Bolloré, Proglio...les "serial" administrateurs vont devoir réduire le nombre de leurs mandats

 |  | 570 mots
Lecture 3 min.
52% des patrons du CAC 40 exercent au moins un autre mandat que celui de leur fonction principale, selon un rapport de l'AMF sur le gouvernement d'entreprise. Copyright Reuters
52% des patrons du CAC 40 exercent au moins un autre mandat que celui de leur fonction principale, selon un rapport de l'AMF sur le gouvernement d'entreprise. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Outre le vote des actionnaires sur les rémunérations des dirigeants, la nouvelle version du code de gouvernance Afep-Medef introduit une limitation des mandats d'administrateurs. Petite revue des cumulards qui vont devoir réduire leurs activités ...et leurs revenus.

Comme dans le monde politique, certains grands patrons se sont fait une spécialité du cumul des mandats. Non contents de présider aux destinées d'un poids-lourd du CAC 40, ils multiplient les postes d'administrateurs au sein d'autres sociétés. En effet, outre leur fonction principale, 52% des patrons du CAC 40 exercent au moins un autre mandat, selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF) sur le gouvernement d'entreprise, publié en octobre 2012.

Mais ce cumul des mandats d'administrateurs, qui pousse les actionnaires à s'interroger sur la disponibilité et la vigilance de ces grands patrons omni-présents, va être quelque peu mis à mal dans la nouvelle version du code de bonnes pratiques élaboré par le Medef et l'Afep. D'une part, les dirigeants mandataires sociaux ne pourront plus exercer plus de deux mandats d'administrateurs dans des sociétés cotées extérieures à leur groupe (y compris des entreprises étrangères), contre quatre actuellement. D'autre part, les administrateurs non dirigeants verront le nombre total de leurs mandats limité à cinq, dans le monde, alors que cette limitation ne concerne aujourd'hui que les sociétés basées en France.
Une révolution en perspective pour ces habitués du cumul des mandats :

Vincent Bolloré : Le PDG du groupe Bolloré, pointé du doigt par le rapport 2012 de l'AMF sur le gouvernement d'entreprise, ne détient pas moins de 11 mandats d'administrateurs dans des sociétés cotées, dont une seule appartient à son groupe, à savoir Financière de l'Odet. Parmi les 10 sociétés extérieures au groupe Bolloré dans lesquelles Vincent Bolloré est administrateur, deux sont françaises (Havas et Natixis). Parmi les 7 entreprises étrangères figurent Generali, Mediobanca ou bien encore la Société Camerounaise de Palmeraies.

Henri Proglio : Le PDG d'EDF avait, lui aussi, été épinglé par le rapport de l'AMF, en octobre 2012. Depuis, il a démissionné du conseil d'administration de Veolia. Mais Henri Proglio continue de cumuler la casquette de patron d'EDF avec celles d'administrateur de Natixis, de Dassault Aviation, de CNP Assurances et du groupe espagnol de construction FCC.

Georges Chodron de Courcel : Le directeur général délégué de BNP Paribas fait preuve d'éclectisme. Il est administrateur du groupe de transport Alstom, de Bouygues, de la Société Foncière, Financière et de Participations (FFP) - le holding de la famille Peugeot -, du fabricant de câbles Nexans, membre du conseil de surveillance de Lagardère et censeur du réassureur Scor. Et il ne s'agit là que de ses mandats dans des sociétés françaises : en Belgique, Georges Chodron de Courcel est administrateur de la Compagnie Nationale à Portefeuille et de Groupe Bruxelles Lambert, les sociétés d'investissement de l'homme d'affaires Albert Frère.

Michel Pébereau : depuis cette année, le président d'honneur de BNP Paribas n'est plus administrateur de Saint-Gobain ni d'Axa. Mais il a conservé ses mandats chez EADS, Total, et au sein de la holding suisse Pargesa.

Denis Kessler : Le PDG de la Scor est par ailleurs administrateur de BNP Paribas, du groupe Bolloré, du Fonds stratégique d'investissement (FSI), de Dassault Aviation et de la société américaine de gestion d'actifs Invesco.

Jean-Martin Folz : L'ancien patron de PSA Peugeot Citroën joue la diversification. Président du conseil d'administration d'Eutelsat, l'homme est également administrateur d'Alstom, de Saint-Gobain, de la Société générale, d'Axa et du groupe belge de chimie Solvay.

