Pourquoi les banques privées s'intéressent à la philanthropie

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Le palais Farnèse, à Rome. La restauration de la galerie des Carrache qu’il abrite est typiquement un projet dont le financement relève de la philanthopie. En la matière, entre l’institution ou l’association qui reçoit les dons et les donateurs plus ou moins fortunés, un intermédiaire a su s’imposer : la banque privée.
Le palais Farnèse, à Rome. La restauration de la galerie des Carrache qu’il abrite est typiquement un projet dont le financement relève de la philanthopie. En la matière, entre l’institution ou l’association qui reçoit les dons et les donateurs plus ou moins fortunés, un intermédiaire a su s’imposer : la banque privée. (Crédits : DR)
La plupart des banques privées françaises ont une offre bien ficelée en matière de philanthropie. Des incitations fiscales applicables jusqu'à la création de votre propre outil philanthropique, et tous leurs conseils en la matière sont gratuits.

Vous souhaitez participer au financement de la restauration de la galerie des Carrache au palais Farnèse à Rome ou au programme de formation de sages-femmes en Afrique ?

Avant de vous perdre dans les arcanes du monde de la philanthropie, vous feriez bien d'aller pousser la porte d'une... banque privée !

« La philanthropie est une expertise à part entière, qui s'insère naturellement dans l'accompagnement patrimonial que nous proposons», dit Jean-Baptiste Roudillon, directeur marketing de LCL Banque privée.

C'est vrai quasiment partout, à des degrés divers. Les personnes fortunées d'aujourd'hui ne ressemblent plus à celles d'hier. Les vieux messieurs qui avaient hérité leur fortune ont laissé la place à des entrepreneurs qui ont construit la leur.

« Quand ces derniers décident de vendre leur entreprise, ils pensent de plus en plus à la philanthropie, mais ils se trouvent souvent démunis face à un milieu qui leur paraît complexe. D'où la nécessité de les aider à franchir plus sereinement ce virage», explique François Debiesse, ancien patron de BNP Paribas Banque privée, qui avait poussé à la création de l'offre philanthropique dès 2007.

A minima, toutes les banques privées proposent une expertise patrimoniale spécialisée.

« Lorsque notre client souhaite apporter un simple soutien financier à un organisme d'intérêt général, nous étudions avec lui les incitations fiscales éventuellement applicables. Pour des projets plus personnalisés, nous délimitons les contours de l'action philanthropique, le montant du capital qui lui sera alloué, la durée du projet, le degré d'implication et le temps que le fondateur espère y consacrer. En fonction de ces besoins, nous définissons le cadre juridique le plus adapté - l'opportunité de créer un véhicule philanthropique propre et lequel», explique Yvan Vaillant, directeur de l'ingénierie patrimoniale pour la Banque Privée Edmond de Rothschild France.

Certaines banques privées vont plus loin

« Nous avons sélectionné 13 fondations et associations en 2015, par exemple la Fondation Gustave Roussy. Nous garantissons aux clients qui choisissent ces organismes la bonne mise en oeuvre de leurs dons», fait valoir Maxime Vermesse, directeur de Meeschaert Gestion privée. Idem à BNP Paribas Banque privée, où la Fondation de l'Orangerie (créée par la banque), sélectionne pour ses clients une dizaine de programmes à soutenir.

« Cette offre clés en main est destinée aux clients qui ont moins d'un million d'euros à consacrer, à ceux qui avant d'aller plus loin veulent se familiariser avec la démarche philanthropique, à ceux qui n'ont pas de cause personnelle à défendre, etc. Quand nous finançons les projets sélectionnés via la Fondation de l'Orangerie, nous sommes capables de tracer le don pour répondre à tous ceux qui se posent la question de son efficacité et de les informer de son utilisation précise ainsi que de l'avancée du projet choisi», note Nathalie Sauvanet, responsable de la philanthropie individuelle de BNP Paribas Banque Privée.

Un traitement sur mesure prend le relais quand le client est prêt à engager un million d'euros (ou à s'engager à les verser sur plusieurs années). Toutes les banques privées de la place offrent ce type de traitement individualisé, qui comprend généralement du conseil juridique, fiscal, patrimonial ainsi que de la mise en relation avec des conseillers ou organismes philanthropiques extérieurs, pour la sélection plus fine de la cause à financer.

Une spécificité de BNP Paribas Banque privée, ce conseil purement philanthropique est fait en interne et c'est Nathalie Sauvanet qui aide les clients les plus généreux à choisir leur cause, à structurer leur projet et à le mener à bien, et même à en mesurer les effets.

Un retour sur investissement bien réel

« Ces services ne font l'objet d'aucune tarification supplémentaire», explique Éric du Teilleul, directeur au sein de Lazard Frères Gestion, et, comme partout, « les seuls frais appliqués sont ceux liés à la gestion financière de la structure philanthropique éventuellement créée, en pourcentage de l'actif géré et selon l'allocation souhaitée», complète Julien Thibault-Liger, ingénieur patrimonial au sein d'UBS France.

Les conseils autour de la philanthropie sont donc - comme tous les autres conseils des banques privées - gratuits. Mais, pas d'inquiétude à avoir pour celles-ci.

« Les projets relèvent souvent de l'intime et dans tous les cas touchent nos clients au coeur. Les accompagner sur ce thème crée un lien presque indéfectible avec eux. Statistiquement, nous constatons qu'ils ont ensuite spontanément envie de renforcer leur lien avec la banque, sans que nous n'ayons besoin de le leur suggérer», note François Debiesse.

Est-ce pour cette raison que les banques privées renforcent leur activité en la matière ou est-ce lié à l'air du temps ?

« Dans notre environnement en perte de sens et de repères, nous observons un intérêt grandissant de nos clients à la dimension extra-financière de leur épargne. Nous allons donc poursuivre notre développement sur ce segment», répond Jean-Philippe Taslé d'Héliand, Président d'Oddo Banque privée.

La Société générale Private Banking France est en train de « mieux structurer son approche et son offre», quand LCL Banque privée réfléchit à la création d'un département spécialisé... CQFD.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2015 à 1:50 :
Bel article de propagande. Sauf que le green-washing et la "philanthropie" ne trompent plus grand-monde.

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