Le patron de Goldman Sachs sauve sa tête mais sera sous surveillance

Face au mécontentement d'un actionnaire, la grande banque d'affaires américaine a accepté de nommer un administrateur principal indépendant pour préserver la double casquette de son PDG, Lloyd Blankfein.
Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs  Copyright Reuters
Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Goldman Sachs n'est pas (encore ?) prête à sacrifier son PDG, Llyod Blankfein, pourtant sur la sellette après l'onde de choc suscitée par les accusations d'un ancien cadre de la firme dans le "New York Times". La grande banque d'affaires a en effet préféré transiger face à l'un de ses actionnaires (le syndicat de fonctionnaires locaux AFSCME) pour qu'il renonce à présenter, lors de la prochaine Assemblée générale en mai, une motion qui pourrait pu conduire à réduction du rôle voire au départ de son patron.

La banque a ainsi accepté de nommer comme administrateur principal un membre indépendant de son Conseil d'administration. Ses fonctions seront notamment de réaliser l'évaluation annuelle du PDG de l'établissement et de faire le lien entre la direction et les membres indépendants du Conseil. John Bryan, ancien PDG de Sara Lee présent au Conseil de Goldman Sachs depuis 1999, sera le premier à remplir ces nouvelles responsabilités.

"Un sérieux problème de culture chez Goldman"

"C'est un premier pas vers la bonne direction", estime Lisa Lindsley, directrice de la caisse de retraite de l'AFSCME, qui possède 7.101 actions de Goldman Sachs. "Mais il faut encore voir si cela va être suffisant", poursuit-elle, jugeant que les derniers évènements ayant affecté la banque témoignent "d'un sérieux problème de culture chez Goldman".

En contrepartie, la firme a obtenu du syndicat de fonctionnaires qu'il retire un projet de motion demandant la séparation des rôles de président du Conseil d'administration et de directeur général, tous les deux occupées par Lloyd Blankfein. Le syndicat faisait valoir que cette mesure était indispensable pour mettre un terme à tous les conflits d'intérêts au sein de la banque et pour restaurer son image de marque.

Une décision qui pourrait faire école

Une motion similaire avait déjà été présentée aux actionnaires en 2010. Elle avait été très nettement rejetée. Mais la multiplication des affaires et des scandales faisait planer le doute sur l'issue de cette nouvelle motion. Depuis plusieurs mois, les dirigeants de la banque étudiaient donc une parade, allant de la nomination d'un nouvel directeur général (Gary Cohn) à la démission de Llyod Blankfein du poste de PDG qu'il occupe depuis 2006.

La décision de Goldman Sachs pourrait renforcer les pressions sur les autres grandes banques américaines. En 2009, les actionnaires de Bank of America avait obtenu une séparation des rôles de président et de directeur général. Mais des initiatives similaires avaient échoué chez JPMorgan Chase, American Express ou encore Northern Trust.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 29/03/2012 à 18:26
Signaler
Il sait plein de trucs sur des tas de gens très importants. Alors, forcément...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.