Grand nettoyage en vue dans les banques russes : 50% pourraient disparaitre

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Moscou agite de nouveau l'épouvantail du relèvement des minimas de fonds propres pour les banques, afin d'assainir un secteur où pullulent encore des centaines de «banques de poches »

Le ministre des finances Anton Silouanov a déclaré mercredi qu'il envisageait de remonter le plancher de fonds propres des banques de 180 millions de roubles (4,6 millions d'euros) pour le porter à 1 milliard de roubles (25 millions d'euros). « Nous débattons de cette mesure au sein du gouvernement et envisageons différentes propositions. Je pense que c'est possible et normal », a déclaré Anton Silouanov. La mesure devrait être mise en application en 2015, le temps de favoriser d'ici-là une consolidation du secteur, qui compte autour d'un millier de banques. A l'heure actuelle, seule une grosse centaine de banques russes disposent de plus d'un milliard de roubles en capitaux propres.

 

En dépit du temps laissé aux actionnaires et d'avertissements en ce sens, l'annonce a fait l'effet d'une bombe dans les milieux financiers russes, ravivant un débat divisant les économistes depuis plus de 10 ans. « C'est un moyen de sortie de crise », juge Viktoria Belozerova, directrice de l'analyse des risques chez le groupe financier RESO, « mais il faut des planchers différents pour chaque type de banque. Il est évident que les plus petits acteurs seront mis hors-jeu, et qu'est-ce qui justifie cela ? C'est discutable ».

 

Boîte de Pandore ou assainissement trop longtemps retardé ? Les uns pensent que la taille du pays justifie un grand nombre de petites banques régionales. Les Russes n'ont pourtant qu'une confiance très limitée dans les établissements bancaires après deux terribles crises financières en 1993 et en 1998. Les autres estiment que c'est précisément la survivance prolongée de banques opaques et sous capitalisées qui met en danger la stabilité du système.

 

« La raison principale évoquée pour cette mesure est que les petites banques sont soi-disant plus engagées que les autres dans les activités de blanchissement », souligne Maxime Osadtchi, analyste chez BKF Bank. « Mais dans les faits, sur les 24 derniers cas de blanchiment, il y avait un grand nombre d'établissements dont le capital dépasse le milliard de rouble. Par conséquent, l'argument principal ne tient pas. L'assainissement n'est pas lié à la taille ».

 

Une étude publiée le 15 mars par Standard & Poors classe la Russie dans le groupe 7 (« à haut risque ») avec des pays comme la Hongrie, le Portugal, les Philippines et l'Indonésie. Le 10ème groupe comprend les pays les plus risqués. L'agence souligne la forte dépendance de l'économie russe aux facteurs extérieurs, un « risque élevé » causé par la faible compétitivité et le poids important des crédits en devises étrangères, et surtout un « risque très élevé » lié au cadre institutionnel. Le régulateur continue de susciter des critiques, en Russie comme à l'étranger.
 

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