La réforme fiscale fait les affaires des conseillers en gestion de patrimoine

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L'édition 2012 de Patrimonia, le salon des professionnels de l'investissement a fait salle comble à Lyon. Ces professionnels représentent un sérieux relais de croissance pour les sociétés de gestion qui ne ménagent pas leurs efforts pour les séduire. Une affluence non dénuée d'inquiétudes.

Le Palais des Congrès de Lyon aura rarement été aussi plein: l?édition 2012 de Patrimonia, le salon des professionnels de l?investissement a mobilisé toute la profession des conseillers en gestion de patrimoine. Et pour cause, loin de se recroqueviller sur eux-mêmes face à une conjoncture morose et des attentes bien moindre de la part de leurs clients, les CGP n?en demeurent pas moins à l?écoute des nouveautés de leur marché. Surtout, ils doivent plus que jamais se tenir au courant des évolutions réglementaires ou fiscales touchant de près leur profession et les produits qu?ils conseillent. Et ce millésime 2012 est particulièrement riche en nouveautés? Aussi bien réglementaires avec l?introduction de nouvelles règles de transparence pour la présentation des produits que fiscales, le projet de loi de finance dévoilé vendredi prévoyant un nombre important d?évolutions pour l?ensemble des classes d?actifs.

Les clients lassés des régulières réformes fiscales

«Mes clients sont inquiets. Ils se demandent quelles seront les dernières nouveautés fiscales et quelles seront leurs incidences sur leur patrimoine. Ils ne se plaignent pas tant des changements que de leur régularité», lance un CGP.
De leur côté, les sociétés de gestion, susceptibles de retenir l?attention de ces professionnels étaient tout aussi nombreuses à Lyon. De la même manière que les CGP, ces entreprises sont aujourd?hui confrontées à de gros problèmes: Compte tenu de la défiance des investisseurs vis-à-vis des marchés financiers, elles doivent faire face à la fonte de leurs encours de gestion. Du coup, elles misent beaucoup sur ces conseillers pour placer leurs produits. Stratégie qu?a très vite suivi Carmignac avec le succès que l?on connaît, cette société de gestion étant quasiment devenue un investisseur institutionnel au regard des encours qu?elle gère aujourd?hui. «Au moment où il est de plus en plus difficile de trouver de bons niveaux de rendement, les actions apparaissent comme le véhicule idéal. Je pense qu?il faut même ne pas hésiter à se positionner sur les valeurs financières et plutôt de taille assez conséquente», plaide ainsi Marc Renaud, patron de la société de gestion Mandarine gestion.
Et de fait, le message de ces spécialistes de la gestion de portefeuille est très clair: l?heure est à la consolidation de ses avoirs et pour cela, il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus et se positionner sur des produits sous-évalués. «L?Europe est convalescente mais il ne fait plus aucun doute que l?Euro est sauvé. Pour trouver de la croissance il ne faut pas hésiter à aller un peu plus loin et traverser l?Atlantique. La crise immobilière américaine est derrière nous et le pays est en train de retrouver ses marques. Il y a donc pas mal d?opportunités à saisir. Ce qui sous-entend clairement qu?il faudra très bientôt s?alléger de ses positions obligataires pour revenir plus massivement sur les actions», commente de son côté Philippe Delienne, président et fondateur de la société de gestion Convictions AM.

Une nouvelle plate-forme concoctée par UFF à destination des CGPI

L?heure étant toutefois à la fragilisation de la profession des CGP, certains se mobilisent pour tenter de récupérer et dynamiser des cabinets de conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI). C?est le cas d?UFF (Union Financière de France), filiale d?Aviva, spécialisée dans la conception et la distribution de produits d'investissements personnalisés auprès des particuliers et des entreprises. Celle-ci vient de créer une plate-forme destinée à des commerciaux indépendants souhaitant se libérer des contraintes administratives et réglementaires et s?appuyer sur des équipes spécialisées dans la sélection de produits, UFF proposant également des conférences et des outils de formation aux méthodes de vente. Pour la somme forfaitaire de 3.000 euros par an, les CGPI désirant conserver leur sacro sainte liberté pourront donc s?en donner à c?ur joie, leur seule contrainte étant de proposer à leurs clients des produits déjà sélectionnés par UFF avec un système de partage de commissions. «Notre offre vise à structurer des cabinets qui auraient du mal à le faire sans aucune aide et à convaincre certains de sauter le pas en leur enlevant des contraintes parfois rédhibitoires. Nous visons un réseau de 150 cabinets», précise Nicolas Schimel, le patron d?UFF.
 

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Commentaires
a écrit le 02/10/2012 à 9:29 :
D'après mes bonnes infos vous devriez vous renseigner plutôt chez LEFEBVRE et FIDUCIAL et fiduciaires en général de ceux qui les assaillent particuliers ou entrepreneurs qui mettront tout en oeuvre pour échapper ou limiter les ponctions fiscales de ce gouvernement, ils sont débordés !
a écrit le 01/10/2012 à 20:39 :
un certain Madoff se spécialisa dans ce genre de placements...

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