La Banque de France n'a jamais gagné autant d'argent. Et c'est une mauvaise nouvelle

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« Je préférerais ne pas avoir ces (très bons) résultats et que les économies ne soient pas en crise », a soupiré Christian Noyer, lors de la présentation des comptes 2012 de la Banque de France, le 28 mars. Copyright Reuters
« Je préférerais ne pas avoir ces (très bons) résultats et que les économies ne soient pas en crise », a soupiré Christian Noyer, lors de la présentation des comptes 2012 de la Banque de France, le 28 mars. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'institution bicentenaire a dégagé en 2012 les meilleurs résultats de son histoire. Des performances qui proviennent essentiellement des mesures de politique monétaire non conventionnelles prises pour lutter contre la crise de la zone euro.

« Je dois être le seul chef d'entreprise à ne pas me réjouir d'avoir d'aussi bons résultats », s'est amusé Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, lors de la présentation des comptes annuels de l'institution, ce jeudi après-midi. La Banque de France, vieille de plus de 200 ans, a dégagé en 2012 le résultat opérationnel courant le plus élevé de son histoire, à 8,10 milliards d'euros. Un montant qui représente une envolée de 43,4% par rapport à l'année précédente. Mieux, le bénéfice net a doublé, pour atteindre 3,15 milliards d'euros, signant, lui aussi, un record historique.

Les obligations grecques ont généré un revenu de 450 millions d'euros

Mais si Christian Noyer ne tire pas de réelle satisfaction de ces très bons résultats, c'est parce qu'ils « reflètent une crise », reconnaît le gouverneur de la Banque de France. En effet, la crise des dettes souveraines a conduit l'an dernier les membres de l'Eurosystème - l'autorité monétaire de la zone euro, qui regroupe la BCE (Banque centrale européenne) et les banques centrales des pays de l'Union européenne ayant adopté l'euro - à acheter, à titre exceptionnel, des obligations de pays en difficulté. Or en contrepartie des risques importants qu'elles représentent, ces obligations offrent un rendement élevé. Et, donc, des revenus non négligeables aux banques centrales qui les détiennent. Les obligations souveraines grecques, par exemple, ont généré un revenu de 450 millions d'euros pour la Banque de France.

Hausse des revenus nets d'intérêt

Une autre mesure non conventionnelle de politique monétaire a profité aux résultats de la Banque de France : les opérations de refinancement bancaire à trois ans (LTRO) - conduites par la BCE en décembre 2011 et en mars 2012 - avaient débouché sur des excédents de liquidités. Excédents que les établissements de crédit de la zone euro avaient, réglementation oblige, déposés auprès des banques centrales de l'Eurosystème. Lesquelles les ont rémunérés à 0,25% alors qu'elles les avaient prêtés au taux de 1%, ce qui a augmenté leurs revenus net d'intérêt.

Un pactole en vue pour l'Etat

« Je préférerais ne pas avoir ces résultats et que les économies ne soient pas en crise », a soupiré Christian Noyer. Pas sûr que l'Etat français, actionnaire unique de la Banque de France et à court d'argent, nourrisse pareils scrupules : non seulement la Banque de France lui versera 3,11 milliards d'euros au titre de l'impôt sur les sociétés, mais elle lui distribuera également un dividende. Celui-ci, dont le montant sera décidé dans les prochaines semaines, s'était élevé à 877 millions d'euros, l'an dernier.
 

