La deuxième banque israélienne porte plainte contre trois banques américaines

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la banque Hapoalim reproche à Bank of America, Merrill Lynch et Countrywide de lui avoir fait perdre 879 millions de dollars dans le cadre de placements subprimes. Elle a déposé plainte auprès de la Cour suprême de New York à Manhattan.

La Hapoalim estime avoir été flouée par Bank of America, Merrill Lynch et Countrywide. Résultat : la deuxième plus importante banque israélienne a déposé plainte auprès de la Cour suprême de New York à Manhattan. Elle exige des indemnités de 720 millions de dollars pour compenser une partie des pertes subies à la suite de la crise des subprimes. Selon elle, ces trois institutions financières l'auraient sciemment induite en erreur. La Hapoalim est d'autant plus décidée à poursuivre qu' elle a été de loin la plus touchée parmi les autres banques israéliennes.
Entre 2005 et 2007, la Hapoalim qui misait sur des taux de rendement de capitaux propres de 15% annuel, avait en effet joué gros sur ces titres basés sur les prêts hypothécaires immobiliers aux Etats-Unis avec une mise de 3,65 milliards de dollars au début de 2007. Six mois après, le château de cartes s'est effondré. Le séisme qui a suivi a laissé une ardoise de 879 millions de dollars pour la Hapoalim. Selon les responsables actuels de la banque, qui ont succédé à l'ancienne direction au moment des faits, la Hapoalim a acheté les yeux fermés quasiment entre janvier 2006 et juillet 2007, ces titres subprimes auprès de Bank of America, de Merrill Lunch et de Countrywide en accordant selon un document de l'époque une note AAA à 99,8% de ces placements. La confiance était telle que la Hapoalim a continuéà acheter des « subprimes » jusqu'à la mi-juin 2007, soit un mois avant le déclenchement de la crise.

des données trompeuses et incomplètes

Pour justifier un tel manque de discernement, les responsables de la banque affirment que les trois établissements américains utilisés comme intermédiaires les ont induits en erreur en leur fournissant des données « trompeuses et incomplètes » sur la valeur réelle des prêts hypothécaires. Plus grave : les trois institutions visées auraient été parfaitement au courant de cette surévaluation. « Selon notre enquête, il existe une base pour engager des poursuites contre les organismes responsables de l'émission de ces titres », souligne un communiqué de la Hapoalim.

Une perte de 879 millions de dollars

Le manque à gagner a été à la hauteur de la surprise: en mai 2008 la Hapoalim a vendu son portefeuilles de subprimes pour 2,55 milliards de dollars avec une perte de 879 millions de dollars. Détail important : la banque a été contrainte de se débarrasser de ces titres par le responsable de la commission bancaire israélienne, un organisme officiel qui commençait à s'alarmer d'une possible déstabilisation du système bancaire israélien. Comme l'admet un ancien cadre de la Hapoalim, « nous n'avions pas vraiment compris comment fonctionnait le système jusqu'à ce que tout s'effondre ». Echaudées par cette amère et coûteuse expérience, les banques israéliennes ont réduit ces derniers mois leur exposition vis-à-vis du groupe des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne).
 

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Commentaires
a écrit le 20/04/2012 à 16:41 :
quelle vaste blague!!! une banque qui place sur un rendement à 15% doit obligatoire savoir qu elle est sur du spéculatif et pas du petit!! Et ils mettent 4 ans à se rendre compte et demander réparation?? Discrédit total je leur suggére fermer et de se reconvertir dans l épicerie de quartier ,encore que l épicier du coin est souvent un gars pragmatique et précautioneux

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