Les banques anglaises menacées d'une scission générale

Dans un rapport publié lundi, la Commission parlementaire des standards bancaires réclame un découpage en deux de l'ensemble des banques britanniques, en cas de manquements de certaines d'entre elles au projet de loi Vickers.

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Le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a menacé de scinder toute banque qui ne respecterait pas le projet de loi Vickers. Copyright Reuters
Le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a menacé de scinder toute banque qui ne respecterait pas le projet de loi Vickers. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

George Osborne succombera-t-il une nouvelle fois à la pression politique ? Le 4 février, le chancelier de l'Echiquier avait provoqué un véritable coup de tonnerre au sein du secteur bancaire britannique, en déclarant que toute banque qui ne respecterait pas le projet de loi Vickers - relatif au cantonnement des activités de détail - se verrait coupée en deux. Avec, d'un côté, les activités de collecte des dépôts et de distribution de crédits et, de l'autre, les activités de marché, plus risquées, à l'image de l'ancien Glass-Steagall Act américain. L'objectif : éviter à tout prix qu'en cas de faillite d'une banque, le contribuable ne mette la main à la poche, comme cela avait le cas en 2008, avec l'injection de 65 milliards de livres (75 milliards d'euros) dans le sauvetage de Royal Bank of Scotland et de Lloyds Banking Group.

Découper en deux toutes les banques britanniques

Si George Osborne a décidé d'aller plus loin que la recommandation Vickers, c'est en raison de la pression de l'opinion publique et des milieux politiques, lassés des scandales à répétition et des bonus démesurés dans le secteur bancaire britannique. Or, voilà que la Commission parlementaire sur les standards bancaires - créée dans la foulée, précisément, du scandale du Libor - exige du gouvernement, dans un rapport publié ce lundi, qu'il découpe en deux non pas une mais toutes les banques britanniques, en cas de manquements de certaines d'entre elles à la future loi Vickers. « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer ce projet de loi [qui doit être voté d'ici à février 2014 ; Ndlr]», juge dans ce rapport le député conservateur Andrew Tyrie, qui préside la Commission parlementaire en question.

Une décision du ressort du gouvernement

Bien sûr, reconnaît la Commission, une scission de la totalité des banques britanniques nécessiterait l'avis d'experts indépendants et serait du ressort du gouvernement et du parlement, et non du « simple » régulateur bancaire. Il n'empêche, cette nouvelle réclamation de la Commission parlementaire des standards bancaires représente un durcissement considérable du projet de loi Vickers. C'est dire si la Commission a été peu sensible aux protestations de l'Association des banquiers britanniques. Début février, au lendemain de la concession faite par George Osborne à l'opinion publique et à la sphère politique, ceux-ci avaient dénoncé une réglementation plus rigoureuse qu'en France et qu'en Allemagne, brandissant le spectre d'une baisse de la compétitivité des banques britanniques par rapport à BNP Paribas et autre Deutsche Bank.
 

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Commentaires 10
à écrit le 12/03/2013 à 14:47
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au moins eux, il sne font pas de grands discours pour arriver à séparer 0,75% du CA spéculation, ils agissent rapidement et fermement, toute la différence avec françois 2 le mou !!!!!

à écrit le 12/03/2013 à 14:47
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Le gouvernement sait bien que la tempête monétaire s'approche à grands pas de la GB et il n'y a plus d'argent pour les sauver cette fois. Mais en France on fait la mini réformette

à écrit le 12/03/2013 à 13:51
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http://www.informationisbeautiful.net/visualizations/the-billion-dollar-o-gram-2009/

à écrit le 12/03/2013 à 9:23
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Les anglais voient le business du marché de Londres partir à New York, à Hong Kong et ailleurs : ils font le ménage pour sauver leur premier fonds de commerce. Avec un peu de chance (et beaucoup de travail), Londres sera à nouveau la première place f...

à écrit le 11/03/2013 à 22:32
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Suivons cet exemple, et recréons enfin la séparation bancaire dont la disparition aux USA est une des causes principales de la crise la plus grosse depuis 1929.

à écrit le 11/03/2013 à 21:53
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Couper les banques en morceaux est indispensable pour stopper l'horrible phénomène des "too big too fail" qui a couté si cher aux contribuables du monde entier, et pour pousser les banques à plus de responsabilité : qu'elles soient assez petites pour...

le 13/03/2013 à 9:51
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"Il y a loin,de la coupe aux lèvres"...Tout est encore au conditionnel...Le mieux serait que l' Europe communautaire reprenne ce projet à son compte,pour le bien de tous et éviter qu'il y ait des "cas réfractaires" à des "principes" qui ont vécu en d...

à écrit le 11/03/2013 à 19:15
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Tout ceci est trés hypocrite car l' Angleterre sait quel est le poids de son systeme bancaire dans son économie systeme qui tiend Londres à bout de bras.Critiquer les quelques milliards (qui ne sont en rien perdus ) injectés par le gouvernement angla...

le 11/03/2013 à 22:30
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La finance a couté beaucoup plus cher à Londres qu'elle ne lui a rapporté. Et en particulier les actions de RBS valent beaucoup moins que ce que le gouvernement a payé, contrairement à vos affirmations FAUSSES.

à écrit le 11/03/2013 à 18:42
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La réflexion de la commission des standards bancaires anglais indique clairement le souci d'une partie des responsables politiques de suivre la voie d'une Europe plus volontariste dans son fonctionnement économique. Elle prend conscience que la spécu...

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