Henri de Castries : "les assureurs ont un rôle à jouer dans le système de santé"

Le PDG d'Axa, Henri de Castries s'est exprimé sur la question des réseaux de soins des mutuelles santé qui fait l'objet d'une proposition de loi actuellement examinée à l'Assemblée nationale.
Henri de Castries, le PDG d'Axa. Copyright Reuters
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Henri de Castries n'a pas traité le système de santé français d'archaïque mais presque. "Nous vivons en France avec une organisation  héritée de 1945 qui ne semble pas forcément optimale", a constaté ironiquement le PDG d'Axa à l'occasion d'une rencontre avec l'association des journalistes de l'assurance (ANJA) le 22 novembre à Paris. Et de s'étonner que l'on puisse "penser que des organisations qui sont nées au milieu du siècle dernier (puissent) ne pas changer..."

Le patron du premier groupe d'assurance généraliste français, "est convaincu que les assureurs ont une contribution positive à apporter au bon fonctionnement des systèmes de santé" compte tenu de leur savoir faire acquis notamment à l'étranger. Axa est un "très gros acteur en assurance santé dans le monde" a -t-il rappelé citant l'activité du groupe en Grande-Bretagne, en Allemagne et au Japon.

Les assureurs gèrent de façon efficace

Le PDG d'Axa s'est bien gardé d'intervenir précisément dans le débat sur le fonctionnement des réseaux de soins des mutuelles santé en France, alors qu'une proposition de loi sur le sujet est en cours d'examen à l'Assemblée nationale. Il a toutefois estimé que "les assureurs ont un rôle à jouer dans le système de santé", à l'instar de ce qu'ils font dans d'autres domaines comme l'assurance automobile. "La responsabilité civile automobile est une assurance obligatoire gérée par le secteur privé de façon efficace", souligne-t-il. Avant d'ajouter qu'il regrette que que l'on n'ait "pas adopté une approche aussi modernisatrice" en santé.

Vers une assurance santé obligatoire gérée par le privé ?

Henri de Castries serait-il favorable à une assurance santé obligatoire gérée par les assureurs et les mutuelles ? Prudent, il ne va pas aussi loin. On se souvient que les déclarations de Claude Bébéar appelant de ses voeux la gestion de l'assurance santé au premier euro par les assureurs, avait suscité un tollé et anéanti la légitimité de toute initiative des assureurs dans ce domaine pendant une décennie.

Néanmoins, dans un autre domaine de la protection sociale, celui de la dépendance, Henri de Castries avait défendu l'idée d'une assurance dépendance obligatoire. « Instaurer une assurance dépendance obligatoire permettrait d'assurer tout le monde. Ce serait une véritable et bonne forme de solidarité », avait-il déclaré en février 2010 lors d'une table ronde sur le risque dépendance organisée par l'Institut de l'entreprise.

En santé en France, d'ores et déjà 94% de la population est couverte par une assurance privée. Un taux très élevé dans l'OCDE même si 4 millions de Français ne sont pas couverts, comme l'a déploré le président de la République François Hollande lors du Congrès de la Mutualité en octobre dernier, appelant à une mutuelle pour tous. Mais il s'agit dans tous les cas d'une assurance complémentaire au socle de l'assurance maladie obligatoire publique. Les assurances complémentaires dans leur ensemble (compagnies traditionnelles, mutuelles et institutions de prévoyance) ne financent qu'environ 14% des dépenses courantes de santé.

Une système de santé où coexistent la pénurie et le gaspillage

L'insatisfaction est générale selon Henri de Castries : "le sytème de santé coûte extrêmement cher or personne n'est content". Aujourd'hui, "le patient n'est pas content. Il a le sentiment que ça se dégrade", estime-t-il ajoutant que "l'Etat n'est pas satisfait" de la situation de déficit permanent. Quant aux médecins, "ils se plaignent d'être mal payés"... Et les assureurs complémentaires ? "En assurance santé, les assureurs ne gagnent pas très bien leur vie", affirme le patron d'Axa qui a cependant fait de cette branche l'une des priorités stratégiques de son groupe.