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a écrit le 08/04/2013 à 12:28 :
Une entreprise peut annoncer les résultats qu'elle veut: il suffit de manipuler les provisions. C'est tellement vrai que c'est la première chose que regardent les commissaires aux comptes ou les contrôleurs du fisc.
Ici, il faut lire entre les lignes: Noyer n'est pas content, car l'état, son actionnaire a demandé (exigé) un résultat qui est tel que les provisions pour les obligations pourries(grecques et autres) n'ont pas été passées. On verra plus tard!! A la différence de la Buba qui a passé des provisions colossales et qui annonce un bénéfice faible; pourtant les conditions sont les mêmes en Allemagne qu'en France.
Eh oui, la Banque de France n'est pas indépendante, c'est le problème.
a écrit le 03/04/2013 à 11:39 :
qui a inventé la monnaie fiduciaire ??????
a écrit le 02/04/2013 à 16:04 :
alors ça fait combien dans les caisses de l'Etat ? combien de milliards à 75% ?
Réponse de le 08/04/2013 à 14:42 :
L'état peut bien s'imposer à 100%, cela reviendra dans les mêmes caisses. Quel intérêt ???
a écrit le 02/04/2013 à 9:19 :
Il faut un gouvernement et un Président enarques socialiste pour que la banque de France se remplisse les poches. Vive l'hypocrisie et le mensonge en systeme politique
Réponse de le 08/04/2013 à 14:49 :
"l'hypocrisie et le mensonge en politique", n'est malheureusement pas l'apanage du PS mais de la politique en générale comme vous venez de le dire. Aux élections, nous ne votons pas pour le meilleur parti d'entre eux, mais pour le moins pire, il n'y a donc pas a s'étonner de l'actualité qui s'en suit.
a écrit le 01/04/2013 à 23:03 :
A quand la revalorisation du livret A pour les ptits épargnants et pas ce goinfre d'état providence!!!
Réponse de le 02/04/2013 à 9:07 :
L'Etat et le fisc ne connaissent qu'une religion : La leur
a écrit le 31/03/2013 à 9:07 :
si la banque de france a de l argent cette argent doit servir a relance l economie
Réponse de le 01/04/2013 à 11:23 :
Mon pauvre ami ! si c'était le cas les U S A seraient en plein BOOM ! Ils fabriquent 85 Milliards de Dollars CHAQUE MOIS !!! ET ils sont dans le "caca" (pour être poli !!!) !
a écrit le 29/03/2013 à 19:11 :
D'après ce que j'ai déjà lu ces bilans c'est "pipeau et compagnie". Si on ne fait pas de provisions pour pertes futures sur les obligations grecques comme la Buba, on annonce des gros bénéfices mais totalement "bidons". L'an prochain on aura des pertes "kolossales" quand les Grecs auront fait défaut...
a écrit le 29/03/2013 à 19:03 :
C'est beau la solidarité européenne: l'aide à la Grèce finit par enrichir les banques centrales des "riches" - BdF, Buba,...-
Réponse de le 08/04/2013 à 15:05 :
S'il n'y avait pas de pauvres, il n'y aurait pas non plus de riche, ni de classe sociale. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ils (les oligarques = classes dirigeantes de nos régimes autoritaires) se donnaient tant de mal à écraser les classes "populaires" sans que cela ne se voie, et même en faisant croire le contraire ? Pensez vous réellement que les nouveaux nés du 93 et du 16e arrondissement de Paris naissent libres et égaux en droits ? Bref, la solidarité est nécessaire pour les pauvres qui ne peuvent se défendre que par "l'union fait la force", mais quand on est riche le seul but dans la vie c'est de le rester, donc peu importe la manière, seul le résultat compte, CQFD.
a écrit le 29/03/2013 à 15:08 :
Cela ressemble à une cagnote il me semble. Il est urgent de communiquer sur ce sujet, en proposant rapidement quelques re-distributions à caractère social..... Bien entendu, il faut consulter les syndicats pour tenir compte de leur avis !
Réponse de le 02/04/2013 à 12:53 :
il n'y a pas de cagnottes c'est un mirage que de la dette a éponger pour ensuite prélever moins les entreprises et les personnes et enfin relancer l économie!
Réponse de le 08/04/2013 à 15:28 :
Je ne voie vraiment pas où vous voyez une crise : les pays ou classes sociales pauvres restent pauvres, et les riches s'enrichissent. Il n'y a pas de crise ici, au contraire : "tout va bien, le bateau coule normalement". Les riches n'ont jamais été aussi riches et ne subissent rien de cette soit disant crise, par contre les pauvres (la populace) soumis à une politiques d'austérité pour soit disant la sortir d'un problème crée par cette austérité même. Le seul problème que rencontre nos pays "riches", c'est que la populace à travers ses révoltes, a gagné (chèrement) trop d'acquis sociaux, ce qui coute cher aux riches qui n'en ont pas besoin (impôts, taxes, charges ...). Autrement dit, nous sommes les boulets qu'ils sont obligés de se trainer. Cette crise n'a donc pas d'autres buts que de booster les capacités financières des riches, en contre parti de quelques contrats précaires, d'une demi retraite que l'on nous promet de conserver, tant que nous sommes aptes à se serrer la ceinture. Mais si nous refusons, la menaces est claire, nous n'aurons plus de travail ni de toit pour élever nos enfants, ce que la majorité des français pensent être une réalité. Les seules questions qui se posent sont : Avons nous coupé les têtes des aristocrates pour les remplacer par d'autres et vivre la même chose ? Le 2% de riches qui s'enrichissent sur notre dos (qui se lève le matin pour apporté une valeur ajouté à notre économie ?) n'ont ils pas conscience que nous sommes 98% ? Sommes nous si abrutis que nous continuerons de contribuer à notre propre perte ? - Une chose est néanmoins certaine : tant que nous n'apprenons pas à réfléchir par nous même, et que nous prenons pour vrai ce qu'on ne demande de croire, nous n'en sortirons malheureusement pas.
