Halte à la dictature des ratios d'endettement !

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Nombre de dirigeants de sociétés financières et immobilières unissent leur voix pour que le regard des analystes sur les niveaux d'endettement évolue. Pour pouvoir croître et prospérer, l'entreprise doit investir et pour ce faire, s'endetter.

Les sociétés les moins endettées sont-elles les plus vertueuses ? C?est ce que préconise, en tout cas, la communauté des analystes financiers pour qui une moindre exposition à l?endettement est clairement un atout concurrentiel. Une problématique, certes, d?actualité au moment où les différents Etats de la zone euro font preuve de trésors d?imagination pour tenter de réduire leurs niveaux de dette.
Cette volonté de s?affranchir au maximum des fourches caudines des banques, principaux pourvoyeurs de capitaux frais, est effectivement de bon aloi en ce moment. Les établissements bancaires se font largement tirer l?oreille pour mettre en place des financements et les conditions d?octroi ne sont pas vraiment bon marché.

Halte à la dictature du LTV !

Pourtant, Les voix se multiplient pour critiquer cette situation. « La dictature du LTV (niveau d?endettement par rapport aux actifs, NDLR) est devenue insupportable. On nous demande tous les jours d?abaisser un peu plus ce ratio, au risque de se voir dégrader par les cabinets d?analyse. Ils ne se rendent pas compte que cette tendance est contre productive et surtout source d?appauvrissement de l?entreprise », lance le président d?une grande société foncière. Si l?on regarde de près l?évolution des niveaux de LTV constatés au sein du secteur des sociétés immobilières, force est de constater que ce ratio connaît, en effet, un mouvement baissier. S?il était globalement d?environ 60% juste avant la crise financière de 2008, il se situe plutôt aujourd?hui aux alentours de 37/40%. Idem pour le « gearing », le niveau d?endettement sur fonds propres. Avant les déboires de la banque Lehmann, il était jugé opportun d?afficher un ratio de 100%, profiter de l?effet de levier étant considéré comme la meilleure idée pour croître et s?enrichir. Depuis, il ne faut pas dépasser le seuil de 50/60% pour s?adjuger les faveurs des financiers.

Où se situe le bon curseur ?

Où se trouve le bon curseur ? Si l?on en croit les dirigeants « indignés », il serait pourtant urgent de redonner toutes latitudes aux entreprises soucieuses de se développer. Et pour se faire, elles doivent forcément organiser des financements quitte à s?endetter pour cela. « Pour générer des taux de croissance intéressants sur nos portefeuille d?actifs, il faut les faire respirer, arbitrer les plus matures et se positionner sur d?autres plus prometteurs. C?est à cette unique condition que l?on pourra croître et prospérer. Et pour cela, il faut que les analystes acceptent que l?on affiche des LTV de 60 à 70% », assure la dirigeante d?une autre foncière. Message que la profession de l?immobilier commence à partager quasiment à l?unisson.

Eloigner les craintes de "credit crunch"

La profession du chiffre va-t-elle l?entendre de cette oreille ? Tout dépendra, bien logiquement, de l?accès des banques aux financements. Si les établissements bancaires réussissent enfin à pouvoir se financer sans problème et dans de bonnes conditions, ils pourront plus facilement octroyer des crédits. Surtout, ceux-ci pourront être organisés de façon plus optimale pour les entreprises. Laissant de côté toutes les craintes de « credit crunch » qui ont obnubilé les professionnels ces derniers mois. Plusieurs foncières n?hésitent d?ailleurs pas à recourir à l?endettement. Telles, Unibail ou Foncière des Régions. Certes ces entreprises font parties des majors du secteur. Il faudrait maintenant que d?autres, de plus petite taille, n?hésitent pas à se lancer dans cette course aux financements. Avant que ce mouvement puisse s?amorcer, le regard des analystes et des investisseurs sur le niveau idéal d?endettement d?une entreprise de croissance doit forcément évoluer.
 

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Commentaires
a écrit le 11/08/2012 à 17:13 :
Dictature par ci, dictature par là... Cet article est un non sens. Personne n'oblige un investisseur à suivre des ratios d'endettement, des agences de notation ou des conseillers financiers qui pullulent et qui prétendent lire dans le marc de café.
a écrit le 11/08/2012 à 8:09 :
"" il serait pourtant urgent de redonner toutes latitudes aux entreprises soucieuses de se développer"" <---- ca s'appelle ' augmentation de capital' ; des entreprises dirigees par des braillards ignares, ca laisse songeur...
a écrit le 11/08/2012 à 7:12 :
Cet article est tout à fait intéressant, ce qui l'est moins ce sont certains commentaires qui n'ont pas leur place dans votre journal : ne pas comprendre que l'investissement nécessite des fonds qui dépassent les revenus annuels et donc génèrent de l'endettement c'est confondre l'entreprise (et l'Etat) avec une épicerie de quartier
a écrit le 10/08/2012 à 22:05 :
cette analyse est biaisée : si l'entreprise france créait de la richesse, il n'y aurait aucun besoin de crédit, oui mais voilà, 60 % de la richesse produite dans ce pays va aux inutiles que sont les fonctionnaires et politiques et ceux ci "détruisent" cette richesse !!
l'impôt détruit cette richesse et aujourd'hui il n'y a plus rien dans les caisses :
il faut tout de même dire que cela fait 50 ans que fonctionnaires et politiques vivent grassement sur l'industrie qu'ils arrivent à détruire, mais que des fonctionnaires sûrs de leur emplois et leur grasses retraites aient détruit des millions d'emplois dans l'industrie ne semble géner personne !!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 10/08/2012 à 19:30 :
Cette idée est la raison pour la crise. C'est une fausse idée.

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