 


 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/06/2013 à 15:13 :
ils vont leur faire signer une charte de bonne conduite et hop on n'en parle plus
a écrit le 18/06/2013 à 14:54 :
Et la fin du cumuls des mandats politiques, c'est remis aux calendes ?
Et les élections qui sont validées avec un pourcentage ridicule de participants par rapport aux inscrits, et nos syndicalistes qui ne représentent qu'une petite partie des salariés, on ne réforme pas ?
a écrit le 18/06/2013 à 10:42 :
je peux à la limite comprendre que certain PDG du secteur privé puissent avoir des mandats (mais ps 10 répartis dans le monde car une journée de travail sérieux et intensif ne peux excéder 12h sauf pour supermann , après c'est du "trop") mais une personne du secteur public comme Mr Proglio, cela est inadmissible! Il devrait se souvenir dans quel état IL a laissé VEOLIA en s'étant fait bien berné ( ou alors....) en rachetant l'allemand ZULO; bien sûr ensuite tout a été de la faute de son successeur Antoine Frerro. ( Sources de son ancienne DIRCOM EST). Quand on pense que la France a perdu d'importants contrats de construction de centrales nucléaires et autre à cause d'individus supérieurs comme lui , on comprend mieux pourquoi notre pays va si mal. Ils sont très bien payés et c'est cela qui leur importe, alors ils maintiennent l'entreprise. Et je ne parle pas des conflits d'intérêts!!!! ( EDF DASSAULT ETAT BANQUE avec .....comme par hasard Mr Proglio & Brother!)
a écrit le 18/06/2013 à 10:01 :
la vrai question est combien ça coûte aux sociétés, car personne ne parle des jetons de présence, et bien voilà pour éclaircir, Les administrateurs des sociétés du CAC 40 ont vu la valeur moyenne du jeton de présence augmenter de 15% entre 2006 et 2008, pour s'établir à 55.000 euros, selon une étude du cabinet de conseil en recrutement Russell Reynolds et de la société de gouvernance Finca.Un montant total de 28,2 millions d'euros de jetons de présence - la rémunération que touchent les membres d'un conseil d'administration s'ils ont été assidus - a été versé en 2008, contre 22,5 millions d'euros en 2006.Le nombre total d'administrateurs a progressé de 2% en deux ans, passant de 553 à 564 avec une moyenne de 14 administrateurs par conseil, la crise ce n'est pas pour eux. c'était dans un n° de l'Expansion de 2009.

a écrit le 18/06/2013 à 9:06 :
la vraie question est de savoir sur quels éléments sont pris les administrateurs.
vu que c'et une obligation légale pour une SA, il y a des gens qui sont pris pour leurs relations, d'autres sont pris pour leur aptitude à innover, etc...
je ne vois pas la raison pour limiter le nombre de mandat !!!!
par ailleurs exercer un mandat d'administrateurs se fait 1 fois par mois au pire pour les conseil d'administration.
on en revient toujours au même, le français est contre ceux capables de gagner de l'argent. C'est bien dommage !!!
Réponse de le 18/06/2013 à 9:51 :
vous etes bien innocent....certes il n'est pas question de remettre en cause les competences de ces messieurs...mais il y a quend même un peu trop de copinage ou de "je te tiens par la barbichette" en se nommant en cercle fermé aux différents conseils d'administration...c'est un clan qui se surveille, qui se partage les gains et qui tient à rester restreint !!!
a écrit le 18/06/2013 à 9:00 :
on oublie un détail important : ce n'est pas l'administrateur qui demande un poste, c'est l'actionnaire ou le PDG qui demande à X de prendre un poste d'administrateur.
Pour moi, Bolloré est un bon choix car il mène sa boîte tambour battant.
Réponse de le 18/06/2013 à 9:21 :
Ah bon et Natixis qu'en pensez vous?
a écrit le 18/06/2013 à 8:59 :
Bravo Christine pour les "serial" administrateurs,c'est tout à fait représentatif de la prédation au sein des grands groupes.Il existe une bande dessinée,ou tous les personnages ont la tête d'un bouledogue
patibulaire (mais presque) avec le cigare vissé au lèvres ,un conseil d'administration c'est tout à fait cela.L'imagerie populaire en moins je vous l'accorde.
a écrit le 18/06/2013 à 8:51 :
Bolloré est un cas à part.... car souvent détenteur de parts dans les groupes que vous avez cités... par exemple havas et Natixis... et est donc une véritable dirigeant d'entreprise.....