a écrit le 29/03/2013 à 13:19 :
Peut faire le fanfaron...les syndicats et employes vont toucher des bonus...or aucune provision n est passee sur ces obligations ...qui ne seront jamais remboursees...Vous avez dit Ponzi...trouvez les beneficiaires et les payeurs...
a écrit le 29/03/2013 à 10:08 :
C'est bien Christian Noyer qui a, à l'époque, conseillé de ne pas augmenter le taux du livret A.Maintenant il vient faire semblant de pleurer/ il peut verser le différentiel aux épargnants qu'il a spoliés. Sans prendre aucun risque, sans créer d'emploi, la Banque fait un profit égal à la moitié de celui de Total: chercher l'erreur et le voleur!
a écrit le 29/03/2013 à 8:33 :
Ce n'est pas cela qui va faciliter la réduction des sureffectifs de la BDF et la réforme du spécial de retraite!
a écrit le 29/03/2013 à 5:41 :
La Banque de France est une institution dont le capital appartient à l'État , ce qui rends d'autant plus drôle le fait que l?État, bien que propriétaire d la Banque de France, est obligé de se financer sur le marché financier (auprès des rentiers et des épargnants), donc, à l'origine, toujours auprès des banques commerciales.
Cherchez l?erreur.......
Réponse de le 29/03/2013 à 8:25 :
La Banque de France offre de la monnaie pour les besoins de financement l'économie; créer de la monnaie artificiellement juste pour répondre aux besoins dispendieux d'un Etat conduit juste à faire de l'inflation.Il faut toujours garder à l'esprit cet axiome: "en finance, il n'y a pas de free lunch"...même pour l'Etat.
Réponse de le 29/03/2013 à 10:39 :
De toute façon, en règle générale URGCNEP (Un Repas Gratuit Ca N'Existe Pas).
a écrit le 29/03/2013 à 2:04 :
Je me demandais qui continuait à acheter de la dette grec, italienne, chypriote etc. Flippant.
a écrit le 29/03/2013 à 0:22 :
La BdF se comporte comme un vulgaire spéculateur et met la FRANCE en péril !!!!.
a écrit le 28/03/2013 à 22:29 :
Les bénéfices immoraux faits sur le dos des grecs devraient leurs être reversés pour alléger leurs souffrances; de toute façon, c'est leur argent. Vous avez des méthodes de détrousseurs de cadavres bien que vous soyez en costard.
Réponse de le 29/03/2013 à 8:20 :
Les intérêts d'emprunt sont rétrocédés à la Grèce.
a écrit le 28/03/2013 à 22:08 :
Combien de provisions sur les junk bonds grecs, chypriotes, ... ?
a écrit le 28/03/2013 à 20:43 :
Elles ont rapporte un coupon élevée mais le risque est insensé pour la bdf . Si elles viennent a faire défaut ou a subir un haircut les pertes seront colossoles.
a écrit le 28/03/2013 à 18:32 :
C'est bien un indice que ça ne tourne pas rond : ces usines à gaz de refinancement, qui, en fin de compte, ponctionnent ceux qu'on est censé aider (et les enfoncent un peu plus) et qui enrichissent les prétendus "pompiers"...
Réponse de le 08/04/2013 à 16:31 :
Pourquoi croyez vous que les lois Européennes nous obligent à emprunter sur le marché privé ? Qui s'engraisse le plus sur cette Europe à par les oligarques ? Qui à par les peuples engraisse ces oligarques ? Du coup, qui a poussé à la création de cette Europe, à part ceux qui en profite allégrement aujourd'hui ? - Ça, ce n'est pas une réflexion, mais juste un effort pour replacer le contexte. Une fois fait, on peut commencer à se poser une question un peu plus profonde : Vivons nous en Démocratie [(dêmos : peuple) + (krátos : pouvoir) = souveraineté du peuple, donc démocratie dite "directe"], ou vivons nous en Oligarchie [(olígos : peu nombreux) + (árkhô : commander) = classe dominante, donc démocratie dite "représentative"] ? - La réponse est simple car tout le monde le sait, nous vivons en "démocratie représentative", donc en Oligarchie. Il ne faut donc pas s'étonner si nous ne sommes pas des citoyens et n'avons donc aucun pouvoir à part la possibilité d'élire un individu de la classe dirigeante (=dominante). L'erreur vient clairement du fait de nommer "démocratie" une "démocratie représentative", ce qui est son strict opposé et une usurpation d'identité depuis la Grèce antique, qui l'a qualifiait d'Oligarchie afin de bien faire la différence avec une vraie Démocratie qui se doit d'être suivi du qualificatif de "directe" pour ne pas tomber dans le piège. Encore pire (vous voyez pire déjà, bah encore pire, comme disait Mr Coluche), cette petite réflexion visant à faire prendre conscience que nous ne sommes que de vulgaire électeurs est bien optimiste, car il suffit de se remémorer le NON au faux référendum sur l'Europe (celui qui est devenu OUI, par magie ?), pour comprendre que nous ne sommes en fait que de simples spectateurs, n'ayant pour droit que celui d'obéir aux oligarques (qui en profite pour s'engraisser sur notre dos, pas folle la bête). Bref, ceci n'est qu'une petite réflexion personnelle et je n'ai pas la prétention de détenir la science infuse, mais la seule chose dont je suis sûr (je me répète) : tant que nous n'apprenons pas à réfléchir par nous même, et que nous prenons pour vrai ce que nos oligarques nous demande de croire sur parole, nous n'en sortirons jamais. Bon réveil à tous ceux qui ont choisi la pilule rouge :) ... et malheureusement bon rêve à ceux qui ont choisi la bleu sans s'en rendre compte :(
a écrit le 28/03/2013 à 18:23 :
Ces bénéfices sont virtuels.

