Espagne : le gouvernement prévoit une injection d'argent public dans Bankia

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Le Président de Bankia, Rodrigo Rato.Copyright AFP
Le Président de Bankia, Rodrigo Rato.Copyright AFP
La plus grande union de caisses d'épargne espagnole, Bankia, fera l'objet d'une intervention publique d'ici vendredi 11 mai afin de l'assainir de ses actifs immobiliers toxiques. Cette annonce du ministère de l'Économie intervient alors qu'on estime les besoins de financement de Bankia et sa société mère BFA entre 5 et 10 milliards d'euros. Son président, Rodrigo Rato, a annoncé sa démission.

"Nous sommes en train de finaliser un plan d'assainissement de la banque qui se fera sûrement à travers l'injection d'obligations convertibles, les fameuses Cocos, et nous préparons aussi des changements dans la gestion" de Bankia , a indiqué le ministère. De l'argent public va donc venir au secours de cette plus grande union de caisses d'épargne espagnoles qui inspirait ces dernières semaines de plus en plus d'inquiétudes. Mais cette injection s'accompagnera de changements radicaux au sein de la direction de la banque, selon des sources gouvernementales et de la Banque d'Espagne.

Un beoin de financement de 5 à 10 milliards d'euros pour Bankia

Selon le quotidien El Pais du 7 mai, le renflouement de Bankia comporterait un prêt de plusieurs milliards d'euros garanti par l'Etat et à un taux proche de 8%. Le journal ajoute que les besoins de financement de Bankia et de sa société-mère Banco Financiero y de Ahorros (BFA) pourraient représenter de 5 à  10 milliards d'euros.

Bankia avait pourtant déclaré à la banque centrale qu'elle pouvait remplir les critères de provisionnement des pertes immobilières sans argent public ou sans fusionner avec une autre entité, s'en tenant ainsi à sa stratégie d'autonomie. Mais les investisseurs sont d'autant plus sceptiques sur cette stratégie que la banque a publié la semaine dernière ses comptes de 2011 sans qu'ils soient audités. malgré les annonces du gouvernement, , l'action Bankia cédait 5,17% à 2,328 euros en début de matinée.

Le plan envisagé par le gouvernement pour assainir le bilan de Bankia prévoierait "la possibilité de renforcer le bilan par le biais de cessions d'actifs", selon une source au sein de la Banque d'Espagne cité par l'agence Reuters. Le renforcement de cette banque, qui est le résultat de la fusion de plusieurs caisses d'épargne est important pour le marché espagnol : Bankia regroupe 10% environ des dépôts en Espagne.  Mais elle est très exposée au secteur immobilier local, qui a implosé durant la crise financière.

Le président de la banque, Rodrigo Rato, démissionne

Face à cette situation extraordinaire, Rodrigo Rato, le président de Bankia, n'a pas tardé pour annoncer sa démission, quelques heures à peine après l'annonce du gouvernement. "J'ai décidé de passer le témoin à un nouveau gérant, ce qui est le plus convenable pour cette entité", indique Rodrigo Rato, qui a été ministre de l'Economie du pays de 1996 à 2004, puis directeur général du FMI jusqu'à 2007. Rato précise qu'il proposera au conseil d'administration de la banque un remplaçant: José Ignacio Goirigolzarri, directeur général de la deuxième banque espagnole, BBVA, jusqu'en 2009. C'est "la personne la plus adéquate pour mener ce projet actuellement", a estimé Rodrigo Rato.

Une réforme du système bancaire doit être annoncé vendredi 11 mai

Le président du gouvernement Mariano Rajoy a par ailleurs indiqué lundi 7 mai que son gouvernement présenterait en détail une nouvelle réforme du système bancaire vendredi, précisant que l'argent public pourrait être mobilisé pour aider les banques mais en dernier recours seulement. Il a ajouté que cette réforme n'aurait pas d'incidence sur le déficit public.

La première réforme que Mariano Rajoy avait soumise en février n'avait pas convaincu les marchés que les banques avaient correctement évalué leurs pertes due à l'éclatement de la bulle immobilière. Le gouvernement espagnol pourraient approuver  vendredi les principes concernant la création de holdings destinées au cantonnement et à la vente d'actifs immobiliers douteux.Il ne s'agirait pas d'une "bad bank" mais de la création de sociétés de liquitation des actifs immobiliers toxiques.


 Selon une source au sein de la Banque d'Espagne cité par l'agence Reuters,  le plan destiné à Bankia prévoit "la possibilité de renforcer le bilan par le biais de cessions d'actifs".  Bankia regroupe 10% environ des dépôts en Espagne et est très exposée au secteur immobilier local, qui a implosé durant la crise financière.

Bankia avait dit à la banque centrale qu'elle pouvait remplir les critères de provisionnement des pertes immobilières sans argent public ou sans fusionner avec une autre entité, s'en tenant ainsi à sa stratégie d'autonomie.
Mais les investisseurs sont d'autant plus sceptiques sur cette stratégie que la banque a publié la semaine dernière ses comptes de 2011 sans qu'ils soient audités.
Vers 09h45 GMT, l'action Bankia cédait 5,17% à 2,328 euros alors que l'indice regroupant les valeurs bancaires européennes perdait 0,33%. (Paul Day, avec Julien Toyer, Jesus Aguado, Blanca Rodriguez et Robert Hetz, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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Commentaires
a écrit le 07/05/2012 à 13:23 :
L'Etat espagnol, complètement désargenté, peut-il réellement se lancer dans des nationalisations rampantes ? N'est-il pas préférable de laisser aller à la faillite les banques trop lourdement endettées pour se concentrer sur les meilleures ?

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