La banque centrale d'Italie donne son feu vert au sauvetage de Monte dei Paschi

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La troisième banque italienne, en proie à de grandes difficultés et dans incapable de se mettre en conformité avec les normes de solvabilité européenne, serait en passe d'être sauvée. En pleine campagne pour les législatives italiennes, la banque centrale italienne a donné son aval pour sa recapitalisation via des prêts publics.

 Il ne manquait plus qu'une étape pour valider le sauvetage de la banque italienne Monte dei Paschi de Sienne (MPS). Il a été franchie. Dimanche, la banque centrale italienne donné son accord pour l'octroi de prêts publics d'un montant total de 3,9 milliards d'euros.

Troisième banque italienne, MPS, en difficultés depuis plusieurs années, a révélé cette semaine avoir perdu de l'argent dans des transactions risquées sur produits dérivés effectuées en 2008-2009. La perte pourrait se monter à 720 millions d'euros. La banque toscane avait été contrainte de solliciter l'aide de l'Etat l'an dernier pour la deuxième fois depuis 2009, après s'être révélée l'une des quatre banques européennes n'ayant pas pu se mettre en conformité avec les normes de solvabilité plus strictes requises par les autorités de régulation.

Selon le schéma prévu, MPS va émettre pour 3,9 milliards d'euros d'obligations qui seront souscrites par le Trésor italien. Un peu moins de la moitié de ce montant remplacera 1,9 milliard d'euros d'aides d'Etat existantes. Monte Paschi versera un coupon élevé de 9% sur les obligations, qui valent plus que sa capitalisation boursière qui est de 3 milliards d'euros. Le coupon augmentera de 0,5 point de pourcentage tous les deux ans et ne pourra dépasser 15%.

Lors d'une assemblée générale houleuse vendredi au siège de Monte Paschi à Sienne, les actionnaires ont approuvé le principe de deux augmentations de capital de 6,5 milliards d'euros qui pourront être lancées en cas de besoin d'ici cinq ans. Ce vote était une des conditions au sauvetage public de la banque. La nouvelle direction de la banque, nommée l'an dernier pour la redresser, a déclaré vendredi que la question était désormais "totalement sous contrôle".

Le sujet de la nationalisation s'est invité au coeur de la campagne pour les législatives

Si la banque ne peut rembourser les obligations souscrites, elle devra émettre des actions pour le Trésor, ce qui soulève la possibilité d'une nationalisation. Le président du Conseil italien Mario Monti a déclaré vendredi soir que la nationalisation était selon lui "une hypothèse lointaine". Il a défendu la décision de son gouvernement de sauver la banque en soulignant que les sommes constituaient "un prêt à taux d'intérêt élevé".

Le scandale MPS s'est invité dans la campagne pour les élections parlementaires des 24 et 25 février. Certains hommes politiques ont critiqué la Banque d'Italie, dirigée à l'époque par l'actuel président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, de ne pas avoir repérés les transactions risquées.

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a écrit le 28/01/2013 à 11:13 :
Les super Mario se succèdent au sauvetage d'un chef d'oeuvre en péril. Comme Président de la Banque d'Italie, puis de la BCE pour Draghi, puis Comme président du Conseil pour Monti. Ils sauvent une antiquité italienne, qui, comme monument historique le mérite bien. Ils conserveront une des plus vieilles (sinon la plus vieille) banque du monde, souvenir de grandeur passée. Mais ça risque de faire cher le monument. Dans quelque temps, ils pourront continuer à financer le Palio, à Sienne.
Réponse de le 28/01/2013 à 15:42 :
En effet, Nostalgie, c'est une des premières. Elle a vécu TOUTES les crises économiques depuis cette invention de la banque et de tous les "produits" (appelés actifs) qui ne servent qu'une puissance qui a même coulé l'Italie au début du XVème siècle. Laissons-les la sauver, il serait dommage qu'elle loupe la prochaine vague... Ce sera peut-être l'occasion aux VRAIS historiens de l'économie de faire un bilan complet.

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