Cleantech et private equity : un rebond en trompe-l'oeil des investissements

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Electranova, le fonds de capital-investissement spécialisé dans les cleantech lancé en 2012 par EDF, a déjà procédé à deux prises de participation. Copyright Reuters
Electranova, le fonds de capital-investissement spécialisé dans les cleantech lancé en 2012 par EDF, a déjà procédé à deux prises de participation. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
En 2012, les sociétés françaises de capital-investissement ont alloué 423 millions d'euros aux entreprises spécialisées dans les technologies propres. Soit une envolée de 132% par rapport à 2011. Mais ce rebond a été tiré par quelques très grosses opérations et par la montée en puissance des fonds d'entreprise, comme celui lancé par EDF.

Le capital-investissement français s'est repris d'amour pour les cleantech. En apparence, du moins. L'an dernier, les fonds de private equity ont investi 423 millions d'euros dans ces start-up spécialisées dans les technologies propres, selon l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). Soit un rebond de...132% par rapport à 2011, qui avait vu le capital-investissement réduire de 31% ses allocations de fonds aux cleantech. En nombre d'opérations également, la tendance est repartie à la hausse, 73 jeunes pousses axées sur les cleantech ayant levé des fonds auprès de capital-investisseurs, en 2012, contre 64 en 2011.

Un rebond tiré par les fonds publics

Reste que ce regain de tonus provient moins du private equity classique que des fonds d'investissement d'entreprises et des fonds lancés par les pouvoirs publics. Ainsi, c'est le Fonds stratégique d'investissement (FSI), détenu par l'Etat et par la Caisse des dépôts, qui est à l'origine de la plus importante levée de fonds survenue l'an dernier dans le secteur des cleantech, avec 100 millions d'euros apportés au groupe de recyclage Paprec. Et le fonds Ecotechnologies, créé en 2012 par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et doté de 150 millions d'euros, a déjà réalisé deux investissements, au cours de cette même année. L'un de trois millions d'euros dans la société Actility, spécialiste des réseaux électriques intelligents, et l'autre, de cinq millions, dans McPhy Energy (stockage d'hydrogène).

Les fonds corporate eux aussi à la manoeuvre

Tout jeune lui aussi, Electranova Capital n'a guère attendu non plus pour passer à l'action. Ce fonds lancé l'an dernier par EDF, et en mesure de placer 60 millions d'euros au moins, a déjà réalisé deux investissements en 2012, dont une participation - au côté du fonds Ecotechnologies et de Truffle Capital - au tour de table d'Actility, lequel a avoisiné les sept millions d'euros. Un dynamisme qui vaut également pour Ecomobilité Ventures : ce fonds créé fin 2011 par la SNCF, Total et Orange, et doté de 25 millions d'euros, a procédé en 2012 à ses trois premiers investissements, dans les start-up ez-Wheel, OuiCar et Move About, pour un montant total de cinq millions d'euros.
Quant au pionnier des fonds « corporate » spécialisés dans les cleantech, Aster Capital, il n'a pas été en reste. Sponsorisé par Alstom, Solvay Rhodia et Schneider Electric, Aster a apporté l'an dernier près de 1,5 million d'euros à Lucibel, une société spécialisée dans les lampes à diodes electroluminescentes (LED).

Le choix de valeurs sûres

« Le retrait des fonds généralistes s'est confirmé en 2012. Echaudés par le retournement brutal du marché du solaire, beaucoup sont aujourd'hui très attentistes vis-à-vis des cleantech », décrypte le site Internet GreenUnivers, partenaire de l'Afic, dans son Panorama 2013 des cleantech. Une prudence qui se reflète dans la typologie des sociétés choisies par le private equity : en 2012, le secteur du recyclage a concentré plus de la moitié des investissements, contre 29% seulement pour les énergies renouvelables.
Et près des deux tiers des fonds ont été apportés par des sociétés de capital-développement et non de capital-risque. « Ces chiffres traduisent, d'une part, le repli des investisseurs sur des sociétés matures, au détriment des start-up innovantes et, d'autre part, le recul des énergies renouvelables au profit de secteurs aux modèles éprouvés, comme le recyclage, la gestion des déchets, le traitement de l'eau », analyse l'Afic. Des valeurs sûres, quoi.
 

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