touts les autres ne sont que des super pdg salariés..... ou ex salariés à la retraites..... qui n'ont jamais vraiment risqué leu argent .....
a écrit le 18/06/2013 à 8:48 :
M. Bolloré n'est il pas aussi administrateur de Vivendi?
Ce code de bonne conduite ne devrait il pas différencier les mandataires sociaux opérationnels, et les administrateurs sans fonction? Enfin comment demander à M. Bolloré (par exemple) de ne pas être présent au conseil d'administration de Vivendi après y avoir investi beaucoup d'argent, et tout en étant propriétaire d'une part non négligeable (sic) de son groupe.
Je pense qu'il faut différentier les patrons, et les cadres dirigeants supérieurs.
Réponse de le 18/06/2013 à 9:08 :
on peut être mandataire social et administrateur, c'est à la demande du pdg et l'accord des actiionnaires !!!
a écrit le 18/06/2013 à 7:17 :
... par 200 personnes depuis des décades, la consanguinité commence à faire ses effets... malheureusement, pas dans le bon sens...! ;-)
a écrit le 17/06/2013 à 22:52 :
Question ? Combien de contrat de travail simultanés un salarié peut-il sérieusement tenir ? Parfois même pas un... Réaliser réellement de la performance sur un seul poste est déjà difficile. Comment un PDG, qui se doit de consacrer 100% de son temps aux destinées de l'entreprise qu'il dirige, peut-il honnêtement se consacrer également à l'administration correcte d'autres sociétés ? Et surtout, comment peut-il espérer que ses salariés et ses actionnaires prennent au sérieux ce-dit rôle de PDG ?
a écrit le 17/06/2013 à 22:33 :
tant mieux pour eux!
Réponse de le 18/06/2013 à 7:18 :
encore un qui n'a pas tout compris...!
Réponse de le 18/06/2013 à 10:21 :
Je ne sais pas lequel des deux ne comprend pas!!
a écrit le 17/06/2013 à 21:51 :
On se rapproche petit à petit de l'ex-URSS .... et qui disait récemment que ce n'était pas une démocratie ! SUPER
Réponse de le 18/06/2013 à 9:05 :
On se rapproche plutôt des autres grandes économies capitalistes, où le copinage n'est pas de rigueur. Quand on voit qu'une grande partie des dirigeants politiques, de la Fonction publique et des grandes entreprises sortent des mêmes écoles, on peut comprendre que la France soit sclérosée et que nos "élites" soient si éloignées de nos préoccupations et aient si peu de bon sens.
C'est plutôt la situation actuelle qui est très peu démocratique.
a écrit le 17/06/2013 à 20:30 :
Allez, on va être sympa : on va encore faire semblant de les croire. De toute façon, ils ont tous les pouvoirs, donc...
a écrit le 17/06/2013 à 19:11 :
Autre effet kiss cool potentiel de la mesure, elle limiterait les effets de captation des pouvoirs par un petit groupe d'individus qui se cooptent entre eux et s?appuient mutuellement aux seins de leurs CA respectif pour conserver et consolider leurs pouvoirs et privilèges.
Reste à voir dans quelle mesure le code de bonne conduite du MEDEF aura un caractère contraignant et s'appliquera à eux.
Réponse de le 18/06/2013 à 9:02 :
pas "aux seins" mais "au sein" !!! ce n'est pas une femme !!!
Réponse de le 18/06/2013 à 9:24 :
C''est au pluriel. :) et puis avec l'introduction d'une dose de parité ils sont amenés à se multiplier.
Réponse de le 18/06/2013 à 10:49 :
@ JM57: +1, il faut plus de silicone dans les CA !!!
Réponse de le 19/06/2013 à 14:34 :
Ya pas de pluriel pour l'expression "au sein". Encore plus logique vu que tu parles de CA respectifs...
a écrit le 17/06/2013 à 17:39 :
La situation française est probablement particulière, du fait que à part quelques exceptions, dans pratiquement tous les cas cités, il s'agit d'anciens "haut fonctionnaires" souvent anciens inspecteurs des finances, émigrés dans les directions de grandes entreprises.
Comme ils se connaissent tous, qu'ils sont souvent sortis des mêmes écoles, comment ne pas suspecter des"renvois d?ascenseurs" dans les décisions des conseils d'administration ?
Réponse de le 18/06/2013 à 9:06 :
Vous avez bien situé la chose,c'est la république des potes.Ils ne veulent pas que ça change,je les comprends,on se goinfre en toute quiétude,est plus la crise dure, plus on ramasse,tiens je vais mettre FR3 ce soir à 20h10,ça va me détendre.
Réponse de le 18/06/2013 à 9:12 :
et alors ??? ou serait le problème ?? si ce renvoi d'ascenseur permet à la boîte de prendre des marchés ???
à force de légiférer, les boîtes vont, soit quitter le France, soit déposer le bilan. Il est vrai que nous manquons de chômeurs !!!
Réponse de le 18/06/2013 à 9:15 :
Oui, c'est connu, ces effets de cooptations : ex hts fonctionnaires, hautes écoles commerciales, et certaines (livre à ce sujet) classes prépas. Renvois d'ascenseurs dans les décisions et décisions "du mm tonneau", mm sens de l'entreprise etc. Il faut de tout : de l'expérience, de l'innovation et surtout : désintéressement, neutralité, éthique et un peu d'humanité. Un vrai défi, un besoin de diversité vraie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :