Voici tout ce qu'il faut savoir sur les obligations d'État

Ce jeudi 4 septembre, la France a procédé à une nouvelle émission d’obligations.
Reuters

Ce jeudi 4 septembre, la France a procédé à une nouvelle émission d’obligations.
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Ces actifs sont réputés comme parmi les plus « sûrs » de la jungle financière. Leur nom : les obligations d'État, qui sont émises par les pays afin de financer leurs dépenses de fonctionnement. Elles sont apparues dans les années 1980, en même temps que la mondialisation et la financiarisation de l'économie réelle.
Stable et relativement prévisible pour les investisseurs, le marché obligataire connaît tout de même ses soubresauts, au gré de la santé économique des États (budget à définir, déficits, poids de la dette, recettes fiscales, besoins des services publics, etc.). Notamment la France, qui en ce moment, vit une nouvelle séquence d'instabilité budgétaire et gouvernementale, sur fond d'une crise de sa dette.
En quatre points, voici l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur les obligations d'État.
Si ses rentrées fiscales sont insuffisantes, ou si celles-ci n'entrent pas assez tôt dans ses caisses, un État doit donc emprunter de l'argent. Les obligations répondent à ce besoin. Émises sur les marchés financiers, les obligations assimilables du Trésor (OAT) permettent de financer ses dépenses de fonctionnement, les salaires des fonctionnaires, les dépenses sociales, les infrastructures, etc.
Les OAT peuvent aussi servir à rembourser certaines dettes et leurs intérêts. Selon les experts, les titres de dette obligataire, autre nom pour désigner ces actifs, sont devenus indispensables au financement des pays du monde entier.
Les obligations d'État sont considérées comme « peu risquées » car elles sont garanties par le pays, présupposé solvable, et dont la durée d'existence est théoriquement illimitée (différemment d'une entreprise).
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Comme dans un crédit à un particulier, l'État emprunteur paie des intérêts aux détenteurs de ses obligations, en fonction d'un taux fixe défini à l'avance. Celui-ci peut varier en fonction de la conjoncture économique du pays (inflation, niveau de dette, PIB, dynamique de croissance...). Les taux directeurs de sa banque centrale sont censés retranscrire la situation et sont pris en compte dans le calcul du taux du titre de dette.
Autre caractéristique de base : la nation emprunteuse doit rembourser la somme prêtée à une date définie à l'avance. L'échéance est variable, avec des obligations pouvant aller de 2 à 50 ans. Mais pour les marchés, la référence est celle de 10 ans. En bout de course, le souscripteur de l'obligation reçoit une rémunération annuelle, dénommée « coupon », en fonction du taux prévu. À l'échéance, il récupère sa somme de départ.
Les OAT sont cotées en Bourse. En Europe, c'est à travers la société Euronext, qui gère six places boursières européennes, dont celle de Paris. Grâce à ce genre d'opérateur, les OAT bénéficient d'une grande liquidité, car elles peuvent être achetées ou vendues facilement.
Lorsque ces actifs sont émis par un État, les premiers acheteurs exclusifs sont des investisseurs « institutionnels » : société d'investissement, fonds de pension, banques privées, assureurs... Ces « spécialistes en valeurs du Trésor » (SVT), comme on les appelle, sont sélectionnés par l'organisme public en charge de la dette d'État. En France, c'est l'Agence France Trésor (AFT) qui s'en occupe.
Pour pouvoir investir dans des OAT, les investisseurs particuliers doivent passer par des intermédiaires financiers classiques, comme les banques, qui proposent des produits financiers spécialisés (comptes-titres, assurances-vie, plan d'épargne retraite), les courtiers en ligne, les assureurs, les fonds d'investissement obligataires, etc.).
Cette semaine, la France fait partie de l'actualité du marché obligataire. Malgré la crise politique et budgétaire, qui a fait grimper les taux obligataires tricolores en début de semaine, l'émission de dettes de ce début septembre s'est mieux déroulée qu'attendu. Selon l'AFT, l'État a levé 7,3 milliards d'euros à échéance dix ans. En sachant que la demande côté acheteur a été deux fois plus élevée, à 15,8 milliards d'euros.
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En outre, l'administration française a levé 1,8 milliard d'euros à échéance trente ans, pour une demande totale atteignant 4,8 milliards d'euros, soit 2,66 fois plus. À noter tout de même : la demande a cependant été un peu moins forte que lors de l'opération similaire du Trésor au mois d'août. Signe d'un certain soulagement sur les marchés ce jeudi matin, le taux d'emprunt français reculait à 4,40 % pour l'échéance trente ans, contre 4,46 % la veille. Et son équivalent à dix ans était à 3,57 %, contre 3,55 % mercredi soir.
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