"A certains égards, nous risquons d'atteindre un degré élevé de déliquescence du système" caractérisé par la "coexistence de la pénurie et du gaspillage", s'inquiète-t-il. Alors que faire ? Selon Henri de Castries il faut tout revoir à la base et poser les questions fondamentales. Il faut se demander ce  "qu'un pays comme la France peut mettre pour financer son système de soins " et redéfinir collectivement ce que doivent être les priorités. "Si on ne le fait pas, ce seront les plus faibles qui seront les victimes".

 

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Commentaires 14
à écrit le 24/11/2012 à 18:16
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Le patron du premier groupe d'assurance généraliste français, "est convaincu que les assureurs ont une contribution positive à apporter au bon fonctionnement des systèmes de santé" compte tenu de leur savoir faire acquis notamment à l'étranger. Posit...

à écrit le 22/11/2012 à 16:13
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Les assurances doivent pouvoir assurer les Français dès le premier euro cotisé pour la totalité du risque maladie. Il faut mettre fin au monopole de la sécurité sociale.

le 22/11/2012 à 16:50
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évidence lorsque vous serez assuré dans une compagnie d'assurance ou une mutuelle vous vous verrez imposé un médecin ou un certain type de lunettes ,prothèse dentaire ou autre ,à 75 ans fini les prothèse de hanche ou de genou: trop chère .Pour la moi...

le 22/11/2012 à 17:19
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Cela existe déjà ,il y a des personnes qui ne sont pas affiliées à un régime général et qui souscrivent auprès d'un assureur privé avec une garantie à partir du 1er euro .

le 22/11/2012 à 20:26
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Le système privé est à l'avantage des personnes en bonne santé et avec un revenu important. En dessou? le système public est plus intéressant : - Le système public à un rôle redistributif puisque les cotisations dépendent du salaire. - le privé ...

à écrit le 22/11/2012 à 15:59
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Personne ne parle de l'entreprise de démolition des acquis sociaux par l'Europe (droit du travail, sécurité sociale qui sont à l'oeuvre actuellement)! Personne ne parle plus de la dette qui nous a été transferrée par la loi du mois d'Août 1973 de Gi...

le 22/11/2012 à 16:18
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Les zakissossios financés avec l'argent des autres, c'est fini. Faut vous réveiller !

à écrit le 22/11/2012 à 15:27
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tout est bon pour distribuer des dividendes .ce monsieur se soucie de l Intérêt général comme d une guigne.

à écrit le 22/11/2012 à 15:14
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Mon mari a eu un accident de vélo cet été aux Etats-Unis rien de grave. Les pompiers sont arrivés l'ont transporté à l'hôpital où il été bien pris en charge et bien soigné. 10 jours plus tard il a dû voir un médecin spécialiste pour une vérification ...

à écrit le 22/11/2012 à 14:57
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franchement,vous mettriez votre santé entre les mains de ce monsieur?rappelez moi le cours de l'action axa?ah oui,il a besoin de renflouer sa compagnie avec vos cotisations santé!

à écrit le 22/11/2012 à 14:50
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Il est clair qu'il faut impérativement prendre une part du gâteau de la privatisation sans perdre un instant. Le plat ne sera pas servi une deuxième fois...

à écrit le 22/11/2012 à 14:48
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qu'il dise franchement qu'il est interressé par le pognon qu'il y'a se faire pour le privé, au lieu de toute cette hypocrisie

à écrit le 22/11/2012 à 14:37
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Existe-t-il dans le monde un système de santé dont tous les participants soient satisfaits : non. Mais les résultats du système français, s'ils ne sont pas les meilleurs, ont le mérite d'assurer une longévité parmi les meilleures et un bon degré de s...

à écrit le 22/11/2012 à 14:17
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il faut un grand rapport sur la santé à commander à mr de castries, avec tout plein de propositions dedans comme pour la competitivité

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