Le Crédit Agricole pourraît participer au sauvetage du Crédit Immobilier de France

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La division services immobiliers de la Banque verte (Square Habitat), pourrait s'intéresser à la division immobilier de l'établissement en difficultés.

Le sort du Crédit Immobilier de France, ce spécialiste des prêts immobiliers se joue en ce moment. Depuis que l'Autorité des marchés financiers (AMF) a suspendu la cotation de ses obligations, mercredi 9 mai, le temps est effectivement compté. Il faut dire que la situation de l'établissement français, proche du mouvement HLM, est préoccupante. Ses commissaires aux comptes ont considéré qu'ils ne pouvaient attester de la "continuité d'exploitation" de l'entreprise, mettant le doigt sur des problèmes de liquidité d'autant plus importants que,  ne gérant aucun dépôts,  il doit aller chercher ses capitaux sur les marchés.
Pour calmer les esprits, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a déclaré ce lundi que le Crédit immobilier de France disposait d'un niveau de solvabilité financière très satisfaisant tout en reconnaissant que l'ACP (l'Autorité de contrôle prudentiel) qu'il dirige également était à la recherche d'une "solution pérenne" pour l'établissement.

La Banque verte à l'affût

Selon nos informations, le Crédit Agricole, à la tête d'une importante branche de services immobiliers via Square Habitat, serait prêt à étudier sérieusement la question. Mais pas pour reprendre le CIF dans son intégralité. La division administration de biens de la Banque verte serait intéressée par la branche immobilière de l'établissement dirigé par Claude Sadoun (« Immo de France », spécialisée dans les transactions immobilières et l'administration de biens). Celui-ci est à la tête d'un réseau de 300 agences réparties dans toutes la France, force de frappe qui constitue un réel atout aux yeux du Crédit Agricole qui joue à fond la carte de la proximité. En revanche, le groupe de Jean-Paul Chifflet, ne serait pas intéressé par la partie crédit du CIF, celle justement qui pose le plus de problème. Sachant que le groupe est effectivement un gros acteur du marché national de la titrisation et qu'il a encore émis pour 23,5 milliards d'obligations à fin 2011.

« Le CIF est un des acteurs majeurs de la titrisation en France. C'est bien la raison pour laquelle les pouvoirs publics regardent de très près le dossier et qu'ils vont tout mettre en œuvre pour trouver rapidement une solution », analyse un proche du dossier. Pour l'heure, « les pompiers » habituels ont refusé leur service. Que ce soit la Caisse des dépôts, la Banque Postale voire la BPCE, à la tête du Crédit Foncier, ils ont tous présenté une fin de non recevoir. Il faut dire qu'ils ont déjà pas mal de pain sur la planche, la CDC étant bien occupée avec Groupama, la Banque Postale avec le financement des collectivités locales et BPCE avec sa branche immobilière à finir de solder.

Salariés amers

En attendant, nombre de salariés du Crédit Immobilier de France sont aujourd'hui bien amers. Il n'y a pas si longtemps, le groupe était évalué environ à 4 milliards d'euros. Aujourd'hui, cette valorisation a fondu comme neige au soleil. Et l'avenir social de la division crédit ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. D'où les interrogations et les critiques que l'on entend ça et là. Une problématique que le cousin du CIF, le Crédit Foncier a lui aussi connu dans les années 90, lorsque le gouvernement de l'époque avait songé à le rayer de la carte. Projet finalement abandonné après une bataille historique des salariés du groupe, ceux-ci ayant réussi à démontrer la viabilité et l'utilité de cette entreprise.
L'avenir du CIF va-t-il s'écrire à l'encre de capitaux étrangers ? Vu le faible appétit montré par les acteurs nationaux, pouvoirs publics et organes prudentiels vont peut-être devoir se tourner vers l'international. On voit mal toutefois le futur gouvernement socialiste accepter une solution chinoise ou moyen-orientale pour organiser le financement de l'accession à l'habitat de foyers modestes.
 

