Le sex-appeal des entreprises françaises est au plus bas depuis 17 ans

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Le rachat de 30% d'International Power par GDF Suez a représenté 15% du marché français des fusions et acquisitions, en 2012. Copyright Reuters
Le rachat de 30% d'International Power par GDF Suez a représenté 15% du marché français des fusions et acquisitions, en 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les fusions et acquisitions ayant pour cible une société française ont chuté de 64% en 2012, à 29,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis 1995, selon Thomson Reuters.

«Qui veut de mon entreprise française? Elle est belle, elle est pas chère!» Imaginez des actionnaires haranguant le chaland à la manière des vendeurs sur les marchés... Ils n'auraient pas tort: nombre de sociétés françaises sont de qualité et présentent une faible valorisation. Pour autant, elles n'attirent pas les foules. Les fusions et acquisitions ayant pour cible une entreprise française ont plongé de 64% en 2012, par rapport à 2011, à 29,3 milliards de dollars, selon Thomson Reuters. Il s'agit là de leur plus bas niveau depuis... 1995.

De fait, moins d'un quart (22% exactement) des investisseurs américains jugent aujourd'hui que la France bénéficie d'une bonne image, selon une étude réalisée par la chambre de commerce américaine en France (Amcham) et le cabinet Bain & Company. Alors que, pas plus tard qu'en 2011, 56% des investisseurs américains se déclaraient attirés par la France... La crise de la zone euro et le nouveau gouvernement, avec ses projets de réformes fiscales, sont passés par là. Des projets qui ont également stoppé net l'élan d'actionnaires désireux de vendre leur entreprise, mais découragés par le possible alourdissement de la taxation des plus-values de cession.

Une dégringolade de moitié du marché français des fusions et acquisitions

Si les cibles hexagonales ne séduisent plus ou hésitent à se vendre, la situation n'est guère plus brillante du côté des éventuels acquéreurs français, qui hésitent à se lancer dans des opérations de croissance externe, crise économique oblige. Résultat, les fusions et acquisitions impliquant au moins une entreprise française -qu'il s'agisse d'une proie ou d'un prédateur- ont chuté de moitié en 2012, à 84,9 milliards de dollars. Alors que le marché mondial des M&A (mergers and acquisitions) a limité la casse à une baisse de 4%, cette année. «Il y a bien eu de grosses opérations, comme le rachat de 30% du britannique International Power par GDF Suez ou la montée d'EDF dans le capital de l'italien Edison, mais il s'agit là du renforcement de groupes dans des filiales, donc de transactions conservatrices et non offensives», regrette le responsable des fusions et acquisitions en France d'une banque britannique.

La Société générale reléguée hors du trio de tête

Pourtant, nul doute que ce banquier aurait aimé plancher sur le «deal» GDF Suez-International Power. D'un montant de 12,9 milliards de dollars, cette opération a été la plus importante du marché français des fusions et acquisitions, en 2012. Et de loin: la deuxième plus grosse transaction de l'année -la cession par Carrefour de ses activités en Colombie- s'est élevée à 2,6 milliards de dollars «seulement». Mandatées par GDF Suez pour épauler le groupe d'énergie dans le cadre du rachat des 30% qu'il ne détenait pas encore dans International Power, les banques Rothschild et Lazard sont ainsi respectivement passées de la quatrième à la deuxième place, et du rang de numéro six à celui de numéro trois, sur le marché français du conseil en fusions et acquisitions, d'après le classement élaboré par Thomson Reuters.

Egalement sélectionnée par GDF Suez, BNP Paribas n'a eu, grâce à ce méga-deal, aucun mal à garder sa position de numéro un, avec un total de 30,4 milliards de dollars de transactions conseillées cette année, contre 26,2 milliards pour Rothschild et 25 milliards pour Lazard. En revanche, le fait de ne pas avoir été retenue par GDF Suez a limité à 18,3 milliards de dollars le montant des opérations sur lesquelles la Société générale a travaillé, reléguant la banque de La Défense hors du trio de tête, à la quatrième place.

