Première rencontre des banques françaises avec le Premier ministre

Les représentants des banques françaises ont défendu le modèle de la banque "universelle" lors de leur première prise de contact avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ce lundi 16 juillet.
Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française et Pdg de la Société générale.Copyright Reuters
Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française et Pdg de la Société générale.Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)

Les représentants des grandes banques françaises ont rencontré ce lundi 16 juillet le Premier ministre. Ils ont défendu le modèle de banque "universelle" auprès du chef du gouvernement. Ce modèle pourrait être potentiellement menacé par l'engagement de François Hollande de séparer les activités de banque d'investissement et de financement de celles de banque de détail (dépôts, épargne, etc).

Une réforme moins rapide que prévu

Mais après des déclarations très virulentes pendant la campagne électorale, contre "la finance sans visage" le Président de la république et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault semblent disposés à se donner du temps pour engager la future réforme du secteur bancaire, initialement prévue pour être lancée dès le mois de juillet. Ne serait-ce que pour attendre les conclusions du groupe de travail européen, présidé par le gouverneur de la banque centrale de Finlande Errki Liikanen, qui doit, à la demande du Commissaire européen Michel Barnier, rendre un rapport en septembre sur le sujet de la séparation des activités bancaires.

Jean-Marc Ayrault a nénamoins réaffirmé durant son discours de politique générale le 3 juillet sa volonté de mettre ce projet en oeuvre. L'objectif final étant de rendre le système bancaire français plus solide et plus sûr.

Une séparation stricte des activités bancaires serait inefficace

Pour sa part, le P-dg de Société générale, Frédéric Oudéa qui est aussi le président de la fédération bancaire française, a déclaré à sa sortie de l'hôtel Matignon : "nous avons eu l'occasion d'expliquer pourquoi nous pensions que le modèle de banque universelle était un modèle solide qui avait tenu la route, au service de l'économie, et qu'il fallait à notre sens le préserver".  Le président de la fédération bancaire française a déjà publiquement pris position contre une séparation stricte des activités bancaires, un projet qu'il juge "totalement inefficace".

Dans un entretien à La Tribune Hebdo publié le 15 juin, il précisait :  "nous devons préserver le modèle français de banque universelle, diversifié et bien régulé, et qui n'a rien coûté au contribuable. Nous avons besoin d'une banque de détail solide mais aussi des activités de banque de marché performantes car elles vont être de plus en plus sollicitées pour financer l'économie européenne du fait des nouvelles contraintes réglementaires. Disposer d'acteurs de marché compétitifs est un enjeu de souveraineté pour l'Europe et la France."

La logique Vickers contre la logique Volcker

Il faisait par ailleurs référence, dans ce même entretien dans La Tribune Hebdo, aux réformes en cours en Grande-Bretagne (férotme Vickers) et aux Etats-Unis (réforme Volcker). "La solution doit être adaptée à la situation française et en cohérence avec les travaux européens [rapport Liikanen], dont les conclusions seront connues à l'automne. Le modèle anglais dit « Vickers », dans lequel la banque de détail est filialisée, pose notamment un problème aux groupes mutualistes en Allemagne et en France. La logique « Volcker » serait plus adaptée. Elle vise à éviter qu'il n'y ait des risques trop importants dans les activités de marché non liées à des activités clientèle. Les banquiers français sont prêts à travailler dans cette direction. Observons cependant que la règle Volker n'est toujours pas approuvée aux États-Unis, car elle pose des problèmes complexes de définition des activités les plus risquées. Et cette règle n'aurait sûrement pas empêché ce qui s'est passé récemment chez JP Morgan, car il semblerait qu'il s'agisse d'opérations de couverture de bilan et pas de « trading ».

Après sa rencontre avec Jean-Marc Ayrault ce lundi Frédéric Oudéa,  n'a cependant pas souhaité faire plus de commentaires, évoquant "une première prise de contact".

La réforme s'appuiera sur les conclusions de la Commission européenne

La réforme qui séparera les activités bancaires utiles à l'investissement des activités spéculatives s'appuiera sur les travaux engagés (en février 2012) par la Commission européenne, qui doit rendre ses conclusions fin septembre, a de son côté annoncé lundi le ministre français des Finances, Pierre Moscovici. Il a demandé au Conseil de régulation financière et du risque systémique de consulter "au cours des prochains mois" les représentants des banques et de la place financière de Paris ", afin de lui faire des propositions pour les modalités de mise en oeuvre de cette réforme ", lit-on dans un communiqué. Le ministre des Finances a répété pendant une réunion du Conseil de régulation financière qu'il n'hésiterait pas à limiter certaines opérations, voire à les interdire, ajoute le communiqué.

 

 


 

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Commentaire 1
à écrit le 20/08/2012 à 14:13
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Une pétition pour la séparation des activités bancaires circule : http://www.mesopinions.com/petition/politique/separons-activites-bancaires/9037

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