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Commentaires
a écrit le 26/11/2012 à 9:46 :
Le CIF est réputé pour accorder des prêts à une catégorie de clients recalés par la majorité des banques?Depuis trente ans les marches financiers, « délivrés » de toutes les règles de prudence qui «entravaient» le système bancaire traditionnel ont entretenu artificiellement la demande des ménages en leur accordant des prêts dans des conditions de plus en plus laxistes. Cette demande non financée a, certes, induit une augmentation réelle de la production, des revenus et du Pib mais elle a surtout permis aux opérateurs des marchés de retirer des bénéfices considérables via la titrisation.
Les théories (très en vogue actuellement dans les écoles de commerce) du « bas de la pyramide» consistent, avec un cynisme à peine déguise, à faire valoir que les « pauvres », sur cette planète, sont très nombreux. Par conséquent, agréger, leur pauvreté peut se muer en richesse si l?on sait ponctionner (même faiblement) tout le monde. D?où l?idée de leur consentir des prêts sans trop de discernement : pourvu qu?ils ne fassent pas tous faillite simultanément, la plupart devra s?acquitter pour longtemps de traites qui sont individuellement dérisoires au regard des sommes transitant sur les marches financiers mais qui, additionnées les unes aux autres, constituent un vrai « trésor de guerre ». Si l?opération se déroule comme prévue, lentement mais sûrement, la formidable richesse des pauvres transitera vers leurs créanciers?
C?est ce qui s?est passé avec les pays du Sud jusqu?à ce que l?on constate, que le remboursement de la dette représentait des flux sud nord supérieurs aux flux nord-sud de l?aide au développement. De là est née la mobilisation en faveur de l?effacement de la dette des pays pauvres. Par analogie, les classes moyenne jouent aujourd?hui le rôle des « pays du Tiers-monde » il y a vingt ans, tandis que le rôle des pays du Nord est assume par la petite minorité qui bénéficie des rendements du capital financier.
Qui peut croire que, dans dix ans, les titres « toxiques » que rachètent les états aujourd?hui vaudront encore quelque chose? Cela supposerait que la majorité des ménages surendettés aient survécu sans faire faillite - ce qui exigerait sans doute l?équivalent d?un effacement de la dette des « ménages pauvres». Il y a donc fort à craindre que beaucoup d?entre eux seront les premières victimes de la récession et que, in fine, les contribuables auront bel et bien à rembourser cette énorme dette, illustration inédite des vertus du « bas de la pyramide» : faire financer le sauvetage des grandes banques d?investissement par les contribuables qui, même pauvres, sont très nombreux...
a écrit le 25/06/2012 à 21:40 :
c'est comme si le CREDIT IMMOBILIER DE FRANCE n'avait jamais existé, que font les membres du gouvernement vis à vis de cette institution, le mouvement HLM, pourquoi les employés ne se mobilisent ils pas pour connaître leur sort
a écrit le 19/05/2012 à 10:27 :
lA VALORISATION BOURSIERE DE CAsa a elle aussi fondue comme neige au
soleil, attendons le dénouement de la crise (et emporicki), le titres
ne voudront plus grand chose...QUI peut encore faire confiance ?. MAIS ADMETTONS !. alors oui, les caisses régionales qui ne cessent d'aller à la rescousse de CAsa depuis 2001, le feront encore : elles
n'ont pas le choix. mais comprendre qu'elles ne rachètent pas CAsa
et qu'on en finisse avec cette structure hybride que plus personne
n'admet !. et comment accepter encore que 13 CR demeurent encore
côtées !. 26 CR N'ont pas opté pour la bourse, elles sont en adéquation avec la culture d'une banque coopérative. Même si des
clients modestes (dont les sociétaires), "casquent" pour maintenir
la profitbilité de ces caisses, sans parler des SOUSCRIPTEURS DE CCI
DES 13 CAISSES REGIONALES COTEES qui trinquent autant que les actionnaires de CAsa...mais ils n'ont rien à dire !. LA VERITABLE
RAISON DE CETTE OBSTINATION ? : POURQUOI REMBOURSER DES EPARGNANTS
DES DROLES DE "TITRES" à IOO quand on pourra les rembourser à 3O,40
Quand le moment sera opportun !. UN SACRE SCANDALE FINANCIER auquel
le CREDIT AGRICOLE aura à répondre bientôt. salut les artistes !.

a écrit le 15/05/2012 à 8:25 :
Entièrement d'accord avec "Lol" ..
Décidément le Crédit Agricole est toujours là sur les mauvais plans ! Après sa filiale grecque Emporiki qui va lui coûter des centaines de millions de dépréciations (voire plusieurs milliards), le CA va investir dans l'immobilier au moment où le secteur se casse la gueule en France ! Et dire que c'est encore le contribuable qui va payer la note ! Drôle de monde !
a écrit le 14/05/2012 à 20:44 :
MON CRÉDIT AGRICOLE ! MON CRÉDIT AGRICOLE !
POURQUOI M?AS TU ABANDONNÉ ?


Ne croyez-vous pas que dans les petites communes l?emprunteur cautionné par ses voisin sera toujours poursuivi par la pensée que s?il ne payait pas , les autres seraient obligés de payer pour lui : il ne voudra pas s?exposer à perdre l?estime générale par son manque de loyauté ».

Jules MÉLINE

Le 23 février 1885, Louis MILICENT, auditeur au Conseil d?État, déposait les statuts de la première Caisse de crédit spécifiquement agricole. Son ambition est simple : « Les uns apportent leurs capitaux momentanément disponibles et leurs économies pour les mettre à la disposition de ceux qui en ont temporairement besoin. ». Il s?agit de la Caisse de SALINS dans le Jura.
Le modèle coopératif et mutualiste mis en place a conduit notre agriculture à l?une des premières places dans le monde.
Mais où est donc passé ce modèle millénaire de l?économie solidaire qui débuta à Babylone ?

Personne ne parle plus de ce Crédit Agricole, le vrai, l?authentique, créé il y a cent trente ans et dont les agriculteurs étaient à la fois propriétaires, clients et gestionnaires.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Le drame se produit en 2001, lorsque la Caisse Nationale devenue Crédit Agricole SA est introduite en bourse.

Ses principaux actionnaires restent certes les sociétaires au travers des 44 Caisses Régionales, mais cette banque devenue commerciale ne fonctionne absolument plus selon les principes coopératifs et mutualistes.

Cette disparition d?un outil essentiel pour l?agriculture, s?inscrit dans l?évolution normale de notre agriculture en décomposition depuis la mise en place par Sico MANSHOLT, nouveau fléau de Dieu, d?une politique démentielle. Ceci s?est accompagné depuis la fin des années 60 de la disparition du modèle d?organisation coopérative en agriculture qui était essentiel pour sa survie.

Face à la misère croissante des petits agriculteurs et à l?impossibilité où ils sont de trouver des financements, aujourd?hui de la trésorerie face au drame de la sècheresse, les inventeurs de l?eau tiède ne trouvèrent rien de mieux que la microfinance, dans laquelle s?est même engouffré allègrement Crédit Agricole SA à la suite de DANONE grand admirateur de Muhammad YUNUS.

DANONE qui faisait dans le yaourt et dans l?eau, se mit à faire dans l?économie sociale et la charité publique, en utilisant la microfinance, toute première étape du modèle coopératif ancestral, et en en restant là.
Il fallait bien en effet que DANONE, qui s?est attaché à faire disparaître l?exploitation familiale par la promotion de l?agriculture industrielle et les délocalisations, fit semblant de faire du social en faisant l?aumône à ceux qu?il avait décidé de mettre sur la paille, cette même paille qui fait cruellement défaut aujourd?hui.

Ceci revenait à démontrer que les petits agriculteurs en voie de disparition doivent être enfermés dans le ghetto des plus pauvres parmi les pauvres, et ne doivent pas avoir accès à la banque classique, ni revenir au modèle coopératif, le seul qui leur permette le recyclage permanent de la monnaie crée à la sueur de leur front, et non par de nouveaux instruments financiers dont on déplore la toxicité.

On se console donc en utilisant la microfinance, cet ersatz, inventé par un certain Muhammad YUNUS, mais qui n?est que la toute première étape du modèle précité et dont il ne peut strictement rien sortir tant que l?on en reste à cette première étape.

Le Crédit Agricole, misérable débris de l?authentique a lâchement abandonné ses propriétaires fondateurs pour se consacrer au financement de l?économie fictive dans la ronde infernale de la fausse monnaie et des produits toxiques.

Plutôt que financer blé, pommes de terre, ou production bovine qui va faire défaut, on préfère prêter à l?Europe l?argent qu?on lui a emprunté pour qu?elle le prête à la Grèce qui ne remboursera rien !

Le Directeur Général de ce Crédit Agricole ne fait pas lui dans la microfinance, il annonce un salaire annuel brut de 2,16 millions, n?est ce pas quelques trois cent fois le revenu de malheureux agriculteurs privés de leur banque jadis fleuron de l?économie solidaire ?

Au-delà de ce drame qui touche et anéantit les fondateurs en France, il est pitoyable que ce soit le nouveau modèle, lamentable débris de l?authentique que l?on prétende utiliser dans les actions d?Aide Publique au Développement ? il est de bon ton de dire APD- .
La famine sévit à travers le monde, de malheureux petits enfants meurent au rythme de dizaines par minute, tout cela parce que nous sommes incapables d?aider leurs pays à assurer l?autosuffisance alimentaire en développant ou en redéveloppant le secteur agricole prioritairement à toute autre chose.

L?indispensable organisation professionnelle de l?agriculture dans ces pays devrait se faire selon le modèle coopératif qui sans la moindre discussion a fait ses preuves, en France notamment depuis plus de cent ans. Le volet financier d?une telle organisation est donc ce modèle français, l?authentique et non l?actuel en décomposition avancée. C?est pourtant ce dernier que les acteurs de l?Aide Publique au Développement s?acharnent à mettre en place depuis les indépendances ou la chute du communisme.

Au Sénégal entre autres pays ou sévit la famine, bien des hommes sont partis et partent encore, contre l?avis des femmes et souvent au péril de leur vie, ils viennent en France notamment essayer, véritables esclaves, de gagner quelque argent renvoyé bien vite au pays pour aider leur famille, après ponction énorme des officines d?usuriers assurant les transferts de fonds.

Les femmes se sont organisées pour exploiter de minuscules parcelles, c?est une de ces femmes admirables animant nombre de groupes féminins dans la vallée du fleuve qui lance ce cri émouvant : « En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations. ». Elle ajoute presque en pleurs : « Comment voulez-vous que des investisseurs étrangers viennent sur des exploitations de six cent mètres de long sur deux mètres de large où nous survivons à quarante ? » !
Ah oui ! il faut préciser qu?elle faisait allusion à un projet débile de l?Agence Française de Développement qui n?a rien trouvé de plus intelligent pour développer une région où de couteux barrages construits il y a quarante ans n?ont rien apporté, que de rechercher des investisseurs, qui transformeront la main-d??uvre locale en esclaves et exporteront productions et bénéfices en Europe.

La solution au drame de la famine n?est pas dans le volume de l?aide financière, mais dans la façon dont elle est utilisée. Le modèle coopératif qui a fait ses preuves chez nous pendant plus de cent ans, est le seul qui permette d?en sortir.


« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson » .

CONFUCIUS
Philosophe, historien et homme d?État chinois.

a écrit le 14/05/2012 à 19:49 :
dexia est bien placée pour aider le cif.leurs activités convergent

a écrit le 14/05/2012 à 18:29 :
Le Crédit Agricole, qui connait déjà les pires difficultés, veut maintenant s'attacher un autre boulet au pied histoire de rejoindre les abysses encore plus rapidement ! Mais ses administrateurs sont ils nuls et incompétents ?
a écrit le 14/05/2012 à 16:17 :
Carbone a raison, bien vu ! Sauf que le Crédit Agricole perd déjà beaucoup d'argent avec ses agences immobilières achetées à prix d'or, ce qui revient à payer très cher les dossiers de crédit que lui amène sa branche immobilière. Mais manifestement, dans ette banque, on ne fait pas les comptes et les milliards ne comptent pas. Il suffit de suivre ses déboires sur sa filiale grecque. Les banques pensent qu'il suffit de payer cher pour réussir dans l'immobilier. Voyez Foncia acheté à un prix exhorbitant et revendu à perte par BPCE. Nexity filale des Caisses d'Epargne fait profil bas avec son administrateur de biens LAMY, mais y laisse aussi sa chemise. Il est étonnant que l'Autorité de Contrôle Prudentiel n'y mette pas bon ordre, mais il est plus facile de s'intéresser au CIF qu'aux mastodones mutualistes.
Réponse de le 14/05/2012 à 19:57 :
Tout à fait d'accord et on peut ajouter à la liste Immonord,sedaf également racheté au top....çà devient dangereux...!!!
a écrit le 14/05/2012 à 14:56 :
Ca y est le grand mécano politico-bancaire est reparti, comme à la joyeuse époque des années 80 et 90, avec le Crédit Lyonnais, la SMC, et le Gan en quasi-faillite, ou l'OPA sous-marine des socialistes sur la Société Générale ... On va se marrer, en espérant qu'une bonne purge du marché de l'immobilier sortira de tout cela.
a écrit le 14/05/2012 à 14:55 :
Ce n'est pas aider à sauver le CIF comme indiqué dans le titre puisque le CA ne fait rien pour la branche financière , c'est le dépecer de sa partie immobilière sans soucis pour faire grossir square habitat et avoir ainsi de nouveaux prescripteurs de prêts pour les agences locales du CA et des revenus assurés avec la gestion de biens. C'est aussi un moyen de se débarrasser du dernier concurrent mixte, immobilier + finance, voir article de la tribune du 26/04. CASA 30 EUR l'action en juillet 2007, autour de 3 EUR actuellement !!!! Belle performance.
a écrit le 14/05/2012 à 14:05 :
Mouahahahaha, il faudrait déjà qu'ils sauvent leur peau. A à peine plus de 3 euros par action, j'attends la réaction des actionnaires minoritaires. Croustillant assurément.

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