Soutenue par Xavier Niel, Ibanfirst veut devenir la banque en ligne des PME

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L'équipe de la startup franco-belge FX4BIZ, rebaptisée Ibanfirst, autour de son fondateur Pierre-Antoine Dusoulier.
L'équipe de la startup franco-belge FX4BIZ, rebaptisée Ibanfirst, autour de son fondateur Pierre-Antoine Dusoulier. (Crédits : Ibanfirst)
Cette startup franco-belge a levé 5 millions d'euros pour lancer sa plateforme de services financiers aux entreprises, au-delà des seules transactions multidevises qu’elle proposait sous le nom de FX4BIZ. Parmi ses investisseurs, le fondateur de Free, qui mise plus d'un million d'euros.

« Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'une banque quand on est une PME » lance, un brin provocateur, le fondateur d'Ibanfirst, Pierre-Antoine Dusoulier. Ce financier et entrepreneur vient de quitter la direction de la filiale française du courtier en ligne Saxo Banque - qui avait racheté son site cambiste.com en 2008 - pour lancer cette plateforme de services financiers sur Internet pour les PME.

Au départ, la plateforme baptisée FX4Biz s'était spécialisée dans les transactions multi-devises, promettant aux entreprises des tarifs compétitifs et transparents sur leurs opérations de change, en pratiquant le taux en temps réel.

Renommée Ibanfirst, la startup franco-belge veut désormais « démocratiser la création d'Iban », le numéro international de compte bancaire (qui permet d'identifier n'importe quel compte dans le monde et l'établissement bancaire où il est tenu), et proposer en complément une kyrielle de services très spécialisés. Au-delà de la création du compte bancaire (avec un numéro Iban qu'elle génère elle-même) au change, il y aura aussi de l'affacturage, du placement et du financement (participatif), par le biais de partenariats avec d'autres Fintech en cours de formalisation. Le tout en mode "Bank-as-a-service" : les PME peuvent souscrire et payer uniquement les services qu'elles utilisent. Selon son fondateur,

« Ibanfirst est la seule plateforme en mesure de permettre aux PME d'ouvrir un compte bancaire en quelques minutes et de leur offrir un service de banking multidevises en ligne. Elles peuvent ensuite recevoir de l'argent, payer leurs fournisseurs et effectuer des transactions en toute transparence. »

Tour de table de 5 millions d'euros

Son positionnement sur la simplicité et les bas coûts a notamment séduit Xavier Niel, qui est un des investisseurs individuels ayant misé un gros ticket, de plus d'un million d'euros, lors du tour de table de 5 millions d'euros mené en août dernier. En intégrant l'argent investi par le fondateur et le management depuis la création en 2013, ce sont 10 millions d'euros qui ont été injectés dans la startup.

L'entreprise, qui emploie 35 personnes à Bruxelles et Paris, a obtenu l'agrément d'établissement de paiement en 2013 de la Banque nationale de Belgique, dans un pays réputé plus "business-friendly", justifie le fondateur, inquiet des saillies anti-finance du candidat Hollande en 2012.

En 2015, la plateforme aurait traité plus d'un milliard d'euros de transactions et effectué plus de 100.000 opérations pour le compte d'un millier de clients (importateurs, entreprises de trading, etc), auxquels il permet d'économiser de l'ordre de 100.000 euros pour 10 millions d'opérations annuelles. Ces volumes sont en deçà de ceux traités par la Fintech britannique Kantox (2,5 milliards), plateforme d'échanges de devises cofondée par le Français Philippe Gelis, qui a levé 10 millions d'euros auprès de Partech Ventures et IDinvest en mai 2015, et vise les entreprises un peu plus grandes (ETI).

Attirer les déçus des banques traditionnelles

Pierre-Antoine Dusoulier espère attirer de petites et moyennes entreprises déçues par les banques traditionnelles et prêtes à consommer des services financiers "à la demande", ou à la prestation:

« On propose tout ce que fait une banque sauf le crédit. De toute façon, les banques ne prêtent pas aux PME », assène-t-il.

Pourtant, la Fédération bancaire française assure que « plus de 9 PME sur 10 ont obtenu les crédits d'investissement demandés » en 2015 et 84% pour les crédits de trésorerie, comme le montrent les dernières statistiques de la Banque de France. Ibanfirst ambitionne de s'imposer comme une alternative aux banques traditionnelles. Son fondateur avance :

« Il n'existe pas de banque en ligne pour les PME. Le but à terme est que nos clients ferment leur compte en banque. »

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