Vous ne me ferez pas croire que les grecs vont rembourses leur dette.

Ce n'est donc pas 450 millions de bénéfices sur les obligations grecques que la banque de France a gagné, mais en réalité une perte de tout ou partie de son investissement !
Réponse de le 28/03/2013 à 19:46 :
Les pertes on les passera plus tard,tiens comme au crédit agricole.En attendant c'est des bons sous sous pour François.
Réponse de le 28/03/2013 à 20:51 :
C'est bien le problème, mais l'Etat est là pour pomper et dilapider les coupons reçus, par contre ... Personnellement, je ne me fais plus aucune illusion, j'attends la chute, et j'espère, un feu d'artifice spectaculaire pour la fin.
a écrit le 28/03/2013 à 18:00 :
Une banque centrale doît être dans le déni: la Buba a enregistré les profits les plus bas historiquement 662 millions d'euro et a créé des provisions à hauteur de 6.7 milliards d'euro en anticipant des pertes lourdes et conséquentes suite aux différentes crises d'Etats secourus. La bdf enregistre un profit record d'un état à endettement excessif.
a écrit le 28/03/2013 à 17:56 :
Ah voilà le fameux Noyer qui pendant des années nous a annoncé la fin de la crise ! Indéboulonnable.
Réponse de le 29/03/2013 à 14:26 :
Quand j'ai commencé à lire j'ai eu une image : le vieux grec qui s'est pendu à un arbre.

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