Jérôme Kerviel : "Le financement participatif peut être un pied de nez au financement traditionnel"

Le financement participatif peut-il révolutionner le monde du financement ? Toujours est-il qu'il secoue déjà les modèles traditionnels. Et qu'il est plein de promesses, assure l'ancien trader, "guest star" des Deuxièmes rencontres euroméditerranéennes du crowdfunding organisées ce jeudi à Marseille.

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Jérôme Kerviel
Jérôme Kerviel (Crédits : reuters.com)

LA TRIBUNE - Le crowdfunding est un phénomène que vous suiviez particulièrement?

JÉRÔME KERVIEL - Le financement participatif - je préfère ce terme - génère un intérêt positif. Ce système de dons avec retour attendu crée du lien social. Et de la richesse. Cela fait du bien à tout le monde. C'est un investissement direct dans un projet réel, ce qui est en contradiction avec le monde de la finance folle.

La multiplication de la création du nombre de plateformes dit aussi quelque chose de la société ?

L'économiste Adam Smith disait qu'un individu maximise son intérêt personnel au détriment de l'intérêt général. Le financement participatif, c'est exactement l'inverse.

Cela signifie que les conditions adéquates étaient réunies pour favoriser son apparition ?

Les conditions d'octroi des crédits se sont durcies. Il était donc nécessaire de créer un autre mode de financement. Les politiques monétaires accommodantes qui ont été menées n'ont pas fonctionné car le citoyen n'avait d'une part pas envie de faire appel au crédit et d'autre part les banques elles-mêmes ont rendu les conditions d'octroi de prêt plus difficiles. Le cash a donc servi à investir dans la dette d'État mais aussi dans les marchés financiers et notamment à spéculer sur les marchés de matières premières.

Vous dites que le financement participatif ne connaît pas l'essor qu'il mérite.

La réglementation qui le concerne doit être encadrée et écrite. Ne serait-ce que pour le rendre plus sécurisant. Avec peut-être le contrôle d'une autorité. Le financement participatif peut casser le monopole des banques. La relation client/fournisseur dans le domaine bancaire est la seule à être inversée. Le banquier vous rend un service - que vous payez - mais c'est vous qui lui dites merci. Le crowdfunding peut financer des projets qui ne le sont pas par des organismes étatiques traditionnels.

Les banques ne semblent pas réagir à ce mouvement qui prend de l'ampleur...

Si j'étais une banque, je proposerais un catalogue de projets à financer par le biais du financement participatif, plutôt que de laisser l'argent des épargnants dormir sur des comptes qui rapportent peu. Les banques finiront bien par réagir et par créer des filiales de crowdfunding en leur sein...

Propos recueillis par Laurence Bottero

Kerviel Jérôme Jerome crowdfunding

Jérôme Kerviel aux 2es Rencontres Euroméditerranéennes du Crowdfunding, organisées ce jeudi 5 novembre 2015, à Marseille. (Photo: Laurence Bottero)

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Commentaires 17
à écrit le 19/11/2021 à 15:16
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Excellent travail pour publier ce blog sur le site Web, je l'aime beaucoup. Merci d'avoir partagé. <a href="https://whydonate.nl/"> Financement participatif </a>

à écrit le 19/11/2021 à 15:15
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Excellent travail pour publier ce blog sur le site Web, je l'aime beaucoup. Merci d'avoir partagé. <a href="https://whydonate.nl/"> Financement participatif </a>

à écrit le 19/11/2021 à 15:15
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Excellent travail pour publier ce blog sur le site Web, je l'aime beaucoup. Merci d'avoir partagé. <a href="https://whydonate.nl/"> Financement participatif </a>

à écrit le 03/12/2015 à 15:57
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Pour vous faire votre avis voici l'intervention complète de mr Kerviel aux Finance-Fiction lors des 2emes Rencontres Euroméditerranéennes du Crowdfunding https://youtu.be/im6HJKLMsik

à écrit le 06/11/2015 à 11:49
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C'est la réalité, point barre , à cause du tabou sur la finance. Le JK raisonne tout simplement comme un logiciel de trading, qu'on lui a enseigné. Chocking ? Pourquoi ? A cause de ce qu'on a bâti depuis trois décennies, avec bulles et kracks à tour...

le 06/11/2015 à 18:24
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Oui. Mais non. En école d'ingé, et même avant sur le terrain, j'ai testé que le financement d'entreprise est rentable une fois sur trois. Alors par temps de crise... Là, clair que Kerviel aurait juste dû passer aux Prudhommes. Et encore. Qu'il VENDE ...

à écrit le 06/11/2015 à 11:49
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C'est la réalité, point barre , à cause du tabou sur la finance. Le JK raisonne tout simplement comme un logiciel de trading, qu'on lui a enseigné. Chocking ? Pourquoi ? A cause de ce qu'on a bâti depuis trois décennies, avec bulles et kracks à tour...

à écrit le 06/11/2015 à 11:22
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Faire du credit impose de disposer de deux ingredients ,des liquidités et de nos jours elles sont faciles d'accés et surtout d'une réelle capacité à l'analyse du risque . C'est le metier de base de la banque de faire de telles analyses et ça reclame...

à écrit le 06/11/2015 à 11:05
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Donner tribune à ce type confine à l'indecence !D'abord et surtout il n'a aucune legitimité à s'exprimer sur des sujets economiques ,la plupart des traders n'ont aucune competence en ce domaine ,en outre qu'elle que soir la responsabilité de la SG da...

à écrit le 06/11/2015 à 10:55
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On croit rêver: un secteur sympathique en quête de reconnaissance, qui devrait afficher son sérieux, et qui se donne comme porte parole un repris de justice? A quoi jouent les médias en donnant systématiquement la parole à des non acteurs économiques...

à écrit le 06/11/2015 à 10:27
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L'avis de Jérôme Kerviel sur le financement participatif, c'est une manœuvre des banques, c'est pas possible!? C'est sûr que ça donne super envie de confier son pognon. On croit rêver. Pourquoi pas , voyagez en sécurité avec les taxis Uber, le témo...

à écrit le 06/11/2015 à 9:52
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J'aime ce type d'article. On vante les merite du Crowfounding. Génial. Pour un entrepreneur qui a une idée, le premier reflexe c'est de voir une banque pour se financer. Si le projet est viable, bien sur que la banque va financer. Alors qui se trouv...

à écrit le 06/11/2015 à 8:04
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Jérôme Kerviel a un nom connu, il est plutôt sympathique, il devrait s'intéresser au développement de l'Afrique en créant une "banque de développement" alimentée par un prélèvement sur l'énergie dans le cadre de la COP21. Qui peut lui en parler?

à écrit le 06/11/2015 à 4:31
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Comment et pourquoi....? un journal financier .. donne du crédit à de ce type ....? (sur-discrédité)

le 06/11/2015 à 9:11
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Discrédit ? A quel propos ? Il a été broyé par un système qui en a fait un bouc émissaire pratique d'après moi. Il suffit e voir les doutes exprimés par les enquêteurs en Mai 2015 et les nombreux témoignages qui ont été écartés du procès ou minimisés...

le 06/11/2015 à 11:03
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Parce que vous trouvez que les banques méritent qu'on leur accorde du crédit (ça pourrait être un jeu de mot à la Audiard) ?

à écrit le 05/11/2015 à 23:02
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Eeet... il est payé par quel "fond"..??

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