 

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a écrit le 25/12/2012 à 20:02 :
Les PME/PMI françaises, surtout les petites, ne sont pas "sexy". Elles me font penser à un vieux bien immobilier, vrai épave thermique à la décoration intérieure totalement surannée et mis en vente à un prix bullesque par des vieux retraités pour payer la maison de retraite. Ce bien, personne n'en veut comme personne ne veut reprendre un petite entreprise poussiéreuse, sans produits phares, sans budget R&D, au fichier client dormant ou roupillant et n'ayant qu'une faible notoriété sur son marché, et mise en vente par son propriétaire à un prix frisant au mieux la démesure et au pire l'escroquerie manifeste. Ce n'est ni un problème de droite ni un problème de gauche, c'est simplement le résultat de siècles de prédominance de la mentalité paysanne qui est inscrite dans nos gènes. A part des individualités peu répandues, les français n'ont pas une culture d'entrepreneur, seulement de rentier auto-satisfait. Un exemple : des petits patrons sans aucune ambition qui refusent, alors que c'est à leur portée car ils ont les compétences et les produits, de dépasser le seuil de 10 salariés et préfèrent vivoter! Petits commerçants dans l'âme!
Réponse de le 25/12/2012 à 20:41 :
@Tirelire: ce ne sont pas les "vieux" qui font le prix, mais le marché :-) Et si un jeunot est prêt à payer le prix fort, pourquoi les "vieux" ou les autres s'en priveraient-ils ??
Réponse de le 26/12/2012 à 8:28 :
@ Patrickb le "marché, le "sacro-saint marché" fait tellement le prix que dans ma région des vieux pavillons sont achetés à bas prix et rasés pour faire place à une maison BBC moderne et que les entreprises fermées définitivement deviennent des friches industrielles pillées. Bilan : du chômage en plus et des entreprises viables, mais trop chères et définitivement mortes, qui auraient pu être reprises par des jeunes entrepreneurs, par des "jeunots" qui n'ont pas envie de se faire "baiser". Triste!
a écrit le 24/12/2012 à 11:47 :
étant donné la haine contre les entreprises que les politiques idéologues de gauche ne cessent de cultiver, ce monde étrange où ils n(ont jamais mis les pieds, le monde public, politique et administratif offrant bien plus "de valeurs" : emploi garanti, salaire élevé surtout en l'absence de responsabilités puisqu'ils ne gèrent rien, ils se contentent de dépenser, recruter, taxer...mais au fait, financé comment ? par ceux qui prennent des risques, qui investissent leurs économies..attention, à vouloir tuer la poule aux oeufs d'or, vous allez détruire "vos valeurs", à commencer par leur financement
a écrit le 22/12/2012 à 13:47 :
Article incomplet. Il est à espérer que le journalisme français donne à ses lecteurs une image faisant au moins l'effort d'une synthèse, c'est à dire d'un minimum de production personnelle, autre que le simple commentaire d'une étude sectorielle qui ne prétend pas à la réflexion globale. Pour acquérir des parts de marché, c'est là le vrai but, il est possible d'acheter une entreprise ou... de la faire mourir. Ses parts revenant automatiquement aux restants sur ce marché. Lorsque la crise fait mourir des entreprises, il est alors inutile pour les candidats de les acheter ! Ils sont trop occupés à tenter de capter les parts éparses. Dit rapidement, ceci explique celà. D'autant que cette même crise a rendu plus responsable certains gérants qui opèrent à moindre volume mais sans risque. Par ailleurs si notre pays a besoin que des sociétés étrangères achètes ses nanards dont il ne veut plus, dans l'intérêt réciproque des parties, le fait que les acquisitions soient moindres signifie que leur segmentation et leur performance ont été renforcées. Un bon point donc. L'on constatera également qu'il y a pénurie de cibles.... car les entreprises disparaissent [Ce que je dis régulièrement mais qui ne semble pas préoccuper] .. il est difficile de faire des transactions sans rien de sérieux à vendre. Que certains opérateurs financiers s'en désolent, il est possible de le comprendre. Pour notre part nous devons y voir un motif de satisfaction. Les entreprises françaises ont du sex-appeal, ... trop pour être vendues !
Réponse de le 22/12/2012 à 14:19 :
Manière optimiste de présenter la chose mais la presse spécialisée étrangère, elle, a une autre vision, Mittal a fait mal.
Réponse de le 22/12/2012 à 17:38 :
La presse "spécialisée" étrangère est aux mains des entreprises qui la nourissent, des Bernard Tapie de là-bas qui agissent eux-même au nom d'autres intérêts qui les adoubent. Pas d'objectivité réelle donc. Le PIB par habitant de la France est égal à celui de l'Allemange et le dépasse même, largement, loin devant celui des anglais. On comprend qu'il y ait des jaloux d'autant que nos champions nationaux sont eux aussi devant le plus souvent. Les raisons économiques d'être optimiste sont bien présentes. La répartition de la réussite est une autre affaire. Quant à Mittal qui est en réalité l'entreprise française Arcelor basée au Luxembourg, il fait ce qu'on lui demande à savoir réformer une activité déclinante. Comme vous le savez l'acier va être remplacé avantageusement par les carbones spéciaux dits composites. Evoluons.
Réponse de le 23/12/2012 à 10:01 :
La répartition des richesses est le plus grand problème en France et sur Terre, car peu importe si on a des réussites, on a des millions de chômeurs qui ne demandent qu'a faire une révolution. Il n y a rien d'optimiste en France depuis longtemps.
a écrit le 22/12/2012 à 12:15 :
Nos sociétés françaises devraient continuer à être contrôlées par des capitaux français, c'est plutôt une bonne nouvelle, qu'elles ne soient pas prises par des étrangers. On est quand même en France!!! Par contre l'article indique que des sociétés françaises elles ont réalisées des prises de contrôle dans des entreprises étrangeres. Donc c'est un développement favorable.
Réponse de le 22/12/2012 à 12:54 :
Le nationalisme n'a jamais rien apporté de bon.
Réponse de le 22/12/2012 à 13:50 :
La bêtise mondialiste oui, @linus, mais uniquement à ajouter plusieurs couches prédatrices...
a écrit le 21/12/2012 à 23:01 :
La nouvelle génération, c'est le sexe virtuel, donc forcément sans piles :-)
a écrit le 21/12/2012 à 22:02 :
Merci qui ? Merci papy Hollande ...
a écrit le 21/12/2012 à 20:18 :
C'est quoi le sexe a pile?
a écrit le 21/12/2012 à 19:09 :
qui a encore envie d'investir dans un pays qui pratique le changement permanent et la retroactivité en matière fiscale ?
L'entreprise a besoin de voir loin quand elle investit, c'est devenu très difficile en France.
A cela se rajoute une ambiance délétère sur le plan des relations syndicales et une image de chasse aux riches, deux aspects relancés récemment de façon fort inopportune, qui ne contribuent guère à l?attractivité du pays sur le plan psychologique.
L'Europe ne se réduit pas à la France et il serait intéressant de savoir si cette baisse trouve sa compensation ailleurs !
Réponse de le 22/12/2012 à 6:06 :
Les impôts n'existent pas dans les autres pays ? Vous voulez implanter une entreprise en Suisse ? Au Royaume Uni ?
Réponse de le 22/12/2012 à 10:11 :
Au delà des impôts c'est aussi l'administration etc. En France c'est très lourd.
Réponse de le 22/12/2012 à 12:55 :
Malheureusement, je pense que nous avons en France la pire administration au monde et que rien ne va améliorer cela...
Réponse de le 24/12/2012 à 18:47 :
On n?attrape pas les mouches avec du vinaigre, surtout lorsqu'on ne sait pas s'il est de vin, balsamique au cidre ou à la framboise. C'est pour çà qu'il y a moins d'acquisitions. En mode concret, il n'y a actuellement aucune visibilité sur les stratégies françaises. Je pense également que des participations étrangères dans nos sociétés est favorable au développement et à l'ouverture vers l'export.
a écrit le 21/12/2012 à 19:09 :
L'image de la France des 35H et des 75% fait litteralement fuir les investissements etrangers en France.
Réponse de le 04/01/2013 à 18:49 :
Absolumment d´accord. Francais, mais habitant et travaillant en Allemagne, je peux vous assurez que l´image de la France c´est: "Grèves" "35 heures" "Pause déjeuner de 2 heures" "75% d´imposition pour ceux qui réussissent" et "Mittal (càd les grosses entreprises mondiale) n´est pas le bienvenu...Alors qu´il y a encore 10 ans, on leur faisait plutôt envie, aux allemands.

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