre de banques venues solliciter la BCE. La première opération du genre, réalisée le 21 décembre dernier, avait concerné 523 établissements pour un montant total de 489 milliards d'euros. Mais pour les analystes de Fitch Ratings, l'intervention de la BCE, si elle a joué jusqu'alors un rôle stabilisateur sur les marchés financiers, pourrait bien n'être qu'un retardeur pour le secteur bancaire.

La confiance pour partie restaurée vis à vis des banques, émettrices de dette, et le recul des primes de risque exigées sur le marché des dettes d'Etat "ont permis d'éviter de nouvelles dégradations, plus importantes encore", souligne ainsi Fitch Ratings. "Dans certains cas, le temps ainsi gagné permettra aux banques de faire face à leurs difficultés. Mais pour les plus mal notées, cette opération de refinancement retarde simplement leur mort".  

Parmi les bénéficiaires les plus importants de l'opération de décembre, l'agence cite les établissements financiers italiens et espagnols, mais également allemands. A l'inverse, les pays nordiques, les Pays-Bas et la Suisse n'ont pas participé. Les analystes de Fitch ne s'attendent pas à une forte utilisation des fonds ainsi obtenus pour des stratégies de portage (qui consistent à rechercher des rendements plus attratifs après avoir emprunté à 1%), car les banques européennes cherchent plutôt à sortir de leur exposition à la dette des Etats lorsqu'elles le peuvent. Les banques italiennes et espagnoles de taille moyenne peuvent toutefois être ou avoir été tentées compte tenu de l'écart de taux.

Une opération qui ne dopera le crédit

Les économistes tablent sur 470 milliards d'euros supplémentaires de prêts octroyés mercredi par la BCE. Fitch ne fait pas, pour sa part, de prévision sur ce montant. Mais l'agence a noté que des établissements de taille moyenne, notamment en Italie et en Espagne, se sont préparés. Surtout, la première opération n'a pas été considérée comme le signal d'une mauvaise santé du secteur bancaire européen. Mario Draghi, le président de la BCE, a lui-même lutté pour cela, à l'occasion de la dernière conférence de presse à l'issue du Conseil des gouverneurs (le 9 février dernier). Du coup, des établissements plus solides pourraient bien se présenter, cette fois-ci, au guichet de la BCE. 

Mais n'en déplaise à Mario Draghi, qui exhortait dimanche dernier encore les banques à prêter aux ménages et aux entreprises pour soutenir la croissance, Fitch ne parie pas sur une forte croissance du crédit, compte tenu de l'absence de demande notable en Europe.

 

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Commentaires 12
à écrit le 01/03/2012 à 9:34
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Il me semble que le système basé sur le cycle crédit/consommation/croissance est au bout du rouleau et qu'on assiste à une fuite en avant parce que personne ne veut l'admettre.Il y a trop d'argent improductif et on compense par une création de monnai...

à écrit le 29/02/2012 à 17:25
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Pour reprendre le préambule de cet article; gagner du temps. Mais comme le temps c'est de l'argent, nous pouvons toujours espérer.

à écrit le 29/02/2012 à 16:25
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Comment comprendre qu'il faudrait emprunter alors que chaque jour qui passe nous démontre que c'est mortel. Un emprunt vous met à la rue dès votre place perdue. Alors vivre au jour le jour est le sort nouveau qui est réservé par le système en général...

à écrit le 29/02/2012 à 12:16
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Mais en fait la catastrophe est déjà présente et aucune solution n'est proposé, a part : "gagner du temps"! Et justement, ce gain de temps est profitable à l'idée d'une sortie de la monnaie unique de plus en plus réaliste...! Avant 2000 la monétique...

à écrit le 29/02/2012 à 12:05
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Ces nouvelles liquidités devraient être ré-injectées dans l'économie réelle notamment par l'octroi de crédit aux entreprises et aux ménages, afin de faire repartir la croissance. Vous y croyez?

le 29/02/2012 à 13:26
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Je crains que la réponse ne se trouve dans votre question....

à écrit le 29/02/2012 à 11:31
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Peut-être faudrait-il ajouter une autre cause au léger souci des banques actuel. Et là, tout le monde (ou plutôt ceux qui se renseignent) a remarqué l'augmentation importante du shadow banking. Et, de plus, la Suisse ne doit pas être le seul paradis ...

à écrit le 29/02/2012 à 7:16
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La Suisse n'a pas pu bénéficier de prets de la Bce? Bizzare, vous avez dit bizzare?

le 29/02/2012 à 8:46
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Très bien vu, Ber. NOUS renflouons AUSSI les banques suisses. Si quelqu'un trouve ça normal, moi, non!

le 01/03/2012 à 11:35
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Elle bénéficie déjà de l'évasion fiscale européenne,ça devrait lui suffir!

à écrit le 29/02/2012 à 5:01
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Il y a du souci à se faire si on a un compte approvisionner. Aussi avec l'assurance-vie. Qui va casquer pour payer les conneries, l'incurie et les mensonges de ceux qui gouvernent ? (Eux ne paient pas d'impôts, ils n'ont pas de salaire mais des inde...

à écrit le 28/02/2012 à 21:07
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Mince, le numéro du super illusionniste Mario commence à ne plus faire effet.... Inquiétant, n'est-ce